Moovit lève 50 millions, Keolis (SNCF) et Arnault au tour de table

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(Crédits : DR)
Le « Waze » des transports en commun a bouclé sa troisième levée de fonds de 50 millions de dollars auprès de plusieurs investisseurs dont la filiale de la SNCF, Groupe Arnault mais aussi Nokia Growth Partners et le fonds de BMW. La startup fondée en Israël en 2012 revendique 15 millions d’utilisateurs dans le monde.

Les grands groupes français ont semble-t-il entendu les appels du gouvernement français à être plus audacieux dans leurs relations avec les startups et dans l'appréhension de la révolution numérique. Ainsi l'opérateur de transport public Keolis, détenu à 70% par la SNCF, participe-t-il au tour de table de 50 millions de dollars de Moovit - startup dont l'application mobile d'informations locales sur les transports en commun connaît une croissance échevelée - aux côtés du Groupe Bernard Arnault et d'autres investisseurs prestigieux, dont Nokia Growth Partners et le fonds du constructeur BMW. Les fonds de capital-risque déjà actionnaires, le californien Sequoia Capital et les israéliens Gemini Partners et BRM Capital, ont aussi participé à la levée de fonds.

Souvent présentée comme le « Waze » des transports en commun, Moovit a été fondée en 2012 en Israël comme Waze, l'appli de navigation GPS rachetée par Google en 2013 pour 966 millions de dollars. Moovit propose les horaires, les trajets les plus rapides, des alertes en temps réel, dans une optique multimodale. Son appli communautaire et gratuite revendique 15 millions d'utilisateurs dans le monde, dans 500 villes de 50 pays (New York, Londres, Barcelone, Rio, etc).


Partenariat stratégique avec Keolis

En France, l'appli couvre les villes de Paris, Angers, Bordeaux, Marseille métropole, Nancy, Nantes, Rennes, Strasbourg et Toulouse.

Partenaires depuis un an à Bordeaux, Keolis et Moovit ont décidé d'étendre leur accord : l'opérateur de transport urbain proposera l'application auprès de certaines des autorités organisatrices de transport (AOT) qui sont ses clientes. Les deux sociétés échangeront leurs données de transport et assureront ensemble la promotion locale de l'application.

« Ce partenariat permet au Groupe Keolis d'offrir à ses clients la possibilité de faire partie des grandes villes utilisatrices de l'application Moovit à travers le monde. Ainsi, nos voyageurs, en particulier la clientèle de passage, les touristes et la communauté des passagers connectés pourront bénéficier d'une application unique, à l'échelle des grandes agglomérations internationales » commente Laurent Kocher, le directeur Marketing, Innovation, Services de Keolis, dans un communiqué conjoint.

L'opérateur français, également présent dans 13 pays, peut ainsi utiliser une solution innovante d'information des voyageurs connue mondialement qui soit également un canal de communication direct avec les usagers. Ces derniers alimentent d'ailleurs eux-mêmes les informations partagées sur Moovit et participent au processus de cartographie des prévisions des trajets.

« C'est la rencontre de deux acteurs essentiels du transport public, de deux maillons d'une même chaîne. Nous sommes heureux que le groupe Keolis, acteur majeur du transport mondial, rejoigne cette véritable révolution des transports aux côtés de Moovit. Ce partenariat stratégique nous permettra de grandir rapidement en France, mais également dans le monde et surtout, d'améliorer l'expérience des transports pour des millions de personnes dans le monde » fait valoir de son côté Nir Erez, le fondateur et directeur général de Moovit.

Devenir le standard de l'info locale sur les transports

Ce nouveau tour de table vise évidemment à accélérer son déploiement international. Moovit avait déjà levé 31,5 millions de dollars en deux tours de table. La startup qui emploie 60 personnes vient de recruter un ancien de Google Maps, Alex Torres, pour diriger le marketing, et a déménagé son siège à San Francisco à l'automne, tout en gardant sa R&D en Israël. A l'image de Waze mais aussi de BlaBlaCar, le leader français du covoiturage qui a levé 100 millions de dollars cet été, Moovit s'inscrit dans une tendance de fond de réinvention de la mobilité sur un mode participatif et collaboratif.

« L'amélioration de la mobilité urbaine est l'un des dossiers les plus fascinants et les plus complexes que notre génération doit apprendre à gérer. Nous croyons que la solution communautaire d'informations sur les transports locaux que propose Moovit est en train d'améliorer la manière dont nous nous déplaçons en milieu urbain et nous sommes fiers d'aider Moovit à accomplir cette mission » explique Bernhard Blaettel, le président de BMW i Ventures.

Le fonds d'investissement de Nokia est aussi de la partie. Le groupe finlandais, qui est sorti de la fabrication de téléphone mobile mais demeure dans les équipements de réseaux et la cartographie numérique (ses cartes Here sont embarquées chez de nombreux constructeurs), s'intéresse à toutes les questions autour de la mobilité, il a même créé un fonds de 100 millions dédié à la voiture connectée.

« L'urbanisation, l'âge de la population et les embouteillages sont autant de facteurs qui contribuent à l'augmentation de l'utilisation des transports en commun dans le monde entier. En utilisant des données en temps réel et en offrant à l'usager des transports en commun une application globale pour faciliter ses déplacements, Moovit apporte une solution à un problème quotidien pour des millions de personnes » commente Bo Ilsøe, associé gérant chez Nokia Growth Partners, qui considère que l'appli va devenir « la norme de facto en matière d'information locale sur les transports en commun. »

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Commentaires
a écrit le 19/01/2015 à 10:08 :
Mais oui, pourquoi en Dollars ? la réponse ne serait elle pas dans la question ?

Concernant les appels du gouvernement que vous prenez en références

E.Macron : « ...Il faut être pragmatique. Les créateurs de startups sont libres, ma préférence bien sûr est qu'ils restent travailler ici en France. »
« il n'y a pas de raison que seules les entreprises américaines rachètent nos startups. »

Il s'agit bien de favoriser une croissance rapide et pérenne des startups issues de la FrechTech ou à minima du territoire puis que ces dernières s'installent croissent sur ce territoire ?

Une question me vient à l'esprit !

S'agit il d'une de ces startups ? combien d'emplois génèrent ou prévoient elle en France ? enfin, une levée de fond n'est pas un modèle économique alors quel est celui de Moovit en dehors de son souhait évident de favoriser le transport en public et le mieux vivre en France ? Le Waze des TC ? Le modèle serait donc celui de toute les starups aujourd'hui dans le giron déjà bien fourni de Google et autre ? on revendique N millions d'utilisateurs et un géant du Net met N milliards de dollars sur la table pour racheter cette quantité de données personnelles et d'usage.

E.Macron : "il n'y a pas de raison que seules les entreprises américaines rachètent nos startups"

Mais en l'espèce, la France ne rachète rien. Ces investisseurs raisonnent ils au regard de la dynamique économique évoquée par E.Macron ? Ne s'agit il pas plutôt d'une simple et rentable opération financière qui permettra à moyen terme, aux géants de l'internet d'exploiter les données des usagers de nos services publics et finalement, d'impacter nos politiques sociales voir de les déstabiliser ?

Disons que cette question se pose avant de faire un lien quasi naïf avec les appels du gouvernement Français.
a écrit le 14/01/2015 à 15:08 :
Pourquoi en Dollars ils n'ont pas confiance en l'Euro

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