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La Fnac rétorque à Amazon

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L'enseigne du groupe PPR s'est alliée au canadien Kobo pour lancer une nouvelle liseuse. Alexandre Bompard, PDG de la Fnac, occupe ainsi le terrain alors que Amazon s'apprête à livrer ses premiers Kindle en France.

La Fnac ne dévoilera le prix de sa nouvelle liseuse de livre numérique que dans quelques semaines. Mais d'ores et déjà l'enseigne de produits culturels occupe le terrain. Et pour cause : en grande pompe, Amazon vient de lancer son Kindle en France. L'américain s'apprête à livrer, en France, les premiers exemplaires de sa liseuse proposée en pré-commande depuis quelques jours.

Alexandre Bompard, PDG de la filiale de la Fnac, a dévoilé aujourd'hui sa nouvelle stratégie un an après le lancement de son Fnacbook. Cette première liseuse développée avec la Sagem (Groupe Safran) n'avait pas rencontré son public. Cette fois, "avec un produit plus performant" la Fnac espère faire mouche.

Elle s'est alliée au canadien Kobo, filiale à 60% du libraire Indigo Books & Music qui, en deux ans et demi, a réussi à s'imposer à la tête du marché du livre numérique dans son pays, devant l'américain Amazon. En fera-t-il autant en France ? Rien n'est moins sûr. Amazon est le premier des libraires aux Etats-Unis. Il truste 80% du marché du livre numérique outre-Atlantique. Et tous les libraires hexagonaux s'inquiètent de sa force de frappe. Quitte à en dénoncer la déloyauté de cette concurrence : Amazon France est une société exploitée depuis le Luxembourg. Elle échappe ainsi à la TVA de 19,6% applicable en France. Du coup, pour mieux contrer ce rival, les grands libraires militent, à Bruxelles et à Bercy, pour obtenir très vite une TVA à taux réduit à 5,5%.    

De ce côté, Michael Serbinis, patron de Kobo, croit lui à sa bonne étoile. Sa société est déjà présente outre-Manche et implantée en Allemagne grâce à un partenariat avec le site allemand Redcoon. Outre-Rhin, son modèle - le eReader Touch Edition - est vendu 149 euros. De ce coté-ci du Rhin, le prix du modèle labellisé "Kobo by Fnac" devrait être analogue : l'enseigne, qui avait lancé son Fnacbook au prix de 199 euros, doit faire face à un Kindle vendu 99 euros seulement. Or, à la veille des ventes de Noël, ce prix risque fort de faire office d'étalon. Dès lors, la Fnac doit s'en rapprocher.

L'enseigne, qui, avec 50 millions de livres vendus en France chaque année, revendique 16% du marché des livres, espère aussi séduire les lecteurs français grâce à son catalogue. A savoir : 80.000 titres en français, contre 30.000 proposés par Amazon. En outre, la Fnac veut croire dans sa force de vente : l'enseigne aligne 82 magasins en France où il compte mettre ce nouvel appareil dans les mains de ses clients. A contrario d'un Amazon qui ne vend son Kindle que par correspondance. "Nos 1.000 libraires feront oeuvre de pédagogie", assure la direction de la Fnac. En annonçant son lancement en Europe - c'était en avril 2011 - Michael Serenis envisageait d'ailleurs d'ouvrir des magasins éphémères pour présenter sa gamme. Par communiqué, Kobo a précisé vouloir maintenant entrer en Espagne, en Italie et aux Pays-Bas. La Fnac est présente dans sept pays, dont en Europe, l'Espagne, le Portugal, la Belgique, l'Italie et la Suisse.

 

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Commentaires

Olivier  a écrit le 13/10/2011 à 6:36 :

Ah la peur du grand méchant Amazon... La FNAC se cherche depuis plusieurs années et ses magasins deviennent n'importe quoi, par exemple le magasin de La Défense : des gadgets et de la papeterie (comme Virgin?). Par ailleurs, j'ai jamais compris leur politique de "prix réservé internet" que l'on peut récupérer dans un magasin FNAC le lendemain de la commande. On ne fait pas la queue à la caisse et on paie moins cher... Pourquoi ne pas mettre les mêmes prix en magasin?

germaine  a écrit le 12/10/2011 à 5:03 :

oui et bien je fais plus confiance a amazon qu'a la fnac.la fnac depuis des années est infoutue d'innover et surfe sur le manque de concurrence.amazon n'arrete pas d'evoluer et de tailler des croupieres a ses concurrents.deux visions economiques opposées