Après les nuggets "100% France", McDonald's passe des contrats pour trois autres produits français

 |   |  1037  mots
Après le poulet, McDonald's passe des contrats pour du boeuf, des céréales et des pommes françaises
Après le poulet, McDonald's passe des contrats pour du boeuf, des céréales et des pommes françaises (Crédits : Reuters)
Le géant de l’agroalimentaire signera des contrats d’approvisionnement avec des producteurs de bœuf, de céréales et de pommes. Porc et lait ne sont pas concernés par ces nouveaux contrats.

McDo joue la carte locale. Pour cela, le géant de la restauration rapide signera officiellement des contrats d'approvisionnement sur trois ans pour quatre produits. En plus du poulet, déjà annoncé le 24 février, bœuf, céréales et pommes seront concernés par ces nouvelles formes de sécurisation de l'approvisionnement.

Pour ses steaks hachés dans les hamburgers, le boeuf fait l'objet d'un nouveau contrat tripartite (acheteur, transformateur et coopératives de producteurs), étalé sur trois ans. Le principe de la contractualisation pour le boeuf existe déjà depuis 2003 chez McDonald's. Mais il concernait jusqu'ici des durées plus courtes et des quantités relativement plus faibles. Il consiste à réserver des bêtes entières avant abattage. Ce, pour un prix fixe renégocié annuellement.

Forte hausse du nombre d'animaux "contractualisés"

"Nous sommes passés de 15.000 animaux achetés sous contrat en 2014, à 30.000 en 2015. Nous augmentons encore la quantité d'animaux contractualisés de 15%", explique à "La Tribune" Delphine Smagghe, vice-présidente en charge des achats, qualité et développement durable au sein de la de la filiale française du groupe américaine.

Attention, cela ne signifie pas que les steaks seront désormais "made in France". En fait, seule la moitié de la viande vendue par McDonald's l'est (et le restera). Mais, sur cette moitié, la quantité d'approvisionnement ainsi contractualisée augmente.

Ensuite, l'approvisionnement du blé - utilisé notamment pour fabriquer les petits pains - fait l'objet de contrats sur trois ans avec des agriculteurs français. L'un d'eux, portant sur 8.500 tonnes avait déjà été conclu entre McDonald's France et les coopératives Valfrance et Beauce Gâtinais Céréales, mais aussi le meunier Nutrixo et le fabricant de petit pains East Balt France.

De nouveaux contrats du même type portant sur 17.000 tonnes  seront officiellement signés lors du Salon de l'agriculture qui ouvre au public le samedi 27 février. Le nouveau partenariat est à nouveau conclu avec Valfrance et France Gâtinais Céréales ainsi que meunier Grands Moulins de Paris - Nutrixo, mais aussi Axéréal. Au total, la moitié de l'approvisionnement en blé français acheté par le groupe est concerné par ces nouveaux contrats, précise-t-on chez McDonald's. Le blé étant "en quasi-totalité d'origine française".

Les pommes au menu

Troisième produit concerné: les pommes. Là, de nouveaux contrats sont signés avec Florette pour 1.000 tonnes. Les fruits proposé depuis moins de dix ans dans les quelque 1.350 points de vente du groupe en France s'y seraient fait une place dans les menus pour enfants.

"Dans les Happy Meals, les pommes étaient choisies 1 fois sur 30 lorsqu'on a lancé les fruits à croquer en 2007. Désormais, ils sont pris 1 fois sur 4", assure la responsable des achats.

Les variations de prix des intrants prises en compte

Dans tous les cas, les prix sont décorrelés des cours de chaque produit concerné, et négociés en prenant en compte les coûts de production pour les éleveurs, notamment le prix des intrants comme la nourriture animale.

"Si nous nous rendons compte que l'on doit intégrer des indicateurs qui peuvent faire varier le coût, comme l'évolution des prix de l'alimentation animale, nous l'intégrons", indique Delphine Smagghe.

Les prix peuvent donc être réévalués tous les ans pour le boeuf, mais restent fixes sur trois ans dans le cas des céréales. Ce qui est censé permettre à des exploitants à la trésorerie particulièrement sous tension en ce moment de prévoir leur budget à l'avance. Mais signifie aussi qu'en cas de brusque envolée des cours, ils risquent aussi de passer à côté d'une rémunération supérieure.

Lait et porc : pas de nouveaux contrats pour cette fois

Les deux filières les plus sous tension actuellement ne sont pas concernés par ces nouveaux contrats à trois ans.

Dans le cas du porc, la contractualisation existe aussi (pour une durée de deux ans).

"Nous sommes convenus qu'une révision tous les quatre mois permettait de faire (les) ajustements nécessaires. Les céréales pèsent lourd dans le coût de production de cette filière", justifie la responsable des achats.

Pour le lait, employé pour des boissons, les 2 millions de litres commandés chaque année font notamment l'objet de contrats avec la Laiterie de Saint-Denis-de-l'Hôte.

Ces annonces interviennent dans un contexte particulièrement tendu pour le monde agricole français. D'autres acteurs à l'aval tentent aussi de montrer leur bonne volonté, comme l'allemand Lidl qui a prévu un fonds de soutien pour les agriculteurs en difficulté.

Pétition pour l'étiquetage d'origine des viandes

Par ailleurs, quelques heures avant la visite du commissaire européen chargé de l'Agriculture, Phil Hogan, les syndicats agricoles FNSEA et Jeunes Agriculteurs (JA), la fédération des coopératives Coop de France ainsi que l'association de consommateurs UFC ont envoyé à Bruxelles une pétition exigeant l'étiquetage obligatoire de l'origine des viandes dans les produits transformés en Europe.

Différenciation de l'offre et montée en gamme...

Pour McDonald's, la sécurisation de l'approvisionnement, au-delà de l'opération de communication autour des préparations au blanc de poulet "100% français", vise aussi à différencier l'offre par rapport à une concurrence renforcée en France par Burger King qui a racheté Quick. L'agence TBWA vient d'ailleurs de lancer une campagne de publicité comparative -pour le moins moqueuse- en Haute-Loire.

... récompensées par une hausse des ventes de 5% dans le monde

Pour McDonald's, l'argument "manger local" n'est pas reservé à la France. Le groupe a par exemple lancé des programmes d'approvisionnement locaux dans d'autres pays, notamment outre-Manche.  En toile de fond: une stratégie de "montée en gamme", avec des restaurants redécorés où un service partiel à table est parfois assuré. Son magasin "amiral" des Champs-Elysées, l'un des plus grands du monde, vient de rouvrir sur ce principe.

Ailleurs, d'autres nouveautés comme les burgers personnalisables ou l'offre de petit déjeuner "toute la journée" semblent avoir participé à une remontée des ventes. Pour la première fois depuis deux ans, le groupe a ainsi publié en janvier une hausse de celles-ci de 5% dans le monde l'an dernier.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 26/02/2016 à 14:47 :
C'est mieux que rien, mais du Mac Do ça reste de la "malbouffe". Les produits bien que Français (j'allais dire surtout Français...) sont bourrés d'engrais chimiques et de pesticides vu que nous sommes un des plus gros consommateurs des ces produits en Europe. Pas sûr qu'au final sur le plan santé, les consommateurs de "Mac quelque chose" s'y retrouvent... et certainement pas avec les pommes.
MacDo, KFC et tout ce qui vient des US:GO HOME.
a écrit le 26/02/2016 à 14:44 :
C'est étonnant cette habitude de toujours et presque exclusivement faire la publicité des produits étrangers en prétendant "parler" français.

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :