Distribution : 900.000 emplois supprimés d'ici à 2025 au Royaume-Uni ?

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Tesco prévoit la suppression de 39.000 postes sur les trois prochaines années.
Tesco prévoit la suppression de 39.000 postes sur les trois prochaines années. (Crédits : © Phil Noble / Reuters)
Le British Retail Consortium met en cause la pression accrue des coûts et notamment le nouveau salaire minimum britannique qui sera instauré en avril 2016. Il craint des coûts supplémentaires de 1,2 à 3,8 milliards d'euros par an d'ici à 2020 pour le secteur de la distribution.

La fédération professionnelle de la grande distribution au Royaume-Uni panique. Le British Retail Consortium (BRC) estime que plus de 900.000 emplois dans la distribution (sur les 3,2 millions existants) vont disparaître dans les dix prochaines années. Et ce, à cause de la "pression des coûts de plus en plus forte" entraînant une combinaison "de changements structurels, d'une accélération des fermetures de magasins et d'améliorations de la productivité", avance l'organisation dans un rapport publié lundi 2 février.

Le British Retail Consortium (BRC) avance notamment l'impact "sous-estimé" de la mise en place du nouveau "salaire vital national" (National Living Wage), que le gouvernement conservateur de David Cameron prévoit d'introduire cette année, le 1er avril. Il s'agit d'un minimum de paie obligatoire de 7,20 livres par heure (9,10 euros) pour les plus de 25 ans, qui passera à 9 livres d'ici à 2020. Il remplacera l'actuel salaire minimum légal national, actuellement fixé à 6,70 livres pour les plus de 21 ans (5,30 livres pour les 18 à 20 ans).

Un coût pouvant atteindre 4 milliards d'euros par an

La BRC assure être "favorable en principe" à l'adoption de ce nouveau salaire minimum, mais estime que ces presque 7,5% d'augmentation vont entraîner des coûts supplémentaires pour les détaillants compris entre 1 milliard et 3 milliards de livres par an d'ici à 2020 (de 1,27 milliard à 3,81 milliards d'euros).

Car cela devrait concerner de nombreux employés de la distribution. Selon la fédération, le pourcentage de salariés du secteur qui sont payés moins de 1,2 fois le salaire minimum a doublé depuis 1990 pour dépasser les 60%.

salaires employés

Forte diminution du nombre d'employés depuis 2008

Le nombre d'employés dans la grande distribution a déjà fortement diminué depuis 2008 (-200.000 postes). Dernière mauvaise nouvelle en date: Tesco prévoit la suppression de 39.000 postes sur les trois prochaines années, selon The Guardfian. Le groupe britannique a précisé qu'il s'agissait d'une "piste". Tesco connaît d'importantes difficultés: il avait enregistré une perte de 8 milliards d'euros en 2014.

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a écrit le 29/02/2016 à 15:55 :
Si les gens avaient de l'argent ils pourraient acheter et relancer la consommation et la croissance, ces explications néolibérales désignant systématiquement "le coût du travail" afin d'expliquer la profonde crise exponentielle que nous subissons à cause d'eux deviennent franchement obscènes.

Heureusement que ce sont leurs médias qui diffusent "l'information" hein...
Réponse de le 01/03/2016 à 12:33 :
Il faut nécessairement une régulation au niveau des états : la logique des entreprises c'est de payer le moins cher possible les employés et c'est normal pour un bon gestionnaire. Cependant au niveau des citoyens c'est le pouvoir d'achat qui permet de consommer et c'est la consommation qui fait le bénéfice des entreprises.
Si on pousse cette logique à fond on imagine des entreprises ne tournant plus qu'avec des robots sophistiqués qui feraient tout le boulot. Et à coté 100 % de chômeurs au RSA incapables d'acheter les produits !
La seule solution c'est le revenu universel car dans trente ans on sera dans la situation décrite ci dessus.
a écrit le 29/02/2016 à 14:08 :
7.2 £ c'est pas la meme chose si vous vivez a londres ou dans la campagne a 30 km de liverpool!
a écrit le 29/02/2016 à 13:24 :
Ces pauvres britanniques payer une misère pour un montant a la fin du mois aussi haut que le RSA 500 € en France, l'Angleterre est un pays riche avec plein de très pauvres a la limite de l'esclavagismes mais qui a trouvé une bonne façon de réduire le taux de chômage, applicable en France avec au maximum 1 an d'assedics et plafond 1 000 € résultat chomage en France égal 7 % !
Réponse de le 29/02/2016 à 13:43 :
C'est aussi un choix de société. Les Anglais pensent qu'il est préférable d'avoir un petit boulot, même mal payé et précaire, que de vivre de l'assistanat comme en France....
Réponse de le 29/02/2016 à 13:50 :
tu parles, c'est surtout qu'ils n'ont pas le choix, chez nous non plus d'ailleurs
Réponse de le 29/02/2016 à 15:45 :
@louis

Le travail c'est la santé. Le manque de travail c'est ... la maladie !
C'est simple et le secret apparaît rapidement en analysant les statistiques du Royaume : quand le nombre de chômeurs baisse, le nombre des personnes en invalidité ou en maladie longue durée, augmente de la même quantité.Le nombre de chômeurs est passé de 3,0 millions en 1987, à 2,5 millions en 1988 puis à 1,5 millions en 2005.Le nombre des invalides / malades de longue durée, est passé de moins de 0,6 million en 1981 à 2,7 millions en 2005. Les courbes du chômage et de l'invalidité / maladie longue durée se sont croisées en 1996.En fait dans ce pays, les personnes sans emploi ont, pour survivre, le choix entre 2 solutions :
S'inscrire au chômage, pointer tous les 15 jours et avoir une allocation de 326 euros / mois ou obtenir (facilement) un certificat médical renouvelable tous les 2 ou 3 ans et toucher une allocation de 443 euros / mois.Comme les sans-emploi savent calculer, ils préfèrent largement être comptabilisés parmi les malades que parmi les chômeurs... et le taux de chômage baisse.On peut au moins déduire qu'au Royaume Uni :
Le taux de chômage réel est largement supérieur à 12 % de la population active.
a écrit le 29/02/2016 à 12:48 :
Le chantage à l'emploi ... vieux comme le monde, ça.

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