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Malgré un contexte économique toujours difficile, et la concurrence des jeux en ligne, la Française des jeux (FDJ) a enregistré une bonne année commerciale. Grâce aux 28 millions de Français qui jouent chaque année au Loto, à l'Euromillions ou à ses jeux de grattage, tels que Cash, l'entreprise a recueilli 5 milliards d'euros de mises, un record absolu. La FDJ a retourné 6,8 milliards d'euros aux joueurs sous forme de gain, en hausse de 7,6% par rapport à 2009.
L'activité en 2010 est en progression de 5,5% par rapport à 2009, se félicite Christophe Blanchard-Dignac, PDG du spécialiste des jeux de hasard. Pour l'année 2011, le dirigeant s'est montré prudent. Il estime qu'une hausse de 3% de l'activité est un "bon objectif" compte tenu de l'environnement économique qui demeure incertain.
L'activité en 2010 de la FDJ s'est répartie entre les jeux de grattage (41% de l'activité), les jeux de tirage (33%), les jeux de points de vente (15%) et les paris sportifs (11%). La fortune n'a pas été égale pour toutes les gammes.
Les jeux de grattage, ces petits tickets dont il faut découvrir certaines parties recouvertes de latex pour connaître le montant de son gain éventuel, a ainsi connu une progression de 10,6%, à 4,3 milliards d'euros. Mais la performance a été largement influencée par la spectaculaire envolée du jeu Cash, en hausse de 79,4%, soit une amélioration de 526 millions d'euros par rapport à 2009, pour atteindre un volume d'activité de 1,2 milliard d'euros. Pas mal pour un jeu qui avait à l'origine été conçu pour être un jeu événementiel. Sans cette performance, la gamme des jeux de grattage aurait été en légère érosion.
L'activité des jeux de tirage (3,5 milliards d'euros, en recul de 3,7%), qui regroupe notamment le Loto et Euro Millions a été pénalisé par le calendrier. En effet, 2010 a compté moins de vendredi 13 que 2009. Dans l'activité des jeux en points de vente (1,6 milliard), un grand chantier a été lancé pour le remplacement du Rapido, un jeu de tirage aux comptoirs des cafés, par une nouvelle formule sous la marque Amigo. Ce nouveau jeu est déployé progressivement région par région. "Ce nouveau jeu nécessite quelques réglages et il sera déployé sur l'ensemble du territoire national en 2012, plutôt que fin 2 011 comme initialement prévu", a expliqué le PDG de la FDJ jeudi matin.
La nouvelle gamme de paris sportifs en ligne créée dans le cadre de l'ouverture à la concurrence des jeux en ligne se développe rapidement. La FDJ a enregistré 91 millions d'euros en 2010 sur son site ParionsWeb, en hausse de 112% d'une année sur l'autre. L'ensemble de l'offre en ligne de la FDJ a totalisé 376 millions d'euros en 2010, à comparer à 315 millions d'euros un an plus tôt. L'essentiel de l'activité des paris sportifs est restée collectée dans le réseau de détaillants : 1,051 milliard de ventes en 2010, en hausse de 46%.
Les résultats de la FDJ seront connus en mars prochain. En attendant, l'entreprise promet quelques actualités produits dont notamment un ticket de grattage dédié au poker.
homo ludens a écrit le 15/09/2011 à 11:53 :
Gambling France Gain record de 160 millions pour Euromillions : Décryptage UN TRES GROS GAGNANT ?DES MILLIONS DE PERDANTS Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue) Nous aurions pu intituler cet article Un riche ?.des millions de pauvres, tant il est vrai que le pactole décroché le 13 septembre par un joueur du Calvados (1) peut être considéré comme scandaleux, voir indécent. Peur d?apparaître une nouvelle fois comme un sociologue provocateur du coté du Palais de Luxembourg (siège du Sénat) ou du coté de la rue Leblanc (siège de l?Arjel), volonté consensuelle de retourner sa veste? jamais du bon coté. D?autres raisons plus prosaïques et plus rationnelles expliquent la sobriété tautologique du titre de cette contribution. ? D?une part nous avons toujours refusé les analyses néomaxistes simplistes du gambling et du fait social qu?il représente - le jeu comme opium du peuple - résumé dans la formule latine Panem et circenses ( du pain et des jeux) (2). Ces analyses idéologiques, reprises par certains économistes à travers la théorie de la pauvreté ( plus on est pauvre plus on joue) sont pour partie réductrices. Si une corrélation existe entre le niveau de richesse et le fait de jouer aux jeux de hasard, elle reste à étudier de manière fine et ne constitue en aucune manière un rapport de causalité. Si le joueur joue toujours pour l?argent, il ne joue pas que pour l?argent. Si l?argent, la volonté de sortir de sa condition sociale, d?améliorer l?ordinaire sont les motivations premières des gamblers, une kyrielle d?autres raisons existent. Par ailleurs de multiples indicateurs et variables sociologiques rendent compte des raisons, des conditions et conditionnements, des représentations et croyances, qui expliquent pourquoi ça joue, pourquoi certains jouent et d?autres pas. Si l?analyse néo-marxiste stricto sensu est fallacieuse nous verrons néanmoins en fin d?article que les jeux ( et notamment ici les jeux d?argent et la politique des jeux) donnent certainement à voir sur notre société , ses inégalités, son fonctionnement. Une sociologie critique du gambling est nécessaire sans forcément qu?elle soit progressiste ou a visée idéologique. ? D?autre part nous pensons que le titre de cette contribution, malgré son aspect tautologique, donne à voir la politique des jeux menée par la Française des jeux notamment à travers Euromillions dont la France détient le record de gagnants de premier rang (65) suivi de l?Espagne (55) et pointe à la première place des ventes (21,9%) --------- Rappelons tout d?abord que la FDJ met en avant depuis quelques années ( avec une accélération depuis la loi sur les jeux en ligne) une politique de jeu responsable - hypocrite et paradoxale - que nous avons plusieurs fois dénoncée. Elle finance et instrumentalise la doxa du jeu pathologie maladie, notamment du coté du centre du jeu excessif (CRJE) de Nantes. Le Conflit d?intérêts est patent, scandaleux. La société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a même eu l?audace de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » Au même moment Jean Luc Vénisse financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ (le site du CRJE est très discret sur ce financement) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, 100 questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France-Soir du 6 juin 2011, que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. ». En cherchant bien on apprend que ce livre est publié et distribué via un mécénat ?de la Française des jeux. La plupart des médias n?ont pas repris ce détail. Dans le même temps la Française des jeux mène un activisme commercial forcené, une incitation au jeu accrue, jamais vu chez l?opérateur historique dirigé par Christophe Blanchard Dignac Mais c?est pas suffisant comme la FDJ se croit tout permis, elle se permet tout. Il y a par exemple l?affaire Riblet/jeux de grattage ou l?opérateur invente un concept totalement fallacieux en probabilité d?aléatoire prépondérant, pour masquer le fait qu?elle manipule le hasard en toute impunité pour des raisons commerciales. Plus récemment - et ce sera le centre de notre réflexion dans cet article et ce qui explique le titre de cette contribution, il y a eu un changement de règlement d?Euromillions après celui du loto (3) . La probabilité de trouver les 7 bons numéros est passée d?une chance sur 75 millions, à une chance sur 116 millions ! L?opérateur historique n?a pas eu le culot de dire que c?était pour lutter contre le jeu excessif qu?il changeait les règles. Il a insisté sur le pactole qui augmentait. Et en effet comme on peut le constater il augmente. La duplicité est totale, la FDJ gagne à tout les coups et de quelle manière. Comme les chances de gagner diminuent fortement, le gros gain tombe moins souvent comme chacun a pu le constater ces derniers mois et augmente sans cesse. La super cagnotte d?euromillions n?était pas tombée depuis le 29 juillet. Cela permet à l?opérateur public de communiquer en permanence sur ce pactole digne de Crésus. Les multiples communiqués de la FDJ sur Euromillions sont repris systématiquement par les agences de presse, médias, télévisions. Agences de presse notamment , presse régionale (qui reprend systématiquement pro domo les dépêches d?agence) participent donc fortement au prosélytisme ludique de la FDJ et en constitue même le fer de lance. Que seraient les multiples communiqués de la FDJ sans les agences de presse ? Ces messages sur les produits et résultats de la FDJ apparaissent comme des messages naturels , informatifs et neutres alors que les publicités (souvent nunuches et bébêtes de la FDJ : devenez plus riche que riche) peuvent lasser l?opinion. Les pléthoriques communiqués de presse de la FDJ constituent des vecteurs stratégiques de l?expansionnisme commerciale de la FDJ car ils sont repris systématiquement et avec complaisance par les agences de presse et la presse régionale et nationale. L?ensemble du système (parfaitement rodé ) crée gratuitement pour la FDJ un buzz permanent qui lui permet par saturation de contrôler peu ou prou le champ médiatique en permanence sur la question du jeu. Les voix qui critiquent ou même simplement interrogent et souhaitent débattre de la politique des jeux de la FDJ sont inexistantes et quand ? rarement - elles apparaissent ( par exemple sur internet) elles disparaissent dans le flot informatif et propagandiste de la FDJ ou dans l?obsolescence du net. Autre conséquence , comme les élus ( les gros gagnants) sont plus rares et toujours plus riches, la presse les cherchent et les traquent. La FDJ, machiavélique la aussi, diffuse les informations qu?elle possède ( région, localité et bureau de validation..) ce qui entraine une nouvelle médiatisation gratuite. Si le gagnant se fait ensuite connaître la FDJ bénéficiera la aussi d?une très bonne publicité qui constitue une incitation au jeu exceptionnelle. Alors ne soyons pas étonné qu?avec une telle politique qui aboutit à des pactoles qui peuvent apparaître indécents en période crise que des voix s?élèvent, au sein meme de la majorité. Eric Straumann ( député UMP du haut Rhin) a écrit à Christophe Blanchard Dignac (4) pour que les gains d?Euro millions soient plafonnés et mieux répartis. Certes certains pourraient rétorquer à ce député du Haut Rhin : de quoi je m?e mêle. Il y a un Comité Consultatif du jeu et même un Observatoire des jeux a même de travailler sur ces questions et de faire des propositions. En attendant que ces deux organismes - tardivement mis en place - fonctionnent ce député s?exprime et la FDJ fait ce qu?elle veut. Certes , certains pourraient reprocher à Eric Straumann sa grande naïveté : écrire au PDG de la FDJ alors que la politique stratégique de Christophe Blanchard Dignac est parfaitement voulue, concertée, orchestrée par lui même. Mais nous n?aurons pas cette outrecuidance car « la proposition choc » du député n?a rien de moralisatrice. Elle donne à voir sur la politique des jeux voulu par CB Dignac dont on a de plus en plus de mal à penser qu?elle puisse se décider sans l?aval de Bercy. Ceci dit c?est le grand mystère. La politique des jeux de la FDJ se décide t elle à Boulogne ou à Bercy ? La politique des jeux de la FDJ est elle en harmonie avec la politique des jeux voulue par le gouvernement ? On peut s?interroger. Que donne à voir cette politique. Une hiérarchie fortement inégalitaire. Un très gros gagnant d?un coté ? l?élu de la chance - des millions de perdants de l?autre. Et plus le gagnant est gros, plus les perdants sont nombreux, plus les gains intermédiaires sont réduits ( d?ou la proposition du député visant à une meilleure répartition des gains). Certes, c?est le principe des jeux de hasard. Les perdants cotisent pour les gagnants et c?est comme ça que ça marche. Les joueurs acceptent le principe générique de cet impôt volontaire. Mais de là à pervertir ce principe (préjudiciable à la quasi totalité des joueurs sauf un ou deux gros gagnants) pour exploiter encore davantage la Poule aux ?ufs d?or il y a un grand pas que la FDJ et son PDG n?aurait pas du franchir, surtout quand on est un monopole public qui soit disant défend l?intérêt général et promeut une politique de jeu responsable voulue par Nicolas Sarkozy et mise en musique par François Baroin. Sans tomber dans le syndrome anti sarkoziste des « amis du Fouquet?s, nous pensons également, qu?on le veuille ou non , que ça plaise ou non, que ? sociologiquement, politiquement - cette politique des jeux voulue par la FDJ, son contexte, donne à voir sur notre société. Au travaillez plus pour gagnez plus sarkozien on pourrait aisément substituer un jouer plus pour gagner plus qui peut apparaître contradictoire ( politiquement, économiquement, culturellement, moralement?) à une opinion qui subit chômage, précarité, petits boulots, paupérisation accrue. Egalement au niveau de l?argent, des revenus , des inégalités financières et patrimoniales qui gangrènent notre pays et sont loin d?assurer une croissance qui serait si nécessaire en période de crise. Le parallèle facile, apparaît néanmoins légitime. D?un coté un gros gagnant à euromillions?des millions de perdants, d?un autre coté quelques centaines de grosses fortunes auxquelles il faut ajouter quelques milliers de hauts fonctionnaires, stars et fous du roi ( sportifs, acteurs, comédiens, journalistes, écrivains, présentateurs TV?.) qui se partagent argent, notoriété et privilège - à droite comme à gauche - et de l?autre des millions de Français qui vivent mal et s?apprêtent à payer une trilogie fiscale ( impôt sur le revenu, foncier, taxe d?habitation) qui - comme les gros gains d?Euromillions - ne cesse d?augmenter. La revue Challenges ne s?y est pas trompée. Elle a immédiatement calculé que le « Normand » qui vient de gagner à Euromillions devenait la 247° fortune française. (5), loin derrière Bernard Arnault (LVMH), Gérard Mulliez (Auchan), Liliane Bettencourt (L?Oréal)?. Plus que jamais, comme le pensait Roger Caillois, le jeu donne à voir sur notre société beaucoup plus que le jeu lui même. Il est donc grand temps que les Français soient remis au centre de la Politique Des Jeux et au centre de la Politique tout court. ? ils constituent le premier parti de France - afin que l?ensemble de ces politiques profite au plus grand nombre et non simplement à quelques privilégiés et gros gagnants. © Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 177. Septembre 2011 (1) « Gain record à l?Euromillions : 162 millions pour un joueur du Calvados « ( Le Parisien.fr du 14-9-2011) (2) Cette expression est empruntée au poète Juvénal qui regrettait que le peuple romain se soit à ce point affaibli qu?il ne désirait plus que du pain et des jeux. L?expression décrit également une méthode politique, basée sur la démagogie et qui fait du peuple un rassemblement de sujets ignorants ou incapables de penser par eux-mêmes qu?il suffirait de nourrir et de divertir ( source Renzo Tozi , Dictionnaire des sentences latines et grecques, Ed. Jérome Million 2010, 192-193) (3) En 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros. Une augmentation de 67 % ! L?espérance-statistique de gagner évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. (4) « La proposition choc d?un député UMP » ( Le Parisien.fr du 9-9-2011) (5) « Un Normand gagne à l?Euromillions et devient la 247° fortune française « ( Challenges.fr du 14-9-2011)
homo ludens a écrit le 18/07/2011 à 18:06 :
Chance de gagner à Euromillions, affaire Riblet, aléatoire prépondérant, financement et instrumentalisation du jeu pathologie maladie : la Française des jeux se croit tout permis et se permet tout LE DOUBLE JEU DE LA FRANCAISE DES JEUX : UN JEU DANGEREUX Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue) La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en ?uvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d?une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l?inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire, pour accélérer sa croissance tout azimut par une incitation au jeu accrue. La politique de jeu responsable mis en ?uvre par la Française des jeux va produire en final du jeu excessif? Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l?opérateur de loteries. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. Dans le même temps la société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l?audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » ! Au même moment Jean Luc Vénisse (financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France Soir du 6 juin 2011 que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. La boucle est bouclée. La collusion d?intérets marche à fond pour les deux parties en présence. Dernières précisions qui montre le vrai visage de la Française des jeux : l?inflation et les chances de gagner. L?opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules, de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement l?espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros ( soit une augmentation de 67 % !!) et l?espèrance statistique évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011 la FDJ a fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d?une chance sur 75 millions à une chance sur 116 millions ! La politique mise en ?uvre par la Française des jeux n?a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l?Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l?intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer à une société qui ne lui appartient pas, un double jeu très dangereux qui risque à terme d?énerver Nicolas Sarkozy, à l?origine de la politique jeu responsable quand il était Ministre de l?Intérieur. Cette duplicité risque également d?irriter fortement Bruxelles et la Cour de justice Européenne. Quant à la récente affaire d?Euro Millions qui voit une joueuse (Laure Meilheureux) déposer plainte contre la FDJ auprès de la Commission Européenne, elle dévoile aussi beaucoup du vrai visage de la Française des jeux. Si le journal le Parisien se fourvoie quand il précise que « les chances de gagner ne sont pas les mêmes selon les pays », on peut en effet s?interroger pour savoir pourquoi c?est en France que le nombre de combinaisons possible en jeux multiples pour Euromillions est le plus bas ( 378 pour 756 euros, alors qu?un joueur espagnol peut jouer 2520 combinaisons en une seule fois pour une mise de 5040 euros). La FDJ souhaite t elle vraiment protéger les joueurs comme elle l?affirme : « nous souhaitons compliquer la vie du joueur excessif pour ne pas encourager les abus qui peuvent conduire à des addictions » ou instrumentalise t elle la question du jeu pathologie maladie en essayant d?éliminer les gros joueurs ou les regroupements de joueurs qui voudraient investir ou jouer gros jeu dans Euromillions ? On peut sérieusement s?interroger. Cette histoire rappelle l?affaire des jeux de grattage (découverte aussi par un joueur qui jouait gros jeu Robert Riblet) ou l?on voyait la FDJ inventer un concept inconnu en probabilité ( aléatoire prépondérant) pour contrôler la distribution des gros gains sur tout le territoire. Elle cherche désormais aussi à contrôler la manière de jouer des joueurs. L?ensemble indique que l?opérateur historique plus que jamais se croit tout permis et se permet tout. © JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, 173. Juillet 2011
Alice Brea a écrit le 14/07/2011 à 18:29 :
1) Tarif X 13 soit 1300% d?augmentation: Au moment de sa création en 1976, remplir une grille de loto coûtait 1 Franc, soit 15 centimes d'Euros. Aujourd'hui le prix de cette même grille a été multiplié par 13, pour atteindre 2 Euros. 2) Probabilité de gagner le gros lot en chute libre: Loto de: 1/13 millions à 1/19 millions soit 6 millions de chances en moins ou 46% de chances en moins (6/13). Euromillion: 1/76 millions passe à 1/116 millions soit 40 millions de chances en moins ou 53% de chances en moins (40/76). 3) Il faut jouer plus souvent: La fréquence des tirages par semaine augmente, de 1/semaine, on est passé à 5/semaine (3 lotos + 2 Euromillions). Pour quelqu'un qui veut jouer 8 grilles avec ses numéros fétiches: Avant: 8 X 0.15 euros X 1 fois = 1,2 euros / semaine Aujourd'hui: 8 X 2 euros X 3 = 48 euros / semaine (loto seul) ou 8 X 2 euros X 5 = 80 euros / semaine (loto + euromillion) Soit une augmentation X 40 (si loto seul) ou 4000% Est-ce que votre salaire a pris aussi 4000% d'augmentation ? Et tout cela avec 50% moins de chance de gagner le gros lot. Alors FDJ arnaque ou foutage de g###### ?
homo ludens a écrit le 13/07/2011 à 14:02 :
LE DOUBLE JEU DE LA FRANCAISE DES JEUX : UN JEU DANGEREUX Par : Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin (sociologue) La Française des jeux finance ses ennemis, les anti-jeu de la doxa du jeu pathologie maladie - notamment le centre du jeu excessif de Nantes dirigé par JL Vénisse - pour mieux les contrôler mais dans le même temps se lance dans une course effrénée à la croissance, jamais vue depuis sa création. La politique éthique mise en ?uvre par Christophe Blanchard Dignac (PDG de la Française des jeux) a pour conséquence en réalité - sous couvert d?une lutte contre le jeu excessif et le jeu de mineur - de produire plus de jeu. Habile stratège - mais certains pourraient considérer cela comme de la duplicité - le patron de la FDJ a profité du débat sur le jeu pathologique, de l?inquiétude des pouvoirs publics en matière de santé publique, de la loi sur les jeux en ligne, non pour mettre la pédale douce en matière de développement mais au contraire, pour accélérer sa croissance tout azimut par une incitation au jeu accrue. La politique de jeu responsable mis en ?uvre par la Française des jeux va produire en final du jeu excessif? Les meilleures preuves de cette démonstration se situent dans les résultats de l?opérateur de loteries. En pleine crise économique il surperforme (+5,5 % en 2010) en dépassant pour la première fois la barre symbolique des 10 milliards. Dans le même temps la société dirigée par Christophe Blanchard Dignac a l?audace - ils se croient tout permis et ils se permettent tout - de lancer en juin 2011 « une campagne nationale contre l?addiction au jeu » ! Au même moment Jean Luc Vénisse (financé à hauteur de 2 millions d?euros par la FDJ) associé aux addictologues M. Reynaud et A . Belkacem sortent un fascicule : « Du plaisir du jeu au jeu pathologique, IOO questions pour mieux gérer la maladie» Et Michel Reynaud d?affirmer dans France Soir du 6 juin 2011 que « de tous les opérateurs la Française des jeux est celui qui en fait le plus pour le contrôle et la prévention du jeu excessif. La boucle est bouclée. La collusion d?intérets marche à fond pour les deux parties en présence. Dernières précisions qui montre le vrai visage de la Française des jeux : l?inflation et les chances de gagner. L?opérateur historique profite du lancement de nouvelles formules, de nouveaux jeux, pour augmenter fortement ses prix et diminuer tout aussi fortement l?espèrance statistique qui permet de décrocher la cagnotte. Ils se croient tout permis et ils se permettent tout. Ainsi en 2008 le Loto passe de 1,2 euros à 2 euros et l?espèrance statistique évolue d?une chance sur I4 millions à une chance sur I9 millions. Pour le nouvel Euro Millions sorti en mai 2011 la FDJ a fait encore plus fort. La probabilité de trouver les 7 bons numéros passe d?une chance sur 75 millions à une chance sur 116 millions ! La politique mise en ?uvre par la Française des jeux n?a donc rien à voir avec une politique des jeux raisonnable, modérée et qui respecte sa clientèle. Elle apparaît au contraire comme une politique anti consumériste de rentabilité accrue, qui abuse de sa position dominante et son monopole. Elle agit de plus en plus comme un Etat ludique dans l?Etat Croupier peu soucieuse en réalité de l?intérêt général et des Français qui jouent. Le PDG de la Française des jeux fait jouer à une société qui ne lui appartient pas, un double jeu très dangereux qui risque à terme d?énerver Nicolas Sarkozy, à l?origine de la politique jeu responsable quand il était Ministre de l?Intérieur. Cette duplicité risque également d?irriter fortement Bruxelles et la Cour de justice Européenne. © JP G. Martignoni-Hutin, Lyon, France, Juillet 2011
luthesa20 a écrit le 29/01/2011 à 11:10 :
Et pendant ce temps là les Français sont de plus en plus pauvres, et ils jouent de plus en plus avec l'espoir de gagner. Mais il serait bon de rappeler que de plus en plus ils sont persuadés que les tirages ne sont pas que le fruit du hasard
burnouf a écrit le 28/01/2011 à 10:53 :
L 'Homme est faible, c'est bien connu! La FDJ,en quelque sorte, exploite cette "faiblesse".Et à ce petit jeu,sans mauvais jeu de mots,c'est rarement,voire jamais, les plus nantis, qui sont les dindons de la farce.
yann a écrit le 28/01/2011 à 08:44 :
Il n'est pas difficile de faire des record lorqu'on augmente le prix des mises du loto , en 2009 une grille revenais a 1,20? maintenant la grille est a 2? , l'abonnement en 2009 revenais a 12? pour 20 tirage par mois , maintenant c'est passé a 10 ? pour 5 tirages ou 20? pour 10 tirages ou 30? pour 15 tirages Donc monis de chance de gagné pour le joueur et biensur plus d'argent d'encaisser pour la francaise des jeux , L'année prochaine , vous allez voir la SNCF vont dire la meme chose , ainsi que les proprietaire de peages ;-).
Patrickb a écrit le 27/01/2011 à 21:56 :
Si les gens comptent plus sur le loto que leur salaire pour gagner leur vie, je dirais que c'est un problème plutôt qu'une bonne nouvelle !!!
boic5530 a répondu le 28/01/2011 à 14:44 :
il faut que les pauvres arrêtent de faire des gosses , car ces derniers sont les futrs chomeurs ! _ _ laissons la procréation à ceux qui ont accès au piston (un bon carnet d'adresse) et du patrimoine de famille ! ( quand on à l'un , on a aussi l'autre ) !
homo ludens a écrit le 27/01/2011 à 18:52 :
Résultats 2010 en forte croissance pour l?opérateur historique des loteries FRANCAISE DES JEUX : LE PARADOXE DE L?ETAT CROUPIER ------ JP Martignoni ( sociologue) ? Christophe Blanchard Dignac peut se réjouir du travail accompli l?année dernière, par la FDJ et son réseau de détaillants. L?opérateur historique a surperformé en 2010 avec une croissance de 5,5 %. La barre symbolique des 10 milliards d?euros est « franchie pour la première fois ». Certains vont crier au scandale. Pas nous. Ce n?est pas le rôle d?un sociologue qui sépare « le savant du politique » de porter un jugement moral ou idéologique, sur une activité économique, une pratique sociale et culturelle. ? Ce résultat exceptionnel a bien sur à voir avec une crise économique qui perdure. Les Français cherchent plus que jamais à « décrocher le pactole », pour « changer de vie », « se refaire » à travers le jeu, ou tout simplement cherchent à « améliorer l?ordinaire » d?un ordinaire de plus en plus affecté par la dépression économique mondiale et une imposition nationale et locale en perpétuelle augmentation. Le pari n?est d?ailleurs pas stupide? pour les gagnants . La FDJ a redistribué 6,8 milliards euros de gains l?année dernière. Il serait donc réducteur de faire une analyse néo-marxiste du phénomène, en réactivant la symbolique des deux célèbres maximes : « Du pain et des jeux », « Le jeu comme opium du peuple ». Par ailleurs les revendications sociales et grèves de 2010 indiquent bien que les Français ne mettent pas leur destin uniquement dans les bras de Déesse Fortuna ou ceux du Dieu Hasard. ? Ces résultats proviennent également de l?activité marketing intense de la FDJ et de son activisme en matière de développement de son offre ( nouveaux jeux de grattage , et notamment Cash 500, relookage d?anciens jeux, lancement d?Amigo un jeu permanent à haute fréquence clone du Rapido, gros investissement dans les jeux en ligne à travers le site parionsweb. La FDJ est une société bien gérée qui sait vendre des jeux. Rien à redire la dessus. Il ne faudrait pas cependant que la FDJ s?imagine que ces jeux lui appartiennent et qu?elle peut exploiter jusqu?à la corde ce précieux pratimoine ludique national, contribuant ainsi à tuer la poule aux ?ufs d?or. ? Mais dans le même temps le PDG de la FDJ a certainement des motifs d?inquiétude. Il sait qu?il est de plus en plus confronté au « paradoxe de l?Etat Croupier ». La FDJ investit fortement, se développe à marche forcée ( piétinant au passage un principe de précaution longtemps instrumentalisé pour freiner l?ouverture à la concurrence et combattre les directives européennes) mais dans le même temps affiche symboliquement une Politique de « Jeu Responsable », tout en finançant des psychologues qui ont trouvé un relais de croissance dans l?addiction au jeu. La FDJ est bien entendu en conflit d?intérets patent dans cette affaire. Ce n?est pas à la FDJ de mesurer les conséquences ( sociales et en terme de santé publique) de son activité, de définir des normes ( contrat AFNOR/FDJ)? C?est pour cette raison que le parlement a décidé - dans la loi sur les jeux en ligne de juin 2010 - de mettre en place un Comite consultatif pour les jeux en dur et le gambling virtuel, épaulé par un Observatoire des jeux indépendant qui ait les moyens de ses ambitions. Mais si l?Arjel a été installé rapidement et fonctionne activement sous la houlette de JF Vilotte, ces deux autres organismes, indispensables à une politique des jeux qui défende l?intérêt général et qui fasse en sorte que les chiffres du gambling ne soient pas instrumentalisés , n?existent toujours pas. Ce retard devient suspect. Le Sénat s?en inquiéte, le Président de l?Arjel également. La symbolique des « amis du Fouquet?s ressurgit. En attendant le Livre Vert de Michel Barnier, la Commission Européenne s?interroge également sur les conséquences du gambling et le jeu excessif. Elle veut des chiffres et semble désormais à juste titre interrogative vis à vis de l?opportunisme des thèses de la doxa du jeu pathologie maladie financée principalement par la FDJ. « elle cherche à savoir si le phénomène d?addiction est plus répandu dans le jeu en ligne que dans le jeu en dur. Certains disent que c?est le cas, d?autres prétendent l?inverse, déplore t on à Bruxelles. » (1)Je ne suis pas mécontent que la Commission s?interroge désormais ainsi car nous avons souvent dénoncé les analyses contradictoires de la doxa du jeu pathologie maladie sur ce sujet. Cette interrogation indique que la question du jeu excessif - sa définition, sa mesure - doit être traitée sérieusement et scientifiquement car elle peut facilement être instrumentalisée. On pourrait en dire autant du Taux de redistribution, de la publicité pour les jeux d?argent, de la socialisation ludique des mineurs etc?. ? Dernier soucis pour CB Dignac, malgré ou à cause de ces résultats formidables, la FDJ a sans doute mangé son pain blanc. Bénéficiant d?un « avantage concurrentiel » indéniable en tant qu?opérateur historique, la FDJ est désormais comme le PMU sous l??il de l?Autorité de la concurrence qui a rendu un premier « avis » critique. La FDJ doit donc parachever rapidement sa mutation, changer d?état d?esprit, « jouer le jeu », si elle ne veut pas que cet avantage soit désormais considéré, par l?institution de la rue de l?Echelle ou par l?Europe, comme un « abus de position dominante ». Autant dire une petite révolution culturelle pour la FDJ, ex Française Des Jeux. ---- Jean-Pierre G. Martignoni-Hutin ( sociologue) (1) Alexandre Counis : « Jeux en ligne : Bruxelles prépare un Livre Vert très consensuel « ( les Echos, 13 janvier 2011)
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Gambling France JEUX DE HASARD ET D?ARGENT : comprendre, prévenir, soigner Alors que l?Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l?addiction au jeu qui pose problème sur de nombreux aspects ( scientifique, épistémologique,...
par homo ludens le 26/09/2011 à 15:45
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homo ludens a écrit le 26/09/2011 à 15:45 :
Gambling France JEUX DE HASARD ET D?ARGENT : comprendre, prévenir, soigner Alors que l?Observatoire des drogues vient de publier une étude sur l?addiction au jeu qui pose problème sur de nombreux aspects ( scientifique, épistémologique, méthodologique?) et avant la clause de revoyure et les propositions du sénateur Trucy qui seront connues très prochainement et qui ne manqueront d?aborder la question du jeu responsable et ces différents objets ( taux de redistribution, information,prévention, fiscalité des jeux, recherche sur le jeu, conflit d?interets?.) nous voudrions signaler un intéressant ouvrage sur ces problématiques. « Jeux de hasard, jeux d?argent : comprendre, prévenir, soigner » (Paris, L?Harmattan, Questions Contemporaines, septembre 2011, 133 pages, 13,5 euros) Très pertinent ce petit livre( issu d?un colloque organisé par l?association Le Pelican de Chambéry) n?hésite pas à réinterroger la notion de jeu excessif, à questionner la doxa du jeu pathologie maladie, à interpeller la Française des jeux et les opérateurs, tout en apportant des témoignages et des expériences utiles au débat. Jean-Pierre G. Martignon-Hutin ,sociologue, 180, septembre 2011 Pour se procurer ce livre = Michel BOULANGER <michel.boulanger@le-pelican.org> diffusion.harmattan@wanadoo.fr