La Tribune

À Hong Kong, les arts visuels 2.0

Maquette virtuelle du musée M+ de Hong Kong, qui offrira 15.000 m2 d'espaces d'expositions sur les arts visuels depuis 1949.
Maquette virtuelle du musée M+ de Hong Kong, qui offrira 15.000 m2 d'espaces d'expositions sur les arts visuels depuis 1949. (Crédits : DR)
Antoine Cadeo de Iturbide  |   -  532  mots
Pièce maîtresse du nouveau centre culturel, le M+ exposera les oeuvres dans toutes leurs dimensions.

En 2017, Hong Kong se dotera d'un nouveau centre culturel, colossal, à dimension internationale. En plus d'accueillir un musée - le M+ -, le « West Kowloon Cultural District » comprendra trois autres principaux bâtiments : le Xiqu Centre, dédié au théâtre traditionnel chinois, le Arts Pavilion, un espace d'exposition aux proportions plus limitée, ainsi que le Lyric Theatre, dédié à la danse. Le M+ sera l'élément central de ce nouveau complexe, il offrira 15.000 m2 d'espaces d'expositions. Dans le projet initial, proposé par l'agence d'architecture Herzog & de Meuron, l'entière façade du musée était habillée de LED, mais cette option est toujours en discussion.

Si le M+ se focalisera sur l'art produit après l'arrivée au pouvoir de Mao TséToung en Chine, en 1949, l'ensemble des arts visuels sera concerné, pas seulement l'architecture, l'art pictural, le design ou l'art filmique. Il sera également une nouvelle plate-forme pour la recherche, le partage des connaissances et l'évolution des pratiques artistiques dans la région.

Lars Nittve, directeur du M+, nous confiait que l'art numérique n'aura pas une place particulièrement privilégiée, mais il s'intégrera dans les différentes sections du musée. Lars Nittve souligne qu'il n'hésitera pas à présenter de l'art numérique et que ce dernier risque d'être très présent étant donné la place croissante qu'il prend dans la région de Hong Kong et son utilisation de plus en plus fréquente par les artistes locaux.

Premier expo participative en ligne

Le M+ n'a pas attendu la livraison de son bâtiment pour débuter un programme d'expositions temporaires, appelées Mobile M+. L'institution a mis tout de suite l'accent sur sa présence en ligne, en organisant « Neonsigns.hk », sa première exposition participative en ligne. Le musée invitait à visiter le site Internet « Neonsigns.hk » créé pour l'occasion, plusieurs vidéos et textes explicatifs et autres slides documentaient le visiteur sur l'historique du néon, son industrie, son utilisation par les commerces mais aussi par les artistes.

En plus de cet aspect pédagogique, il était demandé au public de participer directement à l'exposition en téléchargeant des photos des enseignes de néons de la ville de Hong Kong, permettant une véritable cartographie de la ville et créant ainsi un parcours autour du néon. Cette exposition venait célébrer l'acquisition de deux néons par le M+.

Pour Lars Nittve, qui a dirigé le Moderna Museet de Stockholm et la Tate Modern de Londres, le rôle d'un musée n'est pas de dire aux artistes ce qu'ils doivent faire, mais de se positionner comme un espace d'exposition qui accueille leurs oeuvres. Si les artistes travaillent avec des nouvelles technologies, alors le M+ se positionna en ce sens pour rendre leur projet possible.

Pour ce qui est des visiteurs et de la médiation, Lars Nittve affirme que le M+ utilisera des outils technologiques dernier cri, mais en gardant en tête le postulat suivant : le public se déplace dans les musées pour contempler les oeuvres elles-mêmes, et non juste une image sur un écran.

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