OM : Frank McCourt base la nouvelle holding dans un paradis fiscal

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Frank McCourt et Margarita Louis-Dreyfus ont un autre point commun que l'Olympique de Marseille.
Frank McCourt et Margarita Louis-Dreyfus ont un autre point commun que l'Olympique de Marseille. (Crédits : © Philippe Laurenson / Reuters)
Le nouveau propriétaire de l'Olympique de Marseille, l'américain Frank McCourt, a domicilié la nouvelle holding dans l'Etat du Delaware, réputé pour sa fiscalité très avantageuse...

Première journée, premier couac ? La vente de l'Olympique de Marseille au milliardaire américain Frank McCourt pour un montant de 45 millions d'euros a été officialisée le 18 octobre 2016 et dans la foulée, un détail de la nouvelle société a été repéré par BFM TV. La nouvelle holding créée par Frank McCourt, appelée "Olympique de Marseille LL", est enregistrée dans le Delaware, un état américain située entre Washington, DC et New York. Si la société n'est pas basée dans les Bouches-du-Rhône ou même dans l'état du Massachusetts, dont la capitale Boston est la ville d'origine du nouveau propriétaire, c'est probablement parce que le Delaware présente un "avantage" certain : sa fiscalité.

Un Etat très conciliant avec les entreprises...

Le Delaware, deuxième état le plus petit des Etats-Unis en matière de la superficie, ne fait pas partie de la liste noire des paradis fiscaux publiée par l'OCDE en 2009. Pourtant il attire de nombreuses entreprises en quête de taxes légères, voire absentes, et de souplesse réglementaire. Ainsi, plus de 40% des entreprises cotées à Wall Street sont domiciliées dans le petit état américain. C'est d'ailleurs un point commun entre Donald Trump et Hillary Clinton, ayant tous les deux enregistré des sociétés dans le Delaware. Les entreprises qui s'y installent sont probablement séduites par les nombreux avantages offerts par l'administration locale : une exonération fiscale pour les activités réalisées par les entreprises en dehors des frontières de l'Etat, un système juridique assez souple et plutôt favorable aux entreprises, ainsi qu'une certaine capacité à garder le secret sur les activités des sociétés qui y sont installées...

Lire aussi : OM : pourquoi Frank McCourt investit-il à Marseille ?

Ayant promis d'investir 200 millions d'euros dans les quatre prochaines années, Frank McCourt pourrait espérer un retour sur investissement à un moment ou un autre, s'il reste dans l'esprit de ce qu'il avait réalisé avec les Los Angeles Dodgers. Le choix d'une domiciliation dans un état à la réputation aussi fiscalement sulfureuse que le Delaware pourrait ainsi poser problème si l'Olympique de Marseille dégage des bénéfices importants, qui auront peu de chance d'être lié à une activité exercée dans le Delaware...

La ligue des champions de l'évasion fiscale

Ce n'est pas la première fois que la domiciliation d'un club de foot français pose problème. L'affaire dite des Panama Papers, dévoilée en avril dernier par 109 médias du monde entier, comportait le nom de plusieurs propriétaires de club de ligue 1. Ainsi, le président du FC Nantes Valdemar Kita y était cité, soupçonné d'être "actionnaire de la société offshore Dylan Limited, domiciliée aux Iles Vierges britanniques", comme le précisait le journal Le Monde. Si Waldemar Kita dément posséder une résidence dans la banlieue huppée de Bruxelles, la holding Flaga Groupe, qu'il gère et qui détient le club de Loire Atlantique, y est bien domiciliée.

Le président du FC Nantes ferait pourtant figure de petit joueur face à son homologue monégasque. En effet, Dmitri Rybolovlev, président de l'AS Monaco depuis la fin de l'année 2011, aurait placé 660 millions d'euros dans des sociétés offshore selon son ex-femme. Il est également à la tête d'une entité appelée Talasea Limited, domiciliée aux Iles Vierges britanniques, en compagnie de son conseiller financier Mikhaïl Sazonov, qui "apparaît très proche du club de l'AS Monaco". Le lien entre cette société et les activités du club de la principauté n'a cependant pas pu être établi.

Et enfin, le meilleur pour la fin : la propriétaire sortante de l'Olympique de Marseille, Margharita Louis-Dreyfus, était elle-aussi citée dans l'affaire des Panama Papers. C'est en réalité son défunt mari, Robert Louis-Dreyfus qui est soupçonné d'avoir monté deux sociétés offshore - dont une juste avant sa mort - afin de soustraire au fisc une partie de son héritage familial, sans que ce ne soit là aussi possible de l'affirmer en tant que tel. Quoiqu'il en soit, l'histoire entre le monde du football et l'optimisation/évasion fiscale ne date donc pas d'hier, et ne semble pas prête de se terminer...

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Commentaires
a écrit le 19/10/2016 à 9:31 :
ça n'a pas trainé dites donc mais au moins il reste aux états unis lui.
a écrit le 19/10/2016 à 8:34 :
Assimiler le Delaware à un paradis fiscal, je ne sais pas si même Plenel et Mediapart auraient osé. Si c'en est un, il faut immédiatement interdire à Air France d'acheter le moindre Boeing, maison qui y est "incorporée" depuis 80 ans!
a écrit le 18/10/2016 à 22:33 :
L'OM vaut toutes les séries de télé-réalité. Le nouvel épisode se présente pas mal, le nouveau personnage principal a des références et les mêmes causes produisent les mêmes effets.
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a écrit le 18/10/2016 à 19:04 :
Le foot est un sport génial et c'est pour cette raison qu'il est vérolé, il y a tellement d'argent à gagner...et c'est pour cela que je m'en suis désintéressé il y a fort longtemps... que je me désintéresse désormais aussi du rugby... et finalement du sport en général. Je ne lâche plus un seul centime d'Euro pour le sport, pour la mafia devrais-je dire.
a écrit le 18/10/2016 à 18:55 :
Vous vous attendiez à quoi exactement venant de ce personnage? Je crains que la suite ne soit qu'une suite de désillusions pour les marseillais et les supporters !

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