SNCF : plus de 12 milliards d'euros de dépréciation d'actifs

 |   |  631  mots
Cette dépréciation d'actifs, effectuée sur la base d'une simulation de ce qu'ils vaudront dans 15 ans, sera de 9,6 milliards d'euros pour SNCF Réseau (infrastructures ferroviaires), de 2,2 milliards d'euros pour SNCF Mobilités (trains) et de 450 millions d'euros pour les gares.
Cette dépréciation d'actifs, effectuée sur la base d'une simulation de ce qu'ils vaudront dans 15 ans, sera de 9,6 milliards d'euros pour SNCF Réseau (infrastructures ferroviaires), de 2,2 milliards d'euros pour SNCF Mobilités (trains) et de 450 millions d'euros pour les gares. (Crédits : © Jean-Paul Pelissier / Reuters)
La compagnie devrait donc enregistrer une perte record dans les résultats qu'elle publiera cette semaine. Le chiffre d'affaires est toutefois en augmentation.

La SNCF, qui doit publier ses résultats annuels cette semaine, a annoncé lundi 7 mars qu'elle allait devoir procéder à une dépréciation de ses actifs de plus de 12 milliards d'euros dans ses comptes 2015. Le groupe devrait donc enregistrer une perte nette comptable record, proche de 12 milliards d'euros pour cet exercice.

Cette dépréciation d'actifs, effectuée sur la base d'une simulation de ce qu'ils vaudront dans 15 ans, sera de 9,6 milliards d'euros pour SNCF Réseau (infrastructures ferroviaires), de 2,2 milliards d'euros pour SNCF Mobilités (trains) et de 450 millions d'euros pour les gares. La valeur de Réseau passe ainsi de 43 milliards à 33 milliards après évaluation des commissaires aux comptes.

Le groupe s'est toutefois voulu rassurant, soulignant qu'il n'allait "pas sortir un euro des caisses" et que cela "ne compromettait en rien la trésorerie ou la capacité d'investissement", notamment pour le TGV du futur.

La concurrence d'autres modes de transport en hausse

La dépréciation de la valeur des actifs de SNCF Mobilités, qui équivaut à celle des rames TGV, s'explique pour moitié par "des baisses de prévision de trafic dues à la montée de la concurrence d'autres modes de transports comme le covoiturage, le 'low cost' aérien, ou l'autobus", a précisé à l'AFP un porte-parole du groupe. Pour faire face à cette concurrence, la SNCF a en effet décidé de ne pas augmenter les tarifs moyens des billets TGV "loisirs" dans les années à venir.

"L'autre moitié est liée à l'effet du contrat du TGV Tours-Bordeaux, sur lequel nous avons expliqué que nous allions perdre de l'argent, ce qui ramène à zéro la valeur des rames du point de vue du bilan", a ajouté ce porte-parole.

La dépréciation des actifs de SNCF Réseau s'explique elle par une prise en compte d'un contexte économique difficile, qui aura un impact sur le nombre de trains en circulation, ainsi que par des scénarios de péages "moins optimistes" que précédemment. SNCF Réseau tire en effet une bonne partie de ses recettes des redevances payées par les compagnies ferroviaires pour faire circuler leurs trains.

Le résultat opérationnel positif

Depuis l'entrée en vigueur de la réforme ferroviaire le 1er juillet 2015, la SNCF publie pour la première fois des résultats consolidés, qui regroupent ceux de SNCF Réseau et SNCF Mobilités. Ce regroupement a conduit à harmoniser les projections d'activité et de trafic, donc de recettes, du groupe.

"Cette réconciliation, plus le fait que le contexte économique n'a pas été en s'améliorant ces derniers mois, nous a amenés à faire un recalage technique qui nous conduit à passer une dépréciation comptable", a précisé le porte-parole, assurant toutefois que les résultats opérationnels ne sont eux "pas touchés".

"Dans Réseau, on est face à un monopole public qui n'a pas les mêmes objectifs de rentabilité qu'une entreprise normale, et ça, les normes comptables n'en rendent pas compte", assure le porte-parole, ajoutant que la valeur des actifs pourrait très bien être "revue à la hausse dans un an", ce qui a déjà été le cas par le passé. Le groupe enregistre un résultat opérationnel net positif de 377 millions d'euros pour 2015. "Nous avons bénéficié d'une croissance de notre chiffre d'affaires de 5%, et de 1% à périmètre constant, ce malgré le contexte qui n'est pas facile", a précisé le porte-parole.

Le chiffre d'affaires a surtout été tiré par l'international, en augmentation de 10%, notamment par les filiales Keolis (transport urbain), Geodis (logistique) et Systra (ingénierie). Le trafic TGV est par ailleurs en croissance de 0,5% pour 2015. La dette s'élève elle à 42 milliards d'euros pour SNCF Réseau et à environ 8 milliards d'euros pour SNCF Mobilités.

Réagir

Votre email ne sera pas affiché publiquement
Tous les champs sont obligatoires

Commentaires
a écrit le 08/03/2016 à 20:07 :
Franchement, anticiper sur la valeur d'une entreprise dans 15 ans, ce n'est pas raisonnable. Qui sait ce que vaudront le pétrole et l’électricité dans 15 ans? et dans quel état sera le réseau autoroutier laissé aux mains des spéculateurs et des routes laissées aux régions qui n'ont pas les moyens de les entretenir?

Rien n'est écrit. Il suffirait d'un gouvernement décidé à promouvoir efficacement les transports par rail (et par voies navigables) et d'une direction plus axée sur le service client que la rentabilité à court terme pour que le rail reprenne des couleurs. On voit bien que les TER, depuis que les régions en ont pris la responsabilité, sont devenus des outils fondamentaux du développement des territoires économiques via les transports du personnel et ont pris de la valeur.

Idem pour les gares. On a choisi de les rendre glaciales et inhospitalières pour chasser les mendiants, ont pourrait leur redonner une fonction commerciale évidente avec des bureaux de poste, des chambres basiques en location à la nuit pour les voyageurs en transit, etc etc.

La tyrannie des financiers est fatiguante, d'autant plus que rien ne justifie qu'on y cède.
a écrit le 08/03/2016 à 18:14 :
En compta, les dépréciations/amortissements se font chaque année de manière linéaire en fonction du la durée de vie d'un bien et non pas une fois tout les 10 ans à coup de 12 Mia. et les autres années on montre un bénéfice afin d'augmenter son bonus. Ceci peut s'approcher de l'escroquerie.
a écrit le 08/03/2016 à 17:38 :
Je ne peux pas dire mieux, à quand la remise en cause de ces fonctionnements de type élitisme et incompétent issu de l'oligarchie parisienne
a écrit le 08/03/2016 à 15:20 :
Cette perte, cela veut il dire que nos infrastructures, nos gares, nos trains valent moins cher du jour au lendemain ? Qu'aujourd'hui, elles valent 100 et que demain elles ne vaudront plus que 88 ?
Il ne s'agit que d'une écriture comptable dans un bilan.
Il est vrai que l'entretien des rails semble laisser à désirer au vu de l'actualité, et que construire des nouvelles lignes à perte n'est pas rentable.
Le souci, c'est que si la SNCF veut emprunter, ce truc ne va pas être un argument de négociation très positif dans son argumentation !
a écrit le 08/03/2016 à 14:21 :
Pourquoi est-ce que je me pose la question de savoir si cette "dépréciation" n'est pas FAITE pour privatiser à prix bradé..??? Nonouaich..??
a écrit le 08/03/2016 à 13:40 :
les pertes de la sncf sont purement speculative
comme le tunnel sous la manche a ses débuts
il suffit de deprecie les valeurs d'actif pour demander une augmentation des tarifs
c'est une entreprise sous cette forme facile a gerer
il la considere comme une communeet non comme une entreprise
idem pour l'edf
a écrit le 08/03/2016 à 11:00 :
Et qui va devoir payer pour tout ça ? Suivez mon regard ! Mais bon, rien de très étonnant, ce pays fonctionne depuis 30 ans selon le mode "après moi le déluge". Ce serait si difficile de ne garder que le réseau ferré public et de privatiser (sous conditions à l'inverse du Royaume-Uni) tout le reste ?? Savoir que je vais devoir payer pour une SNCF qui trouve tous les prétextes pour faire grève, qui ne connaît absolument pas la notion de satisfaction client et qui en plus jette l'argent par les fenêtres aux frais de la princesse, ça commence à bien faire !
a écrit le 08/03/2016 à 10:28 :
La SNCF rend un service efficace et pas chère dans le transport de passagers. Les bus c'est dangereux et ça encombre les routes autant que les camions .Le transport ferroviaire a son avenir devant lui ,c'est le seul capable d'assurer le transport de masse vers une destination pour les vacances .
Réponse de le 08/03/2016 à 17:34 :
Transport pas cher ! Il faut le dire vite (vous devez sûrement être de la sncf, sénateur, etc). Si nous devrions analyser la prestation à la hauteur du prix, il me semble que nous devrions tout simplement supprimer la sncf et mettre à disposition l'ensemble du réseau aux acteurs privés.....
a écrit le 08/03/2016 à 9:37 :
L'état a bien cassé le train afin de ne pas ralentir les multinationales pétrolières, plus vieux et gros lobby mondiale, celui qui est tellement puissant qu'il stoppe, grâce à sa main invisible, le cours du pétrole quand il descend.

Du coup comptez plus de 200 euros pour un billet Toulouse-Lille et comptez pas revenir avec une telle somme par contre les trains sont vides, personne n'a envie de prendre un crédit à la consommation pour voyager, bah tant pis on prend la voiture du coup hein comme ça on achète de l'essence on fait fonctionner les péages et-c... bref on engraisse les multinationales du fric, encore et toujours

Les actionnaires sont contents leurs politiciens font du bon boulot il n'y a pas à dire.
a écrit le 08/03/2016 à 9:17 :
Un élément de taille à garder en mémoire : le seul et unique actionnaire du groupe public ferroviaire Français (GPF) est l'Etat.
C'est le même qui d'un côté lance les autocars tous azimuts y compris le long des voies ferrées au lieu d'opérer une réelle politique de COMPLÉMENTARITÉ entre modes et de l'autre lance la construction de lignes TGV qui n'auront jamais leur équilibre financier !
A ce sujet , l'ardoise financière se révélera dès 2017 , date à laquelle les trois PPP ( Sud Europe Aquitaine , Bretagne et contournement de Nîmes/Montpellier) seront lancés quasi simultanément avec des projections de trafics revues fortement à la baisse
a écrit le 08/03/2016 à 8:52 :
AVEC LES ADMINISTRATIONS SANS UTILITÉS OU EN DOUBLONS ET SES FONCTIONNAIRES, LES ENTREPRISES PUBLIQUES A LA GESTION ET AU MANAGEMENT CALAMITEUX NE FONT QUE RUINES NOTRE PAYS ET ACCÉLÉRÉS SON DÉCLIN. FAUDRA-T-IL UNE RÉVOLUTION DE LA SOCIÉTÉ CIVILE POUR METTRE FIN A CETTE CASTE DE NABABS ET GABEGIE ! ?
Réponse de le 08/03/2016 à 17:59 :
Tout à fait d'accord avec vous cette économie para-étatique prend l'eau de toute part et l'Etat ne pourra plus éponger les déficits abyssaux créés par des énarques ou polytechniciens incompétents et c'est tant mieux car l'Etat en l'occurrence ce sont nous les contribuables ce modèle est à bout de course comme la France d'ailleurs.
a écrit le 08/03/2016 à 8:14 :
les ultra keynesiens et autres neo marxistes applaudissent a tt rompre ce succes de la gestion etatique ' qui n'a rien d'ultraliberal'
pas grave, on va financer ca par de la dette payee par personne que les enfants reprendront dans les gencives via de la bonne inflation juste
ah ca, c'est sur pas besoin de mechants actionnaires neo-negriers et ultra-voyous qui demandent des comptes quand on fait de facto de ses enfants des actionnaires qui paieront les pots casses sous les lecons de morale bienpensante, ca, c'est sur!

Merci pour votre commentaire. Il sera visible prochainement sous réserve de validation.

 a le à :