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La Deutsche Bahn annonce une bataille avec la SNCF

(Crédits : © 2009 Thomson Reuters)
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La compagnie publique allemande ferroviaire n'a pas l'intention de laisser sa concurrente la SNCF s'introduire sur son marché des grandes lignes.

Le ton est donné. La Deutsche Bahn prévient qu'elle ne laissera pas la SNCF chasser sur ses terres."Ce sera une bataille sanglante qui laissera des traces profondes dans les bilans" financiers a déclaré Ulrich Homburg, le responsable du transport passagers de Deutsche Bahn au journal Financial Times Deutschland.

Cette annonce intervient alors que des informations indiquaient jeudi que la SNCF prévoit d'ouvrir des liaisons interrégionales en Allemagne directement ou par l'intermédiaire de sa filiale de transport public Keolis selon le quotidien allemand "Die Welt".

En Allemagne, le marché subventionné des trains régionaux est ouvert à la concurrence. Keolis exploite déjà des liaisons locales et c'est en sa qualité d'opérateur déjà présent sur place qu'elle a fait les demandes de sillons pour les grandes lignes. Mais Ulrich Homburg ne l'entend pas ainsi et  en appelle à la chancelière Angela Merkel pour défendre la Deutsche Bahn.

Pourtant sur le plan international, la Deutsche Bahn est alliée à la SNCF pour les trains à grande vitesse passant la frontière franco-allemande. Les deux compagnies sont également associées au sein de Thalys pour Paris-Bruxelles-Cologne.
 

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Commentaires

Toto  a écrit le 05/11/2009 à 18:46 :

GASTON, vous avez entièrement raison, le principe du service public, c'est de compenser ce qui ne rapporte pas avec ce qui rapporte, en privatisant, le contribuable va payer ce qui coute, et les entreprises privées vont garder ce qui rapporte.
C'est même encore pire : les entreprises privées n'accepteront pas d'exploiter des lignes non rentables juste avec une remboursement de leur perte ! elles voudront que cela rapporte ! donc l'exploitation de ces lignes coutera plus cher...
Nous serons donc triplement perdant: sur le prix du billet, puisque les péages vont augmenter, sur les impots, et sur le manque a gagner.
C'est toute la politique de MM.Juppé , chirac, sarkozy, ... résumée en une phrase: "privatiser les bénéfices, mutualiser les pertes".

DanStras  a écrit le 05/11/2009 à 15:41 :

et en voilà une histoire, une histoire d'argent bien entendu puisque les deux entreprises font devoir s'affronter pour gagner des parts de marché. hier ces sociétés travaillaient en partenariat, on peut peut-être dire en coopération, et il existait sans doute des accords où chacun devait forcément s'y retrouver économiquement parlant. aujourd'hui, la concurrence va amener un gâchis monstre d'argent, gâchis que la technocratie libérale européenne sait générer sans jamais en assurer la responsabilité financière (responsabilité des Etats) qui restera toujours à la charge des citoyens tant français qu'allemands. il faut se poser la question du service attendu, et les mensonges sur les avantages des fonctionnaires (les employés des chemins de fer) est un miroir aux alouettes qui cachent une montagne de moins disant social dont personne ne semble en évaluer le coût !

GASTON  a écrit le 05/11/2009 à 6:23 :

Privatiser, ouvrir à la concurence est une erreur. Les société privées vont exploiter les lignes les plus rentables (lignes TGV de préférence) et ne serons pas interessées par les lignes peu ou non rentables. La SNCF équilibre ses comptes entre lignes rentables et lignes non rentables, voir déficitaires.
Avec une ouverture à la concurence, soit le contribuable paie pour le maintien des lignes non rentables, soit ces lignes sont fermées. Adieu le développement harmonieux du territoir français !

Yann  a écrit le 03/11/2009 à 22:59 :

Je ne connais pas la qualité des voyages à bord d'un train à grande vitesse de la Deutch Bahn, mais pour avoir été victime de pratiques commerciales honteuses de la SNCF et d'un service à bord désastreux, oui, j'aimerais bien avoir le choix entre la SNCF et d'autres entreprises. A quant la Deutsch Bahn pour effectuer des liaisons entre Paris et Tours???

vacma  a écrit le 03/11/2009 à 10:13 :

On va bouffer la DB: franckreich über alles !!!

citoyen67  a écrit le 02/11/2009 à 21:20 :

Dans l'article ci-après de l'Humanité le témoignage d'un salarié d'Euro Cargo Rail :







«



Des conducteurs soumis à un train d?enfer
Depuis dix jours, les salariés d?Euro Cargo Rail, filiale de fret ferroviaire de la Deutsche Bahn, se mobilisent pour l?amélioration de leurs conditions de travail.

Un conducteur d?Euro Cargo Rail a souhaité témoigner de son quotidien. Par « peur des représailles », il a demandé que son anonymat soit préservé. Interrogée par nos soins, la direction d?Euro Cargo Rail n?a pas souhaité faire de commentaire.

« Je suis entré chez Euro Cargo Rail, il y a trois ans. Ma formation de conducteur a duré une année et, depuis, je conduis des trains de marchandises dans le Grand Est. J?étais heureux d?avoir trouvé ce travail bien payé : 1 800 euros par mois, ça ne se refuse pas quand beaucoup gagnent à peine le SMIC ! J?ai très vite déchanté, tellement les conditions de travail sont dures.



Travail en horaires décalés



Je travaille en horaires décalés. C?est-à-dire que les horaires ne sont jamais les mêmes. Je peux travailler les week-ends et les jours fériés. Souvent de nuit.

Je reçois par e-mail, le vendredi ou le samedi, mon planning de la semaine. Il est rare qu?il soit respecté. Souvent, la prise de service change au dernier moment. Du coup, je ne peux pas

organiser mes temps de repos et de sommeil. Alors, prévoir des choses avec ma femme, mes enfants ou ma famille, c?est même pas la peine d?y penser !

Chez Euro Cargo Rail, on assume seul plusieurs fonctions : la conduite, la formation du convoi, les man?uvres, les essais de freinage? Pas une semaine sans qu?un incident technique ou un imprévu ne provoque un retard sur l?horaire. Mais nous devons impérativement assurer le trajet initialement prévu. Pas question d?une relève anticipée de conducteur. Résultat : les journées de travail de plus de huit heures sont légion. J?ai des collègues qui ont fait des journées de seize heures, voire vingt heures. Moi-même, je travaille régulièrement plus de douze heures d?affilée. Certains, pour gagner du temps, n?effectuent pas correctement les essais de freinage de leur train.



Code du travail non respecté



Les durées de repos minimal prévues par le Code du travail ne sont pas respectées. Il m?est souvent arrivé, par exemple, de quitter le travail à 23 heures et de me retrouver à nouveau dans une cabine à peine six heures plus tard. Les repos compensatoires ne sont jamais pris, ni payés. J?ai calculé que je totalise ainsi 700 heures dues en à peine deux ans.

Plusieurs fois, j?étais tellement fatigué à l?issue de ma journée de travail que je me suis endormi au volant de ma voiture en rentrant chez moi. J?ai manqué de peu d?avoir un accident de la route.

Il y a quelques semaines de cela, j?ai fait un malaise. En trois jours, j?avais déjà effectué plus de trente-cinq heures. Le matin, en me levant, je suis tombé. Quand j?ai repris mes esprits, j?ai quand même voulu aller au boulot. Mais ma femme m?a poussé à aller chez le médecin. J?avais 18-19 de tension. Le médecin m?a dit que j?avais fait un « burn-out ». J?étais dans un état tel d?épuisement qu?il a fortement insisté pour me mettre en arrêt. Une autre fois, j?étais tellement crevé qu?aux commandes de la machine, j?ai raté un signal. Ce sont les systèmes de sécurité qui ont stoppé le train. Après deux ans de ce régime-là, ma vie de couple et ma vie de famille sont au bord du gouffre. Ma femme supporte de moins en moins que je découche trois, voire quatre nuits par semaine à cause de mon boulot et que mes absences soient imprévisibles. Et puis, quand je suis à la maison, je n?ai qu?une seule envie : dormir ! Les enfants, je ne les supporte plus. Je leur hurle dessus à la moindre peccadille.



Sécurité des usagers



Je fais grève pour que nos patrons respectent au moins le Code du travail. Ces gens-là n?ont aucun scrupule. Leurs profits, leur fric. Ils n?en ont jamais assez. Qu?importe la santé et la sécurité de leurs salariés ou leur vie de famille. Qu?importe aussi la sécurité des populations et des usagers, du moment qu?ils continuent à amasser du pognon.

Aujourd?hui je suis révolté. J?irai jusqu?au bout. »

zizou  a écrit le 02/11/2009 à 6:47 :

Les clients ont le choix en Europe de leur compagnie aérienne pourquoi ne l'aurait il pas de leur compagnie ferroviaire pour voyager, notamment sur les grandes lignes? Et on voit que le transport aérien s'est considérablement démocratisé depuis 20 ans.

Qui voudrait revenir au monopole d' Air France avec des prix élitistes réservés aux plus aisés?

Plus de services accessibles au plus grand nombre et surtout moins chers, n'est ce pas un progrès?

Francesco  a écrit le 01/11/2009 à 22:58 :

Cet exemple démontre violemment ceci : la "concurrence libre et non faussée", clé de voute des traités de Maastricht et Lisbonne génère des guerres "sanglantes " mettant sur le carreau, salariés, services publics et usagers. La renationalisation des entreprises ferroviaires et la fin de la concurrence - retour au monopole public - sont seuls susceptible d'arréter le massacre. Ce point de vue est le même pour les Postes européennes (retour immédiat aux monopoles publics, abrogation des directives européennes de liquidation des postes) et les services publics en général.

alain de Paris-Est  a écrit le 01/11/2009 à 17:11 :

ce sont les soldats qui font la guerre et les généreaux qui récoltent les honneurs de la victoire ... les ouvriers n'auront rien à gagner de la libéralisation des transports ferroviaires . je vous prie de bien vouloir m'excuser pour ma grossièreté: j'ai prononcé le mot "ouvrier".

toto  a écrit le 01/11/2009 à 11:05 :

Pour l'instant la DB se debat avec des greves interne, une ambiance sociale deletere (en debut d'année, greve de 3 mois des des conducteurs qui reclament une augmentation de salaire de 30% (!!!) materiel en mauvais etat (300 pannes graves sur des ICE depuis juin 2007) etc.
En outre, ou vous avez vu qu'un EPIC Français ne peut pas investir a l'etranger ?? Ou qu'il fallait etre privé pour ce faire ??
LA DB a peur de la qualité de la SNCF (trés decriée en France mais trés admirée a l'étranger), de ses TER (quand 70% du parc de DB regio n'a pas de toilette a bord) et de ses TGV (400 rames, 0 accidents en 30 ans, a comparer a eschedde et au 6 rames ICE "F").
La seule chose qui péchait était le déficit de la SNCF (celui de la DB etait bien superieur (64 milliard d'euro) mais a été effacé par le gouvernement fédéral en 1994.
Avec RFF, le problème a été déplacé, mais la sncf n'en porte plus le poids.
A mon a avis, la DB a raison d'avoir peur.

nancy  a écrit le 31/10/2009 à 21:19 :

La DB a raison, la SNCF et la France avec son soi-disant service publique une supercherie syndical.

babi  a écrit le 31/10/2009 à 17:47 :

et voila le résultat de cette politique ultra-libérale qui consiste à piétiner les plates-bandes du voisin au nom de la libre concurence "imposée" par Bruxelles! Angie,Nico déconnez pas, on c'est déja foutu sur la gueule 3 fois en 75ans, vous n'allez pas nous remettre ça!

henry  a écrit le 31/10/2009 à 6:06 :

@db: La vague de libéralisation qui envahit la CE permet à la DB de travailler où elle veut; la SNCF est une entreprise qui, comme toutes les sociétés nationalisées, a vocation à travailler pour les Français exclusivement; si elle garde son statut, elle est handicapée par rapport à la concurrence et sa gestion est soumise aux volontés gouvernementales.

db  a écrit le 30/10/2009 à 16:58 :

je vois rien d'inadmissible,c'est la DB qui a ouvert les hostilités en premier en éssayant des débauchés des cadres de la sncf.rien interdit à la DB de venir conccurencer la sncf.

henry  a écrit le 30/10/2009 à 15:41 :

Il est inadmissible qu'une société qui n'appartient pas au secteur privé aille jouer ailleurs qu'en France; je ne m'oppose pas à sa privatisation, si ça peut sauver le Fret et, surtout, préserver l'emploi de ceux qui y travaillent