3 443 Pts (c)
-1,12 %
15 112 Pts (c)
-1,35 %
13 245 Pts (c)
+1,83 %
6 349 Pts (c)
-0,40 %
|
|
Claire Garnier, à Calais | 10/06/2012, 14:40 - 786 mots
Les 18 administrateurs de la SNCF, maison-mère de la compagnie SeaFrance liquidée en janvier 2012 avec 800 salariés en France, ont été convoqués en urgence à un conseil d'administration ce lundi 11 juin à 8 heures. Ordre du jour : « point sur la situation de SeaFrance »
Selon des sources concordantes proches du dossier, le conseil d'administration de la SNCF va être sollicité pour acter un abandon de créances très significatif de la SNCF, de l'ordre de 180 millions d'euros, qui comprend l'aide au sauvetage de 70 millions d'euros. Cette aide avait été acceptée par Bruxelles sous réserve d'un remboursement ultérieur de la part de SeaFrance à la SNCF.
Rebondissement de dernière heure
Il s'agit d'un rebondissement de dernière heure dans le dossier de la vente des navires de SeaFrance. Le scénario d'une vente aux enchères publiques des navires tenait en effet la corde jusqu'à la semaine dernière, l'appel d'offres du mois de mai relatif à la vente des actifs de SeaFrance s'étant soldé par des prix d'achat des navires très insuffisants pour couvrir les créances, dont celles de la SNCF. Le prix maximum avait été proposé par Eurotunnel, exploitant du lien fixe transmanche, coté en Bourse, qui, en proposant 65 millions d'euros pour le Rodin, le Berlioz et le Nord Pas de Calais, avait devancé d'un chouia l'offre concurrente de l'alliance franco-danoise Louis-Dreyfus Armateurs/DFDS. Alliance qui s'est lancée il y a trois mois, après la liquidation de SeaFrance, dans l'exploitation d'une ligne sur Calais-Douvres et emploie aujourd'hui plus de 300 salariés, majoritairement d'anciens de SeaFrance.
Eurotunnel devrait confier l'exploitation des navires à la SCOP
Une fois acquise la délibération favorable du conseil administration de la SNCF, le juge-commissaire devrait déclarer Eurotunnel bénéficiaire de l'appel d'offres du mois de mai et organiser la transaction pour l'achat des navires pour un montant de 65 millions d'euros. Une fois les navires acquis - des navires très manoeuvrants parfaitement adaptés au Détroit du Pas de Calais -, Eurotunnel devrait confier l'exploitation des navires à la SCOP, société coopérative constituée d'anciens de SeaFrance. Pour mémoire, les sociétaires de la SCOP, majoritairement adhérents au syndicat maritime nord - radié de la CFDT en mars 2012 - bénéficient d'une aide supra-légale de 25.000 euros promise par Nicolas Sarkzoy début 2012, aide destinée aux ex-salariés de SeaFrance investissant dans la SCOP ou dans une entreprise du Calaisis.
Le conseil d'administration devrait être animé
Le conseil d'administration de ce lundi matin devrait être animé, une partie des administrateurs se sentant très mal à l'aise vis-à-vis du projet de délibération qui va leur être soumis. Selon plusieurs avis recueillis par latribune.fr, il « s'agit clairement d'une manœuvre politique d'entre deux tours, dont l'objectif est de faire plaisir aux tenants du projet de SCOP ». La nouvelle devrait aller droit au cœur de Jacky Hénin, candidat communiste à Calais, dont le suppléant, Sébastien Coté, est un ancien syndicaliste CFDT-SeaFrance. Dans un tract distribué à Calais dans la nuit de vendredi à samedi 9 juin, que La Tribune s'est procuré, Jacky Hénin qualifie « d'ignoble » le « comportement de la direction de la SNCF » et « remercie publiquement le groupe Eurotunnel et particulièrement son PDG Jacques Gounon de l'implication positive qu'ils auront eu dans ce dossier ».
Les administrateurs de la SNCF voteront-ils en faveur d'une opération qui ne va pas dans le sens des intérêts de la SNCF ni de ses salariés ? Le vote favorable semble acquis du fait du poids des représentants de l'Etat dans le CA qui compte 7 représentants de l'Etat, 5 personnalités qualifiées et 6 représentants de salariés.
Ses concurrents ne se laisseront pas faire
Si Eurotunnel se retrouve propriétaire des navires de SeaFrance, ses concurrents ne se laisseront pas faire. Le britannique P&O qui exploite six ferries - dont deux géants tout neufs - sur Calais/Douvres s'est dit prêt à attaquer Eurotunnel à Bruxelles pour « abus de position dominante » si Eurotunnel mettait son projet à exécution. On peut supposer que Louis-Dreyfus/DFDS fera de même.
Ce rebondissement dans le dossier des actifs de SeaFrance surprendra plus d'un observateur. Il y a deux semaines, le nouveau ministre socialiste des transports Frederic Cuvillier avait déclaré à notre confrère Le Marin qu'il ne fallait « ni déstabiliser le marché, ni prendre le risque de se retrouver avec un nouveau SeaFrance dans deux ans. Rien ne serait pire pour la cause de l'économie sociale et solidaire (allusion au modèle de SCOP, Ndlr) qu'une reprise qui ne se trouve pas, au final, être durable ni pérenne". Comme il n'y a pas la place, en termes de marché, pour trois opérateurs maritimes entre Calais et Douvres, un opérateur devrait être sacrifié à terme. La bataille navale et judiciaire ne fait que commencer.
|
|
ex a écrit le 13/06/2012 à 07:00 :
25.000 euro mis par chacun des ouvrier ne pas oublier
Ben voilà a répondu le 13/06/2012 à 14:42:
Cela correspond exactement à l'aide "supra légale" promise par Sarkozi, donc si on remet un peu les choses en place, payées non pas par les salariés, mais bien par le contribuable (à crédit, puisque l'on croule déjà sous les dettes...). Si on y ajoute la partie visible de l'iceberg, c'est à dire les 180 M d'Euros décrits dans cet article, on arrive à quasi 300 000 Euros par salarié, et on passe sur les mois d'inactivité payés aux salariés et tout le reste... C'est tout simplement lamentable, pathétique, scandaleux... Si mon approche est inexacte, merci de me corriger !
gerardc27 a écrit le 11/06/2012 à 16:53 :
Que cherche-t-on à préserver sinon des emplois ,mais dans quelle mesure (SCOP?). Il faut arrêter de fumer la moquette. On liquide les navires et on passe à autre chose car il n'y a plus de place pour un énième opérateur. Et la SNCF de s'y retrouver
Verdam a écrit le 11/06/2012 à 16:41 :
Et quel est le rôle exact joué par le ministre de l'économie solidaire dans tout cela ?
Ben voilà a répondu le 11/06/2012 à 17:16:
Faire préparer le chèque ad-hoc, en attendant d'avoir à le signer...
Joseph a écrit le 11/06/2012 à 15:06 :
Les résultats du premier tour des élections vont-ils ramener les administrateurs a des décisions plus conformes à l'intérêt économique, (il n'y a pas de place pour un troisième opérateur, le marché Transmanche ne se développe pas par décision du Conseil d'administration, lui), pourquoi déstabiliser le marché, et à l'intérêt public, ou tout simplement au bon sens ? 150 millions d'euro, ça fait combien de rames de TGV ?
jeanba a écrit le 11/06/2012 à 15:02 :
Abandon de creance ok mais qui paye encore une fois le contribuable qui se fout de cette compagnie gerée n importe comment et ou les syndicats se sont goinfré La gestion des ste dont l etat est actionnaire est inadmissible Quel est le deficit reel de la sncf+rff+geodis et de ses filiales et c est toujours le contribuable qui paye meme parfois qui paye deux fois lorsqu il est utilisateur avec un billet qu il paye aussi et fort cher
sherpa a écrit le 11/06/2012 à 10:07 :
de toutes façons, vu que ces bateaux qui étaient censés valoir 150 millions au moins semble ne pas trouver preneur a plus de 65, elle ne sera jamais réglée, cette créance. Au moins, si la SNCF se retire, les autres créanciers, dont des PME, pourront peut être récupérer quelque chose . reste que Bruxelles - et les concurrents - vont attaquer pour subvention abusive...et qu'au final, c?est encore une fois le contribuable qui paye. Ca fait cher la liaison transmanche, par ailleurs parfaitement assurée par le marché... Dans une société normale, ce genre de décision pourrait couter très, très cher aux administrateurs...
FRED a écrit le 11/06/2012 à 08:32 :
Le président normal trouve normal d'utiliser des fonds publics ( ceux de la SNCF ) pour des raisons électoralistes ! C'est normal , non ?
Squer a écrit le 10/06/2012 à 18:03 :
Et puis quoi encore, quelqu'un controle t il l'argent public dans ce pays?
Ben voilà a répondu le 11/06/2012 à 17:14:
Bien sur que l'argent public est géré : par les syndicats, et toute une petite cour d'idéologues bien pensants, toujours prêts à partager ce qui a été prélevé aupès de ceux qui se lèvent tot et ont le droit de la fermer, le tout cautionné au plus haut niveau... Cool n'est-ce pas ??
filsdedieu a écrit le 10/06/2012 à 17:42 :
Cela ressemble à un pillage d'argent public au profit d'une société binationale cotée en bourse sous prétexte d'une vague promesse de création d'emploi (ce sera 250 au mieux et non 560). Si on ajoute l?apport de 10M euros par la région NPdC à Eurotunnel pour l?achat des navires cela fera cher la création d?emploi et le bulletin de vote supplémentaire. Finalement Monsieur Gounon devient la tête de gondole du Front de Gauche. A quand un meeting commun Mélanchon/Gounon.
cjesus a écrit le 10/06/2012 à 16:11 :
Les syndicats qui sont responsables de ce naufrage rembourseront-ils le trop perçu et les fonds détournés?
Gilles1 a écrit le 10/06/2012 à 15:29 :
Cela se terminera comme pour Lip en son temps. Qui prendra le risque d'emprunter ces rafiots ?
Ben a répondu le 10/06/2012 à 17:03:
C'est la deuxième fois que je lis un commentaire stupide de cet ordre, qualifiant les navires de SF de "rafiots". Comment peut-on passer du temps de sa vie à rédiger un commentaire aussi bête ? Je suis toujours surpris que certains lecteurs n'aient dans leur existence que ce genre de passe-temps. Vu le prix, et la bataille pour les obtenir, votre qualificatif de rafiots vraiment.... Ces navires sont parfaitement fonctionnels et bien entretenus, et si vous n'avez pas envie de les emprunter, ceux qui les rachèteront, Scop, Eurotunnel ou Louis Dreyfus, se passeront sans doute sans difficulté de votre clientèle.
Joseph a répondu le 10/06/2012 à 17:50:
Pas de problème! Un master-plan en béton, c'est blindé de professionnels du Transport Maritime... Il y a plus qu'à retrouver la clef de contact. Et vrooum!