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Qantas s'allie à Emirates: quel avenir pour le partenariat Qantas-Air France ?

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Fabrice Gliszczynski  |   -  431  mots
A la suite de l'accord colossal passé entre Emirates et Qantas, le partenariat entre la compagnie aérienne australienne et Air France est menacé. S'il s'arrêtait, la compagnie française aurait intérêt à intégrer la desserte de l'Australie dans ses négociations d'alliances avec Etihad Airways.

L'alliance stratégique annoncée ce jeudi entre Emirates et la compagnie australienne Qantas est un signal supplémentaire de la prise de pouvoir des acteurs du Golfe sur les compagnies traditionnelles. Si cet accord met fin à l'alliance Qantas-British Airways, qui envisageaient encore une fusion il y a deux ans, elle peut aussi avoir des répercussions sur Air France. Outre une concurrence énorme sur les routes reliant l'Europe à l'Asie-Pacifique, cette annonce pose évidemment la question de la pérennité du partenariat commercial entre Air France et Qantas.

Mini-hub de Singapour

Signé en 2004, il s'agit d'un accord de partage de codes (code-share), qui permet à une compagnie aérienne de commercialiser des sièges d'un avion d'un transporteur partenaire. Ainsi, les passagers d'Air France se rendant en Australie, prennent un vol Air France entre Roissy et Singapour (aéroport sur lequel Qantas dispose d'un mini-hub) puis enchaîne sur un vol de la compagnie australienne pour se rendre dans l'une des six villes australiennes couvertes par l'accord. Ce système a été étendu en 2007 au hub de Hong-Kong.

Transferts de Singapour à Dubai

L'accord entre Emirates et Qantas prévoit le transfert du hub de Qantas de Singapour vers Dubai pour ce qui est des vols en direction et en provenance de l'Europe avec à la clé des partages de codes, une harmonisation des prix et des systèmes de fidélisation. Ainsi les vols de Qantas entre Sydney et Londres, ne passeront plus par Singapour mais par Dubai. Le transporteur australien va néanmoins conserver un système de correspondances à Singapour pour les vols reliant l'Australie à l'Asie.

Etihad seule solution ?

Sera-ce suffisant pour conserver l'accord avec Air France ? Interrogés Air France, Emirates et Qantas n'étaient pas en mesure de nous répondre à l'heure où nous mettions en ligne cet article. Pour autant, plusieurs observateurs imaginaient mal Emirates accepter le maintien de l'accord Qantas-Air France. "Je doute qu'Emirates laisse Qantas libre de ses alliances", expliquait, quant à elle, une source interne à Air France.

Dans cette hypothèse, Air France serait obligée de trouver un autre partenaire pour desservir l'Australie alors qu'un retour en moyen propre serait trop coûteux. Problème, aujourd'hui les autres compagnies aériennes très fortes sur l'Australie ne sont pas dans l'orbite d'Air France. Singapore Airlines, Thai Airways, sont en effet dans Star Alliance, l'alliance de Lufthansa. La seule solution pourrait donc être d'ajouter l'Australie dans les négociations avec la compagnie d'Abu Dhabi Etihad Airways. Celle-ci met d'ailleurs les bouchées doubles en Australie, avec l'entrée dans le capital de la low-cost australienne Virgin Blue.

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Commentaires

napoleon  a écrit le 10/05/2013 à 11:30 :

AF devrait faire une alliance stratégique avec SQ pour contrer EK afin de palier
à l'axe europe australie !

Anonyme  a écrit le 06/09/2012 à 21:53 :

Et pourquoi AF-KLM n activerait elle pas une alliance avc Malaysia Airlines, déjà allée de KLM au départ d Amsterdam et toujours isolée? Malaysia pourrait d surcroît intègre Skyteam et apporter ce soutien asiatique concurrent de Singapour Airlines ou de Thaï ... Malaysia est déjà implantée sur le marché Europe / Australie et une association avec AF-KLM serait au bénéfice de tous ...

bill  a répondu le 06/09/2012 à 22:41:

Sauf que MAS est dans Oneworldn et devait d'ailleurs travailler avec Qantas

Anonyme  a répondu le 06/09/2012 à 22:55:

Qantas est dans Oneworld, pas MAS qui n'est dans aucune alliance.

lyon69  a répondu le 06/09/2012 à 23:00:

Ben justement : si Quantas s'éloigne de Oneworld pour rejoindre emirates , alors cette idée Quantas-Malaysia devient obsolète , non ?? de plus j'ai vu que malaysia avait des accords avec KLM et Alitalia entre autre ... ça ferait sens , non?

Anonyme  a répondu le 06/09/2012 à 23:17:

Tout à fait si AF change d attitude et s'allie à MAS qu'elle a repoussé pour favoriser justement Qantas et son hub de Singapour au détriment de Kuala Lumpur et MAS pour sa route australienne..
MAS collabore avec KLM au départ d'Amsterdam ( un vol quotidien par compagnie en partage de code) mais au départ de CDG ... MAS est au Terminal 1 ... Où est le problème?

pm  a répondu le 07/09/2012 à 1:38:

Ah, messieurs ! Heureusement que vos idées vont éclairer (sans nul doute) les (indigents) dirigeants de ces groupes...

lyon69  a écrit le 06/09/2012 à 20:47 :

une question bête (mais je ne suis pas un pro de l'aviation !) : AF-KLM n'aurait-elle pas intérêt à se trouver une tête de pont en Asie et se mettre en place un Hub asiatique pour se développer sur ce continent en plein Boom !! idem pour l'amérique du sud (voire faire un hub régional en Guyane ??!!). Serait-ce réaliste ??

bill  a répondu le 06/09/2012 à 22:42:

Elles sont toutes prises. Comme dit dans l'article, Thai et SQ sont dans Star.

Corso  a écrit le 06/09/2012 à 19:19 :

Quantas n'a pas vocation à demeurer une compagnie autonome. Elle rencontre en effet plein de problèmes grèves, condamnation pour entente sur les prix et si le pays est grand, la population est faible et la concurrence locale nombreuse. Quantas a cherché son salut à l'international par une commande de 20 A380 qui lui donnaient un avantage de poids avec ses 450 sièges. mais Les livraisons tirent à leur fin -reste 6- il lui sera dur de rentabiliser cette flotte qui l'était jusqu'à présent par le crédit roulant consenti. Les "gates" seront donc vendues s'il ya accord avec un autre partenaire. L'offre de flux concerne aussi différentes petites compagnies intérieures aux deux destinations voire américaines. Par ailleurs la France est très proche des compagnies du Golfe qui trouvent des financements particulièrement auprès du Crédit Agricole pour l'achat des Airbus A380 au consosrtium Franco-Allemand. Quelque soient les accords, Lufthansa n'est pas non plus l'ennemi de la société aérienne française mais principalement une sorte de partenaire particulier et challenger à la fois. Le poids important d'Air France qui compte 100 millions de passagers environs par rapport à Etihad qui en fait 40 avec Air Berlin pourrait justifier l'entrée d'autres partenaires et voir des solutions plus franches se dessiner. Emirates de son côté doit pouvoir remplir ses 22 Airbus A380 en service et prévoir des accords pour les 68 autres dont les livraisons se déclinent à la cadence d'un métronome. Un gentil cartel en perspective.

pm  a répondu le 07/09/2012 à 1:48:

Enfin quelqu'un qui connait le sujet. De toutes façons, les "cartels" se créent à marche forcée; voir aux USA où il n'y aura bien plus que 2 "majors" au lieu d'une dizaine il y a 20ans. Moins on est de fous... plus on s'arrange. Comme vous le dîtes, nous sommes en phase de gonflement de l'offre, face à une demande qui, au mieux, stagne. De toutes façons, Qantas (il n'y a jamais eu de U) n'est pas un problème. Le trafic entre la France et Down Under ne "nourrirait" pas un avion; a fortiori un 380... Le marché où il faut être c'est l'Asie.

eurofederal  a écrit le 06/09/2012 à 19:07 :

Cette alliance était prévisible..... Elle ouvre un boulevard entre l'EU et l'Australie.....Pauvre AF-KLM..... elle ferait mieux de choisir ses ami(e)s....BA est la seule compagnie européenne à deservir l'Australie ; AF n'est pas compétitive quand Emirates ou Qantas propose des siège à 1000 euros, AF offre les siens à 1400, voire 1500... pas tenable.