Déplafonnement d'Orly, et si une porte s'ouvrait ?

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(Crédits : AFP)
Le président de l'Acnusa, autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires, estime que si les acteurs du transport aérien peuvent s'engager sur une diminution du bruit, une augmentation du trafic est possible. Une première dans le dialogue de sourds qui oppose partisans et opposants au déplafonnement d'Orly depuis 20 ans.

 Vingt ans de tensions et d'incompréhension mutuelle. Vingt ans que le débat sur le déplafonnement d'Orly tourne au dialogue de sourds entre (schématiquement) les riverains et élus des communes proches de l'aéroport du sud parisien d'un côté, et de nombreux acteurs du transport aérien et agents économiques de l'autre Pour les premiers, pas question de remettre en question le plafond de 250.000 mouvements (atterrissages, décollages) annuels mis en vigueur en 1994, pour ne pas accroître les nuisances sonores. Pour les seconds, le niveau de bruit ayant baissé depuis 1994 en raison de la modernisation des flottes d'avions, le plafond pourrait être relevé voire supprimé pour permettre de profiter du potentiel de croissance d'Orly, lequel peut absorber au moins 450.000 mouvements annuels. Pour donner du poids à leur argumentation, ils rappellent les effets bénéfiques d'une hausse du trafic sur l'emploi pour les communes avoisinantes de l'aéroport.

"Pas de remise en cause du statu quo

Un dossier sensible condamné au statu quo. "Aucun ministre ne remettra en cause le plafonnement d'Orly, c'est trop casse gueule", expliquait récemment un acteur du secteur. Frédéric Cuvillier, le ministre actuel des transports, ne veut d'ailleurs y toucher.

"Le ministre ne veut pas toucher au statu quo", a rappelé avec fermeté un membre de son ministère la semaine dernière, lors de l'assemblée générale du Board Airlines representatives (BAR), l'association de compagnies étrangères en France (Air France en fait aussi partie), où, de manière complètement improvisée, le jeu des questions-réponses a fait dévier le débat sur la question du plafonnement d'Orly.

L'Acnusa, un acteur clé

Généralement, le débat sur ce sujet complexe tourne court. Mais pour une fois quelqu'un l'a abordé sans tabou en essayant d'avoir une vision globale.  Il s'agit de Victor Haïm, un ancien magistrat, aujourd'hui président de l'Acnusa, l'autorité de contrôle des nuisances aéroportuaires. Un acteur clé, légitime aux yeux des associations de riverains.

"Si on peut s'engager auprès des riverains sur une diminution du bruit, on peut avoir une augmentation du trafic", a-t-il déclaré, rappelant que le trafic pourrait doubler d'ici à 2030.

"Contreparties"

Bigre ! Jamais ses prédécesseurs n'avaient tenu un tel discours. Interrogé en aparté, Victor Haïm a plaidé "pour une solution où les riverains et les collectivités locales sont gagnants". Qu'ils aient des contreparties. Pour garantir moins de bruits, il a évoqué la définition d'un seuil de baisse de bruit et la sortie des avions les plus bruyants. Des mesures qui doivent s'accompagner d'autres contreparties pour les riverains et les communes pour que celles-ci n'aient pas que des inconvénients mais aussi des bénéfices. L'intérêt des riverains est au centre des préoccupations de Victor Haïm.

"Si le trafic double d'ici à 2030, je crains que les politiques fassent un jour sauter le verrou d'Orly au détriment des riverains".

Faut-il y voir "l'esquisse du début d'un commencement d'un éventuel" déplafonnement d'Orly ? Peut être. 

 

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Commentaires
a écrit le 03/10/2014 à 10:33 :
Qui dit « déplafonnement » dit « remise en cause du couvre feu », ce dernier étant essentiel afin d’assurer des nuits réparatrices aux enfants des familles logeant à proximité de l’aéroport. Les nuisances sonores nocturnes pouvant entrainer de nombreux effets délétères (sur le système endocrinien, sur le système immunitaire…). Bien entendu, avant l’achat d’un bien immobilier sur les communes impacté par les nuisances sonores générés par l’aéroport d’Orly, les futurs propriétaires prennent leur décision en toute connaissance de cause, conscients des inconvénients et des avantages (prix intéressant et couvre feu…) et estimant pouvoir vivre décemment sous ces conditions. Remettre en questions ces conditions (dont le couvre feu) serait considéré comme un préjudice fatal et lourd de conséquence pour des dizaines de millier de familles. Les questions d’ordre économique sont importantes mais les questions de justice sociale et sanitaire le sont encore plus. Par exemple, les normes sanitaires et phytosanitaires, bien qu’un frein en matière de productivité pour certaines entreprises, sont la pour protéger les citoyens de toutes dérives.
La densification de l’urbanisation de la région parisienne augmentant de manière exponentielle, il serait temps d’envisager un éloignement de cet aéroport enclavé et amener à l’être de plus en plus.
a écrit le 31/01/2014 à 22:38 :
sur un site d'une association de riverains il y a une réponse à ce Monsieur.
allez voir www.ufcna.eu le "Communiqué de l'UFCNA "
a écrit le 30/01/2014 à 15:13 :
Déplorable ce Monsieur Haïm !
il n'a rien compris à son rôle ou alors il est grassement payé par les aéroports et les compagnies aériennes;
Il faut le sortir immédiatement
Il faut que les riverains aient une place au sein de l'ACNUSA
a écrit le 28/01/2014 à 16:34 :
Enfin un commentaire plein de bon sens ! Orly est un très vieil aéroport, et la densité du tissu urbain autour de la zone n’a cessé d’augmenter, en toute connaissance de cause pour les populations qui s’y sont installées, les prix immobiliers y étant naturellement plus bas. D’autant que des efforts considérables en matière d’insonorisation ont été réalisés pour les zones les plus exposées, et que les contraintes de vols/survols sont nombreuses. C’est comme la voiture, que l’on empêche de plus en plus de circuler dans les grandes agglomérations notamment, et on s’étonne ensuite que l’industrie automobile ne marche pas, que Peugeot délocalise ses usines ou licencie du personnel…
Réponse de le 31/01/2014 à 13:53 :
Renseignez-vous avant d'affirmer.
Vous n'habitez sûrement pas près d'Orly pour sortir des âneries pareilles.
Réponse de le 31/01/2014 à 22:41 :
les prix y sont plus bas parce que les biens immobiliers sont victimes des nuisances qui dégradent la valeur des biens des propriétaires.
On ne peut pas opposer le bruit à la vie tranquille des riverains qui doit être la priorité.
Réponse de le 04/02/2014 à 19:36 :
Je ne peux pas donner mon avis sous prétexte que je ne vis pas à Orly ? Ca c’est de la démocratie. Essayez d’argumenter au lieu d’insulter vos interlocuteurs. Je ne nie en aucun cas la gêne et les nuisances que subissent les riverains, mais Orly est un aéroport historique, c’est un fait indéniable. De part sa situation géographique et sa taille humaine (contrairement à CDG), c’est un vivier pour l’économie et l’emploi du sud Francilien. Et je persiste, mais l’urbanisme autour de l’aéroport n’a pas cessé de se densifier au fil des années : les terrains rendus constructibles en périphérie de la zone aéroportuaire ont été vendus moins cher qu’ailleurs à cause des nuisances, et les biens immobiliers qui y ont pris place se sont nécessairement dégradés, simple bon sens… D’autant que la motorisation des avions à fait d’énormes progrès, nous ne sommes plus au temps des vieux B747, DC10, DC8 ou autres B707. Donc on fait quoi ? On délocalise et on contraint des milliers de gens au chômage, qui plus est dans la période actuelle ? La France et ses contradictions…
Réponse de le 05/02/2014 à 13:15 :
Je ne peux pas donner mon avis sous prétexte que je ne vis pas à Orly ? Ca c’est de la démocratie. Essayez d’argumenter au lieu d’ « insulter » vos interlocuteurs. Je ne nie en aucun cas la gêne et les nuisances que subissent les riverains, mais Orly est un aéroport historique, c’est un fait indéniable. De part sa situation géographique et sa taille humaine (contrairement à CDG), c’est un vivier pour l’économie et l’emploi du sud Francilien. Et je persiste, mais l’urbanisme autour de l’aéroport n’a pas cessé de se densifier au fil des années : les terrains rendus constructibles en périphérie de la zone aéroportuaire ont été vendus moins cher qu’ailleurs à cause des nuisances, et les biens immobiliers qui y ont pris place se sont nécessairement dégradés, simple bon sens… D’autant que la motorisation des avions à fait d’énormes progrès, nous ne sommes plus au temps des vieux B747, DC10, DC8 ou autres B707. Donc on fait quoi ? On délocalise et on contraint des milliers de gens au chômage, qui plus est dans la période actuelle ? La France et ses contradictions…
a écrit le 28/01/2014 à 0:23 :
L'ACNUSA est, par ses statuts, une autorité indépendante (de tous les lobbys donc) en charge de la surveillance des nuisances environnementales générées par le transport aérien sur et autour des aéroports.
Des textes juridiques réglementent les conditions d'exploitation de l'aéroport d'Orly.
Le Président de l'Acnusa, devrait plutôt occuper son énergie, en agissant auprès de la DGAC et des compagnies aériennes pour qu'elles respectent mieux les riverains d'Orly,
Les sujets ne manquent pas : sensibilisation aux procédures de moindre bruit des compagnies, lutte contre les déviations de trajectoire des avions récurrentes, respect du couvre-feu (trop nombreuses dérogations)...
De nombreuses communes proches d'Orly ont bien compris que l'amélioration du cadre de vie de leurs populations (en terme de bruit et de qualité de leur environnement, notamment de l'air) était primordiale et ne passait pas par un développement forcené de l'aéroport, quels qu'en soient l'impact environnemental.
Les emplois directs et indirects annoncés, liés au développement de l'aéroport sont invérifiables a priori.
Une infime partie du dynamique Pôle d'Orly est en lien direct avec l'activité aérienne. L'emploi durable, mieux qualifié et mieux payé est préférable à la précarité peu rémunérée.
Les riverains et au delà, les franciliens, confrontés à un environnement de plus en plus dégradé méritent d'être considérés : il s'agit d'un enjeu majeur de santé publique.
Les nuisances aériennes sont très largement minimisées: le feu de bois est interdit en Ile de France, le diésel accusé de tous les maux, de plus en plus taxé, mais toujours pas le kérosène en France, totalement exonéré !!!
Les principes pollueur-payeur et de précaution ne s'appliquent pas en matière de trafic aérien.
Les riverains ont des représentants associatifs, légitimes pour les représenter et parler en leur nom.
Des Elus locaux responsables, ont aussi compris quel était l'intérêt réel de leurs populations et refusent le développement à tout va d'Orly.
L'Acnusa est une institution sérieuse qui ne mérite pas de tels errements médiatiques et de telles provocations de son dirigeant.
a écrit le 27/01/2014 à 14:52 :
L'emploi, parlons-en : ADP a programmé une décroissance de 7% de son personnel entre 2010 et 2015 (c'est officiellement publié dans la presse) ! Alors, c'est quoi ce baratin ? Et certains élus (quelques-uns seulement) d'y croire en toute sérénité !!!!

Mais il y a pire : l'ignorance. Le vacarme n'est pas la seule nuisance générée par les survols d'avions : la pollution atmosphérique en est une autre, bien plus dramatique encore pour la santé. Et malgré toute la bonne volonté des motoristes, celle-là n'est pas du tout prête à diminuer. L'argent n'y changera rien et les riverains n'en veulent d'ailleurs pas, contrairement à certains élus (toujours les mêmes) peu vertueux. Alors, c'est quoi cette innocence ?

Comme l'écrit l'âne (il ne parait pas l'être tant que cela), il est temps que Monsieur le Président de l'ACNUSA prenne sa retraite ... financée par le lobby aérien ! Il semble en effet ne plus rien "contrôler".
a écrit le 27/01/2014 à 14:16 :
Une solution serait peut être de déterminer le plafond d'activités en 'cumul de décibels' plutôt qu'en nombre de rotation : si le bruit est divisé par 2, il est logique que les efforts d'investissement des compagnies pour une baisse des nuisances sonores soient remerciés par une augmentation partielle du nombre de rotation..
Réponse de le 27/01/2014 à 14:42 :
Vous habitez certainement à proximité des pistes d'Orly, d'ailleurs un jour vous êtes embauché en 5 minutes et hop, le jour suivant vous avez une entreprise avec 9 personnes. En réalité vous êtes qui! Vous vivez sur terre ou sur une autre planète.
a écrit le 27/01/2014 à 12:24 :
La tension et l'incompréhension ne sont prêtes de retomber.
Là, maintenant, les riverains vont sérieusement monter au créneau.
Des voix s'élèvent pour "démissionner" HAIM.
a écrit le 27/01/2014 à 10:33 :
Il faut délocaliser Orly à la campagne, au moins jusqu'à Notre Dame des Landes, pour le bien-être de centaines de milliers de riverains... De ceux qui n'ont pas les moyens de prendre l'avion.
Réponse de le 27/01/2014 à 12:59 :
Combien d'entre eux se sont installes avant l'agrandissement, en 1957, de cet aeroport qui existe depuis 1909?
Réponse de le 27/01/2014 à 14:19 :
Moi j'ai acheté dans une résidence juste à coté du terrain de tennis. Mais comme mes invités ne joue pas au tennis et que le tennis est bruyant, j'aimerais bien qu'on interdise de jouer le week-end !!!
Réponse de le 27/01/2014 à 14:46 :
Vous avez certainement acheté également les cours de tennis, vous le week-end vous vous occupez de votre entreprise avec vos 9 employés mais vous avez oublié que vous avez été embauché et Hop. Vous êtes sûr qu'il existe des cours de tennis près de votre résidence, difficile de vous croire.
a écrit le 27/01/2014 à 10:33 :
Il faut délocaliser Orly à la campagne, au moins jusqu'à Notre Dame des Landes, pour le bien-être de centaines de milliers de riverains... De ceux qui n'ont pas les moyens de prendre l'avion;
a écrit le 27/01/2014 à 10:28 :
Ah si on pouvait décoller d'Orly et non de Beauvais pour certaines destinations européennes !
Réponse de le 27/01/2014 à 14:27 :
On peut ! Il suffit que votre compagnie aérienne veuille bien payer le service...
Réponse de le 27/01/2014 à 16:48 :
@pm,
Ne le prenez pas mal mais vous répondez à côté de mon commentaire.
Je vous parle offres disponibles et vous me répondez allocation des créneaux.
Il n'y a plus des nouveaux créneaux disponibles. Donc si une compagnie veut actuellement desservir une destination européenne cela sera à la place d'une autre rotation. A moins d'augmenter le nombre de créneaux en déplafonnant, ce qui permettrait d'ouvrir de nouvelles rotations.

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