Air Berlin : la lettre qui peut causer des soucis à Etihad Airways

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Plusieurs porteurs d'obligations convertibles se sentent floués par la décision de la compagnie d'Abu Dhabi de cesser d'injecter des fonds dans Air Berlin comme dans un puits sans fond.
Plusieurs porteurs d'obligations convertibles se sentent floués par la décision de la compagnie d'Abu Dhabi de cesser d'injecter des fonds dans Air Berlin comme dans un puits sans fond. (Crédits : Air Berlin)
Les porteurs d'obligations convertibles émises par Air Berlin depuis fin avril pourraient attaquer en justice Etihad Airways, l'actionnaire principal de la compagnie allemande, en dépôt de bilan depuis le 15 août. Certains, ceux qui ont reprise des obligations à partir de fin avril, estiment en effet que la valeur de leurs obligations était liée à un lettre de soutien financier d'Etihad à l'égard d'Air Berlin pendant une période de 18 mois à partir du 28 avril 2017. Or, la compagnie du Golfe a cessé cet été de remettre au pot, provoquant le dépôt de bilan d'Air Berlin, et la chute de la valeur des obligations.

Si l'issue de la reprise d'Air Berlin, en dépôt de bilan depuis le 15 août, reste encore incertaine, la vague de plaintes qui se profile à l'égard d'Etihad Airways, l'actionnaire principal de la compagnie allemande (près de 30% du capital), semble en revanche une certitude.

Obligations convertibles

Plusieurs porteurs d'obligations convertibles se sentent en effet floués par la décision de la compagnie d'Abu Dhabi de cesser d'injecter des fonds dans Air Berlin, une compagnie en déficit chronique depuis une dizaine malgré les multiples renflouements d'Etihad, entré dans son capital en 2011. Et plus précisément, ceux qui ont repris des obligations à partir du 28 avril, date de la rédaction par Etihad d'une lettre à Air Berlin assurant qu'elle lui fournirait le soutien nécessaire pour lui permettre de faire face à ses obligations financières pendant 18 mois à partir du 28 avril 2017. Soit, jusqu'à fin 2018, peu après l'arrivée à maturité d'une obligation convertible de 225 millions d'euros. Une lettre dont l'existence figure dans le rapport annuel d'Air Berlin et par conséquent connue des milieux financiers.

Autrement dit, certains de ces porteurs estiment que la valeur de leurs obligations était liée à cette lettre de soutien. Or, avec le dépôt de bilan d'Air Berlin, les investisseurs ont non seulement vu la valeur de leur portefeuille chuter, mais ils risquent surtout de perdre leur mise.

Donner du temps aux négociations en cours

Interrogé par La Tribune sur ce revirement, Etihad répond qu'en avril, il a injecté à nouveau 250 millions d'euros dans Air Berlin pour l'aider à explorer de nouvelles orientations stratégiques. Toutefois, ajoute la compagnie du golfe, « la situation d'Air Berlin s'est détériorée à un rythme sans précédent, l'empêchant de mettre en place les solutions stratégiques alternatives. Dans ces conditions, en tant qu'actionnaire minoritaire, Etihad ne peut offrir un financement qui augmentera encore notre exposition financière », précise-t-elle.

Pour autant, cette justification n'enlève rien à l'existence de cette fameuse lettre. En fait, selon nos informations, celle-ci a été rédigée pour permettre aux auditeurs des comptes de donner leur quitus aux prévisions de recettes pour les 12 prochains mois, afin de donner du temps aux négociations en cours avec Lufthansa, pour la reprise à terme de l'activité nouvellement centrée à Berlin et Düsseldorf, et le groupe touristique TUI sur la création d'une compagnie touristique commune. Après l'échec des négociations avec TUI, le plan ne fut pas enclenché, et Etihad décida de débrancher Air Berlin.

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Commentaires
a écrit le 12/09/2017 à 10:40 :
Bah manipulation de cours... :)
a écrit le 12/09/2017 à 9:41 :
Il fallait avoir le goût du risque pour souscrire à des obligations de cette compagnie.

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