L'interdiction d'UberPop va raviver les tensions entre taxis et VTC

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Le véritable problème demeure, selon les taxis, le statut d'auto-entrepreneur fiscalement avantageux pour les VTC. S'il était supprimé, cela apaiserait les relations avec les taxis, et le risque d'assister à de nouvelles émeutes s'en verrait réduit.
Le véritable problème demeure, selon les taxis, le statut d'auto-entrepreneur fiscalement avantageux pour les VTC. S'il était supprimé, cela apaiserait les relations avec les taxis, et le risque d'assister à de nouvelles émeutes s'en verrait réduit. (Crédits : CHARLES PLATIAU)
Les taxis restent très remontés non pas contre les VTC qui descendent de l'historique "Grande remise", mais contre tous les "vendeurs d'applications pour smartphone". Sans parler des particuliers "qui s'improvisent chauffeurs pour arrondir leurs fins de mois", déplore la FNDT.

La décision des Sages referme un chapitre mais en rouvre un ancien. En confirmant l'interdiction d'UberPop, l'offre de transport entre particuliers à prix cassés, le Conseil constitutionnel règle certes en partie le problème du "taxi clandestin". Le service du géant américain Uber cristallisait jusqu'à présent toutes les tensions émanant aussi bien des taxis que des entreprises et plateformes de VTC (voitures de transport avec chauffeur), mais également des applications pour mobile comme Heetch et Djump -qui a préféré depuis se faire racheter par le VTCiste Chauffeur Privé.

Reste le cas de Heetch

Notons que ce dernier point peut surprendre, alors que les pouvoirs publics ont tendance à mettre UberPop, Heetch et Djump dans le même panier.... Mais quid de la toute jeune pousse Mapool -dont le modèle économique s'apparente à celui de Heetch, qui met surtout en avant (et c'est assez habile de sa part) le transport de personnes par des particuliers en moto, maintenant que le transport de personnes par des particuliers à titre onéreux est déclaré illicite, excepté pour les deux-roues... Va-t-elle pour autant arrêter son service qui fonctionne de la même façon mais avec des voitures, sachant qu'elle est soutenue par BPI France et la région Ile-de-France?

Un report de la demande

Quoi qu'il en soit, d'une certaine façon, seul le dossier "Uber" semble désormais classé. Car il reste encore à résoudre le "problème Heetch et des autres applications similaires", expose à La Tribune Didier Hogrel, président de la Fédération nationale du Taxi (FNDT). Concernant Heetch d'ailleurs, la majorité des VTC estiment également qu'un certain flou mérite d'être dissipé par l'Etat. Et pour cause, "les services de transport à titre onéreux entre particuliers cannibalisent la demande", explique à La Tribune Bertrand Altmayer, cofondateur de Marcel Chauffeur, une plateforme de mise en relation entre clients et chauffeurs de VTC professionnels. Chiffres à l'appui : le chef d'entreprise assure ainsi que depuis les dernières grèves des taxis ayant abouti à l'interdiction d'UberPop par arrêté préfectoral, Marcel a doublé sa croissance !

Ce qui n'est pas du goût des taxis. C'est le moins que l'on puisse dire. "Les taxis restent nerveux", confirme Yves Weisselberger, co-fondateur de SnapCar et président de la FFTPR -la Fédération française de transport de personne sur réservation créée par Benjamin Cardoso (Le Cab). Et pour cause, "ils n'ont toujours pas digéré l'histoire des licences de VTC", poursuit-il. A cet égard est-il besoin de rappeler toute la bataille autour d'un possible délai de 15 minutes, que les taxis voulaient faire imposer aux VTC (à la base ils souhaitaient même un délai de deux heures...), et qui avait finalement été annulé par le Conseil d'Etat en décembre?

Des textes non appliqués

Cependant les taxis n'ont pas dit leur dernier mot. Car à leurs yeux, le problème est en effet loin d'être réglé. C'est d'ailleurs pour cela que l'interdiction d'UberPop ne les satisfait que moyennement à en croire Didier Hogrel... Pour simplifier leur discours, les taxis n'admettent pas le fait de se faire concurrencer par des applications pour smartphones. "Ce que nous condamnons ce sont tous ces vendeurs d'applications pour smartphones", avertit le président de la FNDT. Et de poursuivre :

"Aujourd'hui la mode est aux transports, mais si demain la mode est à la banane, vous verrez qu'ils iront tous sur le marché de la banane !"

Les taxis condamnent notamment "la non-application des textes en vigueur", à commencer par le "stationnement des VTC dans la rue" quand ils sont censés retourner à leur base entre chaque course. Didier Hogrel lance ainsi :

"Les fédérations de taxis professionnels condamneront toujours de tels procédés !"

Le statut d'auto-entrepreneur en question

Mais surtout, "ce qui pose un réel problème, c'est le statut d'auto-entrepreneur", rappelle Didier Hogrel. "Si ce statut était interdit pour les VTC comme il l'est pour les agriculteurs, tous ceux qui en profitent pour faire un complément d'activité arrêteraient et cela limiterait la nuisance faite aux taxis", estime encore le président de la fédération. Qui va même jusqu'à déclarer :

Aujourd'hui le taxi est en train de mourir à cause des chauffeurs occasionnels."

Soulignons au passage que ce n'est pas le fait que la grande majorité des VTC soient des "indépendants" qui pose problème, puisque c'est également le cas des chauffeurs de taxis (que diraient G7 et Taxis Bleus s'il fallait salarier tous leurs "chauffeurs partenaires"...?), mais bien le statut d'auto-entrepreneur, plafonné à 32.900 euros pour les services, et fiscalement très avantageux.

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Commentaires
a écrit le 25/09/2015 à 16:08 :
L'idéologie de la mondialisation a fait perdre beaucoup à beaucoup de monde. Un petit nombre en profite encore selon les catégories mais sa masse se réduit. Il a accepté dès le début qu'un supplice de Tantale soit appliqué à ses voisins pour son profit personnel. ce n'étaient pas des gens bien, il fallait les punir.C'est que l'on nomme "l'opinion publique" autrement dit le vrai populisme. Les raisons en sont diverses, politiques, sociologiques, financières, idéologiques, chacun s'accrochant à la partie qui fait sa raison sans égard pour celle des autres. Désormais, beaucoup se sentent "déclassés" et le disent. Que ne l'ont-ils fait avant pour d'autres lorsqu'ils ne se sentaient pas concernés ? Sont-ils à leur tour devenus des gesn pas bien ? Ainsi l'on néchappe pas à l'avancée du processus que l'on provoque soit même. Victor Hugo qui n'est pas mon ami, disait déjà "Le progrès roue à deux engrenages, faisant avancer quelque chose en écrasant quelqu'un." Les taxis sont concernés comme tous. Ils ne seront pas les seuls. Les bistrots et la License IV aussi avec les ventes d'alcool par Amazon. Pourra-t-on se réunir dans une librairie et faire venir des boissons ? Le débitant étant seul l'américain et le commerçant l'hôte accueillant ? La réalité est qu'une recette financière trouve désormais un seuil de franchise, gratuite à toute charge, plus ou moins bas, constituant alors un complément ou un palitif de salaire, qu'il faut prendre en considération. Concrètement ce que les allemands appellent le "Kurt Arbeit", le travail improvisé, sans garantie. Il se trouve qu'énormément de personnes en sont désormais tributaires et que cette masse impacte mathématiquement tous les autres. En somme des vases communiquants (c'est le cas de le dire) de la pauvreté. Nous voulions partager avec les migrants ? En voilà une autre forme.
a écrit le 25/09/2015 à 16:03 :
Interdiction d'Uber en France, dictat des taxis les plus impopulaires de la planète dans un pays touristique... Et bien... J'ai personellement trouvé la solution. Je ne viens plus en France. Quitte à revenir a l'âge a pierre, autant re-introduire les taxis à cheval, au moins ca ajouterait un peu de charme!
Réponse de le 25/09/2015 à 23:35 :
Ne pas revenir en France a cause des taxis.
Ça c'est une vraie raison!!
Quoi d'autre ?
a écrit le 25/09/2015 à 14:20 :
comme d habitude les gens parlent sans savoir de quoi il est question ! tous ceux qui postent doivent jeter un œil sur la loi thevenou ... les taxis à partir de ce mois ci doivent être équipés obligatoirement d 'un terminal CB...pour l économie de partage gabuzo tu n as rien compris... quel est le partage avec uber ! tu payes un service ni plus ni moins ! il n y a pas de partage !!! le partage c est l auto stop !!! ton pouce levé en l air ... pas de commissions, pas de note... de plus Uber conduit votre argent des Pays-Bas aux Bermudes... réveillez vous !!
Réponse de le 28/09/2015 à 12:10 :
on s'en fout ou va l'argent tant que le service rendu nous convient ...
a écrit le 25/09/2015 à 14:20 :
comme d habitude les gens parlent sans savoir de quoi il est question ! tous ceux qui postent doivent jeter un œil sur la loi thevenou ... les taxis à partir de ce mois ci doivent être équipés obligatoirement d 'un terminal CB...pour l économie de partage gabuzo tu n as rien compris... quel est le partage avec uber ! tu payes un service ni plus ni moins ! il n y a pas de partage !!! le partage c est l auto stop !!! ton pouce levé en l air ... pas de commissions, pas de note... de plus Uber conduit votre argent des Pays-Bas aux Bermudes... réveillez vous !!
Réponse de le 28/09/2015 à 11:11 :
@el diablo je ne comprends votre remarque sur le partage je n'en ai pas parlé je faisais référence à la règlementation corporatiste et archaïque de cette profession qui doit être remise au goût du jour
a écrit le 25/09/2015 à 12:29 :
Le statut des taxis à règlementation archaïque craque de touts côtés et l'hypocrisie règne à fonds comme dans notre société d'une façon générale. Tout le monde sait que le black est la règle dans le métier tout le monde sait que le prix des taxis ne découle pas de la loi du marché mais du blocage fait par la profession. Sur le fonds est-il normal que certains arrivent à vendre des autorisations de stationnement qui leur ont été concédées gratuitement? Il faut arrêter cette hypocrisie et les acquéreurs de licences doivent refuser les prix aberrants proposés par les vendeurs en étant conscients qu'autrement ils seront les pigeons! Et a l'Etat d'assumer en calmant les taxis. mais quant on voit comment l'Etat de droit s'est "couché" devant les gens du voyage qui ont bloqué récemment une autoroute ont peut douter de la détermination de ce gouvernement!
a écrit le 25/09/2015 à 12:14 :
Ne bloquons pas la voie de l’économie du partage

Interdire ces nouveaux business collaboratifs c’est refuser l’avenir. Mais il faut toutefois prévoir un cadre juridique clair, qui assure la sécurité des utilisateurs – ici, les voyageurs – et la protection sociale des opérateurs – ici, les conducteurs.
Ils permettent à la France de prendre le virage d’une nouvelle croissance. Et du point de vue de l’emploi, de plus en plus de chômeurs et de salariés s’orientent vers l’entrepreneuriat. Tout le monde est en quête de « vivre mieux », avec moins de contraintes. Quand la France compte plus de 3 millions de chômeurs, soutenons les personnes qui se lancent dans l’aventure entrepreneuriale et créent leur propre emploi.

Pour plus d’informations : http://www.croissanceplus.com/wp-content/uploads/2015/09/CP-%C3%A9conomie-de-partage-23SEPT15.pdf
a écrit le 25/09/2015 à 9:25 :
Franchement qui va pleurer si les taxis qui cassent tout pour faire plier le gouvernement se font eliminer par la concurrence ?
C est quand meme hilarant de voir ceux ci hurler a la concurrence fiscale deloyale des VTC alors que les taxis refusent souvent les paiements en autre chose que du liquide
Réponse de le 27/09/2015 à 10:20 :
Tu subira exactement le même sort que les Taxis cela n'est qu'une question de temps.
a écrit le 25/09/2015 à 8:26 :
Goethe, qui n était pas qu' un merveilleux poète , était aussi un scientifique. Dans son étude sur la morphologie des plantes, il recherchait une plante typique (Urpflänze,) c est a dire une sorte de résumé synoptique de toutes les plantes possibles.
Il n' a jamais trouvé dans la réalité une telle plante, mais il était arrivé a la conclusion que la plante , à tous ses stades morphologiques (de graine a fruit en passant par bourgeon,), pouvait être comme aspect du phénomène typique : "feuille".

Selon cette analogie, le phénomène typique après lequel courent taxis et juristes, est un langage, intelligence artificielle qui s' adapte, comme le fait un argument face a un autre argument. On assiste a une conversation.
Le seul petit souci, est que les humains sont limités par leurs contraintes éthiques et morales entrainant une obligation de solidarité entre eux (taxes, impots, déontologie, don-contre don...) que l' intelligence artificielle d' aujourd'hui n' a pas...encore ?
Un autre petit souci, peut être, est que l' intelligence artificielle automatisée calcule plus vite (argumente plus vite) que l' humain lambda mal organisé.

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