La SNCF renoue avec les bénéfices en 2016, après une perte colossale en 2015

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En prenant en compte les départs, les effectifs du groupe sont restés globalement stables, malgré la suppression de plus de 1.800 postes dans la branche Mobilités.
En prenant en compte les départs, les effectifs du groupe sont restés globalement stables, malgré la suppression de plus de 1.800 postes dans la branche Mobilités. (Crédits : JACKY NAEGELEN)
Le groupe ferroviaire a enregistré une progression de son chiffre d'affaires de 2,8%, avec un bénéfice net de 567 millions d'euros. Et ce malgré l'impact des attentats et de la crise des céréales.

Sortie de tunnel pour la SNCF. Le groupe ferroviaire est en effet redevenu bénéficiaire en 2016, avec un bénéfice net de 567 millions d'euros, alors qu'il avait enregistré l'année précédente une perte colossale de 12,2 milliards d'euros, liée à des dépréciations d'actifs.

Le chiffre d'affaires du groupe a progressé de 2,8% l'an dernier, à 32,3 milliards d'euros grâce notamment à l'acquisition du logisticien américain OHL fin 2015, devenu depuis Logistics America. En effet un tiers du chiffre est réalisé à l'international, via notamment les filiales SNCF Logistics (10 milliards d'euros dont 55% en dehors de l'Hexagone), et SNCF Keolis (4,9 milliards d'euros dont la moitié provient de l'étranger). Cela dit, à périmètre et taux de change constants, le chiffre d'affaires est en réalité en baisse de 1,5%.

Et pour cause, un contexte encore morose en France ainsi que la concurrence agressive de l'aérien et du co-voiturage, compte tenu des bas prix du pétrole, ont pesé sur la SNCF. Guillaume Pepy, le président du groupe a également évoqué lundi, lors de la présentation des résultats à la presse, l'impact des attentats, des grèves et "de la pire récolte céréalière depuis 50 ans". La SNCF évalue ainsi à 700 millions d'euros l'impact des attentats, des grèves, des inondations, et de la crise de l'acier et des céréales, mais indique l'avoir compensé par 825 millions d'euros de gains de productivité, supérieurs aux prévisions (750 millions), grâce aux plans de performance. Guillaume Pepy précise :

"Nous poursuivons notre développement en allant chercher la croissance où elle se trouve."

Le chiffre d'affaires des activités voyageurs augmente de 1,1%, à 15,1 milliards d'euros, et les trafics TGV sont en croissance de 1,9% hors grèves. Mais les offres low-cost (TGV Ouigo, autocars Ouibus et covoiturage Ouicar) ont transporté 76% de voyageurs en plus.

Marge opérationnelle en baisse

Cela dit, la marge opérationnelle, indicateur privilégié du groupe pour mesurer ses performances, en baisse de 300 millions d'euros, a atteint 4,1 milliards d'euros, en diminution par rapport à 2015, "principalement du fait de la baisse de rentabilité des activités ferroviaires voyageurs", explique la SNCF.

Quant à la dette du groupe, elle grimpe toujours, passant de 50,1 milliards d'euros fin 2015 à 52,8 milliards fin 2016 (7,9 milliards d'euros pour l'opérateur SNCF Mobilités, 44,9 milliards pour le gestionnaire de réseau SNCF Réseau).

Cependant, Guillaume Pepy a évoqué "un effort d'investissement sans précédent". Le groupe a ainsi investi un total de 8,6 milliards d'euros. Un chiffre en hausse par rapport à 2015 (8,2 milliards), mais inférieur aux 9 milliards prévus. Cela représente "25% du chiffre d'affaires", souligne Guillaume Pepy.

L'entreprise publique a également procédé à 12.426 recrutements, tous en CDI ou au statut de cheminot. En prenant en compte les départs, les effectifs du groupe sont restés globalement stables, malgré la suppression de plus de 1.800 postes dans la branche Mobilités.

Pour 2017, la SNCF se montre prudente et table sur une croissance "modérée" de son chiffre d'affaires, avec, cependant, de "forts gains d'efficacité". Les investissements devraient s'élever à 9 milliards d'euros, dont 60% sur fonds propres SNCF.

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a écrit le 27/02/2017 à 19:42 :
Très bien, maintenant reste à investir massivement dans l'entretien et le renouvellement du matériel de traction ....et dans l'organisation des dépannages !!!!
4 heures de retard sur un trajet de 5 h 25 cela fait beaucoup ...qui plus est quand la motrice de secours se trouve à 3 kilomètres ( une demie heure ) ...et qu'au final la sncf rembourse 75% du billet à titre de dédommagement ....
Conclusion: peut mieux faire !!!! ... à condition que les syndicats le veuillent bien ???
a écrit le 27/02/2017 à 18:20 :
La SNCF renoue avec les bénéfices en 2016. Avec ce que les Régions lui versent en subventions pour un résultat nul, elle ne peut faire que des bénéfices la SNCF.
a écrit le 27/02/2017 à 17:28 :
Combien la dette de la SNCF ? elle grimpe toujours...toujours, passant de 50,1 milliards d'euros fin 2015 à 52,8 milliards fin 2016...
a écrit le 27/02/2017 à 17:05 :
Le fret, le fret et le fret.
La SNCF ne se positionne pas où elle devrait être présente.
Les voyageurs ne devraient être le n°2 de son activité, c'est le fret qui aurait dû depuis longtemps être le n° 1 dans son cahier des charges.
C'est un échec cuisant dans ce domaine dont personne ne parle plus.
Elle ne survivra que si elle prend une part importante du fret dans son chiffre d'affaire, sinon elle sera démantelée et disparaîtra peut-être un jour.
Le développement durable, l'écologie justifient ce développement, quand on sait que l'on va construire une ligne à grande vitesse LyonTurin( qui elle n'est par ailleurs pas écologique) à grands frais.
Si ce n'est pas la SNCF ou ses filiales qui l'empruntent, ce sera sa disparition pure et simple et le chemin de fer ne pourra pas éviter le passage au privé.
Tous les acteurs de la SNCF, les salariés en premier doivent participer à ce développement...et laisser de côté quelques vieux principes du début XXème si besoin.
Même combat pour Air France, l'heure est aux choix....
Réponse de le 27/02/2017 à 19:50 :
Tout a fait d'accord avecTeddy19. Ecoutez Warren Buffet.

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