Transavia France (low-cost d'Air France) , les pertes ont plus que doublé en 2015 !

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Air France table sur une perte d'exploitation de Transavia France d'environ 30 millions d'euros en 2016
Air France table sur une perte d'exploitation de Transavia France d'environ 30 millions d'euros en 2016 (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
En 2015, la perte d'exploitation de la filiale à bas coûts d'Air France a avoisiné les 40 millions d'euros contre 16 millions en 2014. Sa soeur Transavia Holland s'est quant à elle rapprochée de l'équilibre.

Les directions d'Air France-KLM et d'Air France, qui ont placé le développement de l'activité low-cost au cœur de leur stratégie s'en passeraient bien. Fer de lance du groupe sur le réseau court et moyen-courrier, Transavia, l'activité low-cost du groupe, peine à être rentable. En raison de la dégradation de la performance financière de Transavia France, la compagnie à bas coûts française détenue par Air France à hauteur de 60% et Transavia Holland (filiale, elle, à 100% de KLM).

Une seule année bénéficiaire depuis 2007

Car, si 2015 a été l'année du retour aux bénéfices d'Air France et d'Air France-KLM (les résultats seront publiés le 18 février), elle a également été en celle du plongeon financier de Transavia France, malgré la baisse spectaculaire du prix du carburant. Selon plusieurs sources concordantes en effet, la perte d'exploitation de Transavia France s'est fortement creusée l'an dernier, puisqu'elle a avoisiné les 40 millions d'euros, 2,5 fois plus importante que la perte de 16 millions enregistrée en 2014. Pour rappel, à part un maigre bénéfice en 2012 (1 million d'euros), Transavia France n'a jamais gagné d'argent depuis sa création en 2007.

Exposition aux marché d'Afrique du Nord

Transavia a souffert à la fois de sa forte exposition aux marchés d'Afrique du Nord, en forte chute après les attentats en Tunisie, en Egypte et en France en janvier et novembre 2015, mais aussi de sa très forte hausse de capacité (5 avions sont entrés dans la flotte l'été dernier), qui-plus-est sur des routes très concurrentielles, qui l'a contraint à proposer des billets à très bas prix pour remplir les avions.

De son côté, Transavia Holland, qui avait perdu près de 20 millions d'euros en 2014 (à cause de la défaillance de quelques tour-opérateurs), aurait été proche de l'équilibre en 2015. Moins dépendante du Maghreb, la compagnie hollandaise s'est par ailleurs restructurée en transformant son modèle charter en compagnie low-cost à part entière. En outre, contrairement à sa sœur française, son développement a été extrêmement limité. De fait donc, l'ensemble des deux Transavia a perdu plus de 40 millions d'euros, contre 36 millions en 2014.

Objectif 2016 : ramener la perte d'exploitation à 30 millions

La situation de Transavia France devrait à peine s'améliorer en 2016, année durant laquelle la compagnie française va poursuivre son fort développement (cinq nouveaux avions entreront dans la flotte qui comptera 26 appareils). Selon nos informations, Air France table sur une perte d'exploitation de Transavia France d'environ 30 millions d'euros en 2016, en se basant sur un prix du carburant  inférieur à celui de 2015.

Cette situation en inquiète plus d'un à Air France. «Il y a un souci, la Transavia n'est pas sur son business plan», explique une source interne. «Les résultats ne sont pas bons», ajoute une autre. «Cela ne peut pas continuer comme cela, Transavia France doit être placée sous haute surveillance», renchérit une troisième.

«C'est un problème conjoncturel. Il n'y a pas de problème de modèle économique de Transavia France», assure une source chez Transavia.

Le SNPL Air France incontournable

Pour autant, selon plusieurs experts, les coûts de Transavia France, aussi bas soient-ils (moins de cinq centimes au siège kilomètre offert) restent supérieurs à ceux de ses concurrents, nés low-cost. "Il faudrait que Transavia baisse ses coûts pour rester dans la course", explique une source à Air France.

Selon cette dernière, Transavia France souffre de sa taille encore modeste (une vingtaine d'avions), qui l'empêche de réaliser des économies d'échelle, mais aussi d'être une filiale d'Air France et de devoir composer avec sa maison-mère. Et notamment avec des pilotes du SNPL Air France « très vigilants » sur les conditions du développement de Transavia pour défendre le périmètre d'activité d'Air France. Signataire de l'accord de création de Transavia France en 2006, le SNPL Air France est en effet incontournable dans la réussite ou pas de cette compagnie.

En attendant, l'objectif d'atteindre l'équilibre financier en 2017 fixé en décembre 2014 par Air France-KLM sera difficile à réaliser pour le pôle Transavia.
Interrogée, Air France n'a pas fait de commentaires.

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Commentaires
a écrit le 06/01/2016 à 23:36 :
Low cost à 100% ? Difficile pour une entreprise collectiviste comme Air France de basculer une filiale dans ce modèle économique. La cogestion ne le permet que partiellement. De plus la lourdeur de l'héritage culturel a peut-être fait commettre des erreurs. On peut imaginer que le futur de cette entreprise verra des soubresauts causés par le poids des syndicats et des politiciens français qui continuent de s'immiscer dans la gestion.... Pourvu que ça dure !!!!!
a écrit le 06/01/2016 à 13:11 :
Je ne vais pas rentrer dans le débat économique de Transavia, mais en tant que celui de consommateur de l'offre de service de cette compagnie.
Je ne vous cache que j'en suis extrêmement peu satisfait. J'ai fait 4 voyages avec eux. Le dernier sur Lisbonne a été la goutte d'eau qui a fait débordé le vase. Avant d'être au niveau d'Easyjet, il faudrait avoir un vrai service commercial.

D'ailleurs il suffit de lire tous les commentaires désobligeant de cette compagnie sur Internet....

Voyageurs, passez votre chemin.
Réponse de le 06/01/2016 à 20:38 :
Perso, j'ai pris Transavia à 2 reprises sur Lyon-Héraklion et j'ai été très satisfait ! ... comme quoi !
Nb: je vole en moyenne 2 à 3 fois par an, sur AF en long courrier....
a écrit le 06/01/2016 à 10:57 :
A ignorer depuis toujours le développement de l'aérien tout court vers une multiplicité de l'offre; là où une catégorie de salariés décide la stratégie de la compagnie, on ne doit pas s'étonner des résultats. Heureusement que le contribuable n'est plus disponible pour remettre au pot.
a écrit le 06/01/2016 à 9:34 :
Spécialité Française pour demander de l'argent au contribuable, l'entreprise n'a aucun intérêt à déclarer des bénéfices tant que l'état finance.
a écrit le 06/01/2016 à 9:04 :
Le développement rapide entraine POUR TOUTE ENTREPRISE, une accélération des dépenses alors qu'augmenter les recettes prend plus de temps.
Ceci explique une partie des déficits, mais cela reste sain : Transavia s'est développé beaucoup trop lentement (à cause des blocages syndicaux principalement) et beaucoup trop tardivement, et doit donc maintenant rattraper son retard. Mais Ryanair est rentable, Easyjet aussi, Vueling pareil, WizzAir également, etc... donc ce n'est pas le modèle en lui même qui est déficitaire, mais son fonctionnement !
La taille de la compagnie est un élément essentiel, et un développement externe serait probablement utile voire indispensable... mais AirFrance-KLM en a-t-elle les moyens ?
Enfin, le choix de se développer jusque là essentiellement vers l'Afrique du Nord n'a pas été le meilleur : mais le SNPL n'a-t-il pas sa part de responsabilité en bloquant le développement de Transavia en Europe ? (cf la différence en la matière entre Transavia France et Transavia Holland !)
Dernier point : le faible développement de Transavia au départ des régions... mais pour justement limiter le développement déjà très rapide, Transavia doit faire des choix : pour l'instant, Transavia a surtout cherché à occuper les créneaux horaires à Orly.
Un appareil supplémentaire sera basé à LYS... pourvu que ça dure !
Réponse de le 07/01/2016 à 9:58 :
? developpement rapide ...?
crée en 2007 ...deficitaire au debut : d'accord ; mais , le debut : c'etait il a 9 ans ? non ?
mais , en effet ..." c'a reste très sain ..." :
pertes passant de 16 millions à 40 millions de 2015 à 2015 ...et pertes attendues ( esperées ) pour 2016 : 30 millions ;
soit ( au mieux ) un total de pertes de presque 100 millions sur 3 ans !!!
a écrit le 06/01/2016 à 9:04 :
Il faut financer les retraites par une taxe sur l'énergie, sinon toutes nos entreprises disparaitront.
Réponse de le 06/01/2016 à 12:04 :
@gépé, le pépé : les taxes sur l'énergie existent déjà partout, a,lors change de disque -)
a écrit le 06/01/2016 à 7:03 :
https://youtu.be/dzUT2pnD5vY

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