Nouveau départ pour La Compagnie (et pour la classe affaires à bas prix)

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(Crédits : DR)
A l'issue de son rapprochement avec XL Airways, La Compagnie commence une seconde vie sous la houlette de Laurent Magnin, également PDG de XL Airways. Ce dernier vise l'équilibre d'ici à 18 mois.

Plus de deux ans et demi après son lancement en juillet 2014, La Compagnie, cette low-cost long-courrier française 100% classe affaires entre Paris et New York, commence une seconde vie. Une sorte de dernière chance pour cette compagnie qui, malgré un produit de très bonne facture, des prix imbattables en classe affaires (autour de 1.800 euros TTC en moyenne l'aller retour) par rapport aux compagnies classiques, a englouti les 60 millions d'euros investis par une vingtaine d'actionnaires français, dont Motier, la holding de la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette.

Rentabilité en 2018

Ces derniers ayant repris en fin d'année gratuitement XL Airways, une compagnie low-cost 100% classe économique cette fois en quête d'actionnaires, ce nouveau départ de la Compagnie se fera dans le cadre de ce rapprochement atypique avec XL, sous la houlette de Laurent Magnin, le PDG d'XL, également nommé Président du directoire de La Compagnie (et prochainement PDG avec le changement de gouvernance en cours). Laurent Magnin compte atteindre la rentabilité d'ici à 18 mois. Décidée par les actionnaires lors du rapprochement entre les transporteurs, la recapitalisation de La Compagnie à hauteur de 10 millions d'euros lui donne du temps pour redresser la situation.

« Nous sommes tranquilles pour la durée de l'exercice en cours », a expliqué Laurent Magnin à quelques journalistes.

En 2016, La Compagnie a transporté 50.000 passagers et réalisé un chiffre d'affaires d'un peu moins de 40 millions d'euros, tandis que le résultat net, non communiqué, s'est amélioré par rapport à l'année précédente, selon la direction.

Doublement de l'offre entre Paris et New York

L'arrêt en septembre de la ligne Londres-New-York pour renforcer la ligne Paris-Newark devrait améliorer la performance du transporteur.

« A partir de fin mars, nous allons proposer deux vols par jour entre Paris et New York. Cela va améliorer notre offre auprès de la clientèle professionnelle », explique-t-il.

La flexibilité qu'apporte l'exploitation de plusieurs vols sur la même ligne constitue en effet un atout pour quiconque veut toucher ce type de clientèle. Avec cette augmentation de l'offre, La Compagnie se considère comme "un acteur significatif" du marché de la classe affaires entre Paris et New York.

"Avec 74 sièges par vol nous proposons plus de sièges affaires que n'importe quelle compagnie sur cet axe après Air France", fait valoir Laurent Magnin.

"Aujourd'hui, nous avons déjà 20% de l'offre de classe affaires entre Paris et New York et notre part de marché en trafic s'élève à 18%", ajoute Jean-Charles Perino, le directeur général délégué ventes et marketing de La Compagnie.

Objectif : 95% de coefficient d'occupation

Cette décision devrait contribuer à améliorer le coefficient d'occupation des avions, l'une des priorités de Laurent Magnin.

« Quand on a un produit comme celui de La Compagnie à des prix 50% inférieurs à ceux de nos concurrents, les avions doivent être remplis à 95% », explique-t-il.

L'an dernier, ils l'étaient à 75%. Une amélioration significative est déjà ressentie depuis janvier dernier, puisque le coefficient d'occupation a grimpé à 80% depuis le début de l'année.

Synergies avec XL Airways

Alors que La Compagnie vend plus de la moitié de ses billets sur Internet (contre 15% pour XL), Laurent Magnin va chercher à compléter ce modèle de distribution en l'élargissant davantage aux agences de voyages. "Nous allons utiliser la force d'XL dans les agences pour développer les ventes", explique-t-il.

Le nouveau patron de La Compagnie veut en effet jouer à fond les complémentarités entre les deux compagnies qu'il dirige. Alors qu'XL Airways dessert également New York, des accords de partages de codes et de combinabilité tarifaire permettant de faire le vol aller avec une compagnie et le retour avec l'autre sont prévus. La possibilité de gagner des points de fidélité sur XL Airways en voyageant sur La Compagnie sera également mise en œuvre. Côté coûts, si La Compagnie dispose d'une structure de coûts très faible liée à son profil de startup, elle va néanmoins bénéficier des synergies avec XL sur certains achats communs avec XL (et avec Air Austral, le partenaire commercial d'XL) comme le carburant, les assurances des avions, la maintenance... Enfin, un regroupement des deux compagnies dans les mêmes terminaux sont en réflexion.

Une fois bien assise sur Paris-New York, La Compagnie est appelée à se développer dans l'esprit de Laurent Magnin.

"Il y a de la place pour de la classe affaires moins chère. Les compagnies classiques ne peuvent pas toucher à leur prix en classe affaires pour compenser la baisse de la recette unitaire qu'elles rencontrent en classe économique", affirme-t-il.

Cap sur l'Afrique à l'avenir?

Les actionnaires et la direction doivent se prononcer prochainement sur une commande de deux A321Neo livrables en 2019. Ils s'ajouteraient aux deux B757 actuels, lequels pourraient être utilisés pour ouvrir, au départ de Paris, d'autres lignes aux Etats-Unis ou d'autres axes comme l'Afrique ou l'Inde, ou pour étendre la desserte de New York au départ d'autres villes européennes.

Plus de 10 ans après le lancement de ce concept de low-cost 100% classe affaires, La Compagnie est la dernière survivante. Les Américaines Maxjet et EOS, la britannique Silverjet ont disparu, tandis que la française L'Avion, rachetée par British Airways en 2008, est devenue Openskies et a depuis plusieurs années abandonné ce concept pour passer dans une configuration triclasses.

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Commentaires
a écrit le 19/03/2017 à 21:36 :
la première chose que le nouveau patron devrait faire, c'est se poser la question de l'identité de cette marque au nom si générique.
Un bon produit sans un nom distinctif est voué à l'anonymat.

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