Piétonnisation des berges de Seine : Najdovski salue la main tendue de Pécresse à Hidalgo

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Pour lutter contre la pollution de l'air, la voie sur berge rive droite au centre de Paris est interdite aux voitures depuis l'automne, suscitant la polémique notamment en banlieue et parmi les élus de droite.
Pour lutter contre la pollution de l'air, la voie sur berge rive droite au centre de Paris est interdite aux voitures depuis l'automne, suscitant la polémique notamment en banlieue et parmi les élus de droite. (Crédits : © Charles Platiau / Reuters)
Valérie Pécresse propose deux scénarios alternatifs à la fermeture à la circulation de la voie sur berge rive droite, dont elle suggère de prolonger la période d'observation de trois mois.

C'est une main tendue et l'adjoint au maire la salue. La présidente de la région et du Stif (syndicats des transports d'Ile-de-France) Valérie Pécresse (LR) a demandé mardi matin un allongement de trois mois de la période d'observation sur la piétonnisation des berges de Seine rive droite décidée par Anne Hidalgo (PS), tout en évoquant une série de mesures pour fluidifier la circulation dans Paris.

Valérie Pécresse, qui dénonce depuis des mois la "rapidité et la brutalité" d'une mesure créatrice à ses yeux d'embouteillages, a proposé que l'observation pilotée par la préfecture de police de Paris aille "au moins" jusqu'à Paris Plages, en juillet, au lieu de s'achever à la mi-avril comme prévu. Avec l'arrivée du printemps et ses pics de pollution, "il serait préférable, pour avoir une vraie vision de l'impact sur la pollution de l'air" de cette piétonnisation, "de prolonger de trois mois la mesure d'expérimentation", a ainsi affirmé devant la presse la présidente de la région Ile-de-France.

12 mesures compensatoires chiffrées à 50 millions d'euros

Pour "lutter contre la congestion de la circulation actuelle" dans Paris, la responsable francilienne a par ailleurs dévoilé deux scénarios alternatifs à la mesure, ainsi que 12 "mesures compensatoires", chiffrées à 50 millions d'euros. "C'est une contribution extraordinairement constructive. C'est une main tendue. Nous voulons sortir de la crispation", a assuré Mme Pécresse, martelant ne pas "remettre en cause la légitimité de la piétonnisation" mais vouloir y "aller progressivement".

Deux scénarios alternatifs de circulation routière sont proposés aux parties prenantes (préfecture de police, Ville de Paris, Métropole du Grand Paris): une voie "apaisée" à 30km/heure sur le quai bas, ou une voie classique à 50 km/h avec deux voies à 30 km/h sur le quai haut.

Des "mesures compensatoires" seront également financées par la Région et le Stif: bus électrique sur les quais hauts, création de parking relais dans Paris, renforcement de ceux de banlieue, navette fluviale, "carrefours intelligents" fluidifiant le trafic.

"Un revirement salutaire"

"C'est un revirement important et salutaire. La présidente du Conseil régional sort de l'opposition systématique, elle ne remet plus en cause le projet en lui-même et propose au contraire de l'accompagner ", a réagi mardi après-midi Christophe Najdovski, adjoint à la Maire de Paris en charge des transports. Et l'édile d'analyser:

"Bien entendu, des désaccords persistent. La présidente du Conseil régional propose par exemple la réouverture aux voitures d'une voie sur les quais bas. Ce n'est pas envisageable. Mais il convient de noter que, pour l'essentiel, elle rejoint désormais la position de la Ville de Paris et s'engage à ce que le Conseil régional fasse davantage d'efforts en faveur des transports en commun et des voies cyclables".

Christophe Najdovski salue notamment le soutien de Valérie Pécresse pour la création d'une ligne de bus électrique à haut niveau de service sur les quais hauts, annoncée en janvier dernier par Anne Hidalgo, pour le développement du transport fluvial de personnes, demandé par Patrick Ollier, président de la Métropole du Grand Paris, et dans le même esprit que le soutien apporté par Paris au projet de SeaBubbles, ainsi que pour le développement de parkings relais et de covoiturage aux portes de Paris pour inciter les automobilistes à prendre les transports en commun.

"Nous attendions depuis de nombreux mois que Valérie Pécresse s'engage sur ces trois points très importants à nos yeux. C'est chose faite et cela va permettre de faire avancer encore plus rapidement ces projets", estime-t-il.

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Commentaires
a écrit le 18/03/2017 à 11:07 :
Excellent la bonne entente entre la présidente de région et la maire de Paris. Je vote pour les deux.
a écrit le 15/03/2017 à 9:06 :
Il n'y a pas de raison que ces deux élues ne s'entendent pas, c'est un bon début.

Les logiques stériles politiciennes étant nuisibles à la gestion des citoyens et sachant que par chez vous des citoyens il y en a beaucoup, il est temps de penser aux gens, ce sont eux qui sont importants et pas vos collègues politiciens et leurs énormes réseaux.

La politique professionnelle est un véritable parasite, si on prenait tout nos élus et qu'on les sortait des intérêts de leurs partis ils deviendraient rapidement bien plus efficaces pour nous autres.

Le dogme c'est mauvais pour la vie dans son ensemble.

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