Privatisation de l'aéroport de Nice : "Pas de risque de conflit d'intérêts pour Aéroports de Paris" (PDG)

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Augustin de Romanet, Pdg d'Aéroports de Paris
Augustin de Romanet, Pdg d'Aéroports de Paris (Crédits : ger)
Augustin de Romanet, le Pdg d'Aéroports de Paris, a indiqué que la décision de se porter candidat à l'achat de la participation de l'Etat dans l'aéroport de Nice n'était pas arrêtée. Par ailleurs, ADP étudie plusieurs dossiers à l'international: au Vietnam, aux Philippines et en Iran.

Alors que le cahier des charges de la vente des 60% que l'Etat possède dans les aéroports de Nice et de Lyon n'est pas encore sorti, Augustin de Romanet, le Pdg d'Aéroports de Paris, a indiqué ce mercredi, lors de la présentation des résultats financiers, qu'il était "possible qu'Aéroports de Paris dépose une offre" mais que "cela n'était pas arrêté".

Ce dernier a précisé que contrairement à Lyon, "il n'y avait pas, à Nice, un risque de conflit d'intérêts" dans la mesure où ADP ne veut pas transformer l'aéroport de Nice en simple "hub" de correspondances s'il l'emportait mais le développer comme une destination à part entière en s'appuyant sur l'activité économique et touristique de la Côte d'Azur.

Un contrat de plusieurs centaines de millions en jeu en Iran

ADP regarde aussi à l'étranger. Après avoir gagné l'an dernier avec Vinci et Astaldi la concession de l'aéroport international de Santiago du Chili pour une durée de 20 ans, Aéroports de Paris continue de chercher des relais de croissance à l'étranger.

En collaboration avec Bouygues Bâtiment International, le gestionnaire des aéroports parisiens est en discussion exclusive jusqu'à fin mars avec les autorités iraniennes pour définir les conditions du développement de l'aéroport international Imam Khomeini de Téhéran. Le projet concerne à la fois la rénovation du terminal existant ainsi que le design, la construction et l'exploitation de nouveaux terminaux dans le but de porter en 2020 la capacité de l'aéroport à 34 millions de passagers annuels, contre 6,5 millions aujourd'hui. Ceci assorti d'une concession d'une vingtaine d'années. C'est un contrat de plusieurs centaines de millions d'euros.

Des cibles en Asie

ADP regarde par ailleurs l'ouverture du capital du gestionnaire des aéroports du Vietnam, coté à la Bourse, qui va vendre 20% de son capital. Le groupe français étudie également, avec son partenaire turc TAV, le dossier de la privatisation de plusieurs aéroports régionaux aux Philippines prévue cette année en deux phases. Une première concernera les aéroports de Llollo et de Bacolod. La deuxième, ceux de Tagbilaran New-Bohol, Cagayan de Oro et Davao.

S'ajoutera également une petite opération à Madagascar. En Amérique latine, ADP "jette un œil" sur les dossiers de privatisation de petits aéroports et « regarde » également du côté de Cuba.

430 millions de bénéfice net

Malgré l'impact sur le trafic aérien des attentats de janvier et de novembre 2015, Aéroports de Paris a enregistré, l'an dernier, une hausse de 6,8% de son résultat opérationnel courant (à 787 millions d'euros) et de 6,9% de son bénéfice net, à 430 millions d'euros. Ceci, alors que le chiffre d'affaires a augmenté de 4,5%, à 2,916 milliards d'euros. Comme il le fait depuis 2013, Aéroports de Paris va redistribuer aux actionnaires (notamment l'Etat qui possède plus de 50% du capital), un dividende équivalent à 60% du résultat net part groupe. Pour 2016, Aéroports de Paris table sur une hausse de son résultat net part groupe supérieure ou égale à 10% par rapport à 2015, en incluant l'impact de la vingtaine de millions d'euros de plus-value (après impôts) de la vente du siège social (ADP déménage à CDG au premier trimestre 2017). Si les tarifs seront stables en 2016, leur produit sera en hausse du fait de la croissance du trafic prévue (+2,3% par rapport aux 95,4 millions de passagers enregistrés en 2015 (+3% par rapport à 2014).

Le trafic tarde à redémarrer à la normale à Roissy

Trois mois après les attentats de Paris, le trafic tarde à redémarrer à Roissy-Charles-de-Gaulle.

"Autant, à Orly, le trafic se développe à un rythme de croissance compris entre 2,5% et 3%, autant, à Roissy, je ne vois pas de redémarrage pour l'instant", a indiqué Augustin de Romanet.

En janvier, le trafic vers l'Asie-Pacifique a reculé de 3,8% après avoir baissé de 7,3% en décembre. S'il est dynamique avec la Chine et le Vietnam, le trafic vers le Japon et la Corée reste difficile.

Nouveau plan d'économies

En 2016, le groupe va lancer un nouveau plan d'économies. Le montant espéré n'a pas été précisé. Le plan précédent, qui s'est étalé entre 2013 et 2015, a permis d'économiser 89 millions d'euros, au-delà de l'objectif fixé (entre 71 et 81 millions d'euros). Trois leviers ont été identifiés: la maîtrise de la masse salariale, les achats et le non-remplacement des départs à la retraite. Les effectifs devraient ainsi baisser de 450 personnes sur la période du troisième contrat de régulation économique (CRE) entre 2016 et 2020. Pour les absorber, ADP entend optimiser son organisation.

Nouveau siège social en 2017

Augustin de Romanet ne s'attend pas à des départs massifs liés au déménagement du siège social du centre de Paris à l'aéroport de Roissy au premier trimestre 2017. Outre le fait que les conditions de travail y seront confortables (il y aura par exemple une salle de sport avec vue sur le tarmac), la direction se veut innovante en matière de télétravail.

Par ailleurs, Aéroports de Paris a annoncé "le lancement d'un projet d'actionnariat salarié", lequel sera réalisé en 2016. Il comportera deux volets : une attribution gratuite d'actions d'ADP, et une offre d'acquisition d'actions d'ADP à des conditions préférentielles pour les salariés d'Aéroports de Paris et des filiales adhérentes du plan d'épargne du groupe et à leurs retraités et pré-retraités ayant conservé des avoirs dans le plan. Cette ouverture du capital, qui s'inscrit dans le dispositif de la loi Macron, se fait à la suite d'un rachat d'actions par ADP depuis fin 2015. Les salariés détiennent déjà 1,6% du capital. Leur poids dans le capital ne bougera quasiment pas.

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Commentaires
a écrit le 18/02/2016 à 9:13 :
Oui enfin ce sont pas de biens gros investisseurs qui se ruent à vouloir acheter ces aéroports pourtant bénéficiaires, plutôt des pays même qui afin d'augmenter leur influence politique étrangère investissent dans les aéroports, c'est une bonne idée de leur part mais à mon avis on est loin d'acteurs attirés par l'intérêt économique de ces entreprises, surtout par une influence diplomatique.

Bref un secteur d'activité qui ne fait que stagner parce que entretenu artificiellement par les décideurs publics et privés.
a écrit le 17/02/2016 à 16:30 :
Les infrastructures d'un pays ne devrait jamais être privatisées contrairement à l'utilisation de celles-ci qui peuvent se monnayer.

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