Privatisation des aéroports de Nice et Lyon  : guerre ministérielle sur le cahier des charges

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(Crédits : DR)
L'Agence des participations de l'Etat (APE) et le secrétariat d'Etat aux transports sont en désaccord sur les critères du cahier des charges destinés à définir l'expérience aéroportuaire que devront apporter les candidats au rachat des parts de l'Etat dans le capital des aéroports de Nice et Lyon, conformément à la loi Macron. Le dossier sera tranché par Matignon.

Le secrétariat d'Etat aux transports et l'agence des participations de l'Etat (APE), dépendante du ministère de l'économie et des finances, n'en finissent pas de s'opposer sur les questions aéroportuaires. Après le débat sur le niveau des redevances aéroportuaires que pourra demander Aéroports de Paris (ADP) aux compagnies aériennes au cours des années 2016-2020, l'APE et le secrétariat aux transports sont une nouvelle fois en désaccord sur le cahier des charges de la privatisation des aéroports de Nice et de Lyon qui devrait être lancée en février pour le premier, deux mois après pour le second.

Expérience aéroportuaire

L'objet du désaccord ? La définition des critères d'expérience aéroportuaire que devront démontrer les candidats au rachat des 60% des parts que détient l'Etat dans ces deux aéroports, conformément à la loi Macron dans laquelle figurent ces deux projets de privatisation.

Ce point avait été inscrit dans la loi après la polémique qui avait suivie la vente des parts de l'Etat dans l'aéroport de Toulouse en 2015 à un consortium chinois, lequel, bien qu'il ait présenté la meilleure offre financière, n'avait quasiment pas d'expérience aéroportuaire. Le consortium chinois avait remporté la mise avec une offre représentant 18 fois l'Ebidta de l'aéroport (plus de 300 millions d'euros) quand celles de ses rivaux dans le dernier tour, ADP et Vinci, représentait 16 fois l'ebidta.

Pour autant, pour Nice et Lyon, l'APE souhaiterait des seuils assez légers sur ce point afin d'attirer un grand nombre d'investisseurs. Ce qui permettrait notamment de faire monter les enchères. De son côté, le secrétariat d'Etat aux transports exige des seuils qui permettront de confier les deux aéroports à des acteurs solides du secteur aéroportuaire.

Gros chèque pour l'Etat

S'ajouteraient également dans le débat, des questions de régulation dans la mesure où, contrairement à ADP et aux aéroports de Toulouse et de Lyon, l'aéroport de Nice n'est pas régulé par un contrat de régulation économique (CRE) signé avec l'Etat qui permet de définir tous les cinq ans le niveau d'investissement et de hausse des redevances aéroportuaires que ces aéroports peuvent prélever aux compagnies aériennes.

Selon nos informations, devantl'incapacité des deux parties à s'entendre, le dossier a été envoyé à Matignon. Ce sera donc au Premier ministre de trancher.

L'idée est de lancer le processus de la privatisation de l'aéroport de Nice en février et celui de Lyon deux mois après. L'Etat va récupérer un beau chèque de ces deux opérations. En se calant sur les multiples d'ebitda observés à Toulouse, la valeur d'entreprise de l'aéroport niçois s'élève en effet à 1,8 milliard d'euros. Celle de Lyon à 1,4 milliard environ.

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Commentaires
a écrit le 18/01/2016 à 22:07 :
Cette privatisation rappelle celles des sociétés autoroutières : l' État privatise les bijoux de famille, puis se plaindra des "profits indécents " que réaliseront les acquéreurs dans quelques années. Privilégier le cash immédiat , c'est obérer les revenus futurs.
Il sera trop tard alors pour pleurer...
Réponse de le 19/01/2016 à 11:14 :
Les autoroutes sont sous concession, elle reviendront à l'Etat dans 35 ans, en parfait état (?).
"se plaindra des "profits indécents "" c'est pour amuser la galerie ! Je crois que les appels d'offre, généralement acquis par leur filiale BTP passeront par un "contrôleur" d'Etat créé récemment pour ça (vérifier que c'est fait dans les règles de l'art), le réflexe étant de faire les profits en famille, Vinci travaille pour les autoroutes Vinci par principe, charité bien ordonnée)
Certains disaient que privés, les aéroports pourront être mieux gérés, développés, sans les freins/lourdeurs étatiques ne serait-ce qu'en moyens financiers. ?? A voir.
a écrit le 18/01/2016 à 19:21 :
j'espères que l'on ne solde pas les ...bijoux de famille pour se financer une danseuse ...
ND des Landes par exemple !
a écrit le 18/01/2016 à 18:20 :
D'un côté on bradé et de l'autre on double les droits de votes ( Renault). Imbrogliosocialo
a écrit le 18/01/2016 à 15:48 :
Il faut croire que ce sont des socialistes qui gèrent tout cela : ces gens-là sont les spécialistes des guerres intestines en public...
a écrit le 18/01/2016 à 14:47 :
Pour rendre possible le développement de l'aéroport de LYS (par exemple), il faudrait qu'un plan quinquennal soit mis en place entre la région (et/ou la métropole de Lyon) d'une part, et l'exploitant de l'aéroport, d'autre part. Ce plan définirait des objectifs chiffrés de développement.
L'exploitant aurait obligation d'atteindre ces objectifs: à défaut, lourde amende.
De son coté, l'état aurait obligation d'accorder les droits d'ouverture de lignes, sauf à proposer une substitution équivalente (par AF notamment!). Ainsi, les régions ne seraient plus freinées dans leur développement. L'état conserverait son droit de véto, notamment vis-à-vis des compagnies du golfe, mais avec contreparties.
Une telle méthode serait moins centralisatrice et ne pénaliserait plus le développement économique en région, sans pour autant que ce soit la porte ouverte illimitée à une concurrence débridée ! Tout le monde s'y retrouverait !... peut être même que la région trouverait un intérêt à reprendre les parts dont l'état veut se défaire !
a écrit le 18/01/2016 à 13:57 :
Tant que les Droits d'ouverture de ligne seront attribués par l'état, les aéroports régionaux seront bridés, et leur valeur réduites d'autant ! Il faut que les régions aient un droit de regard sur la décision d'attribution (et surtout de refus d'attribution) de créneaux aux compagnies ! Dès lors, en cas de refus, la région devrait pouvoir demander des compensation, par exemple, soit par un droit sur d'autres projets (par exemple, si refus à Émirates, alors accord sur une demande depuis la chine...), soit par Air France si le refus est demandé par AF (exemple : si refus demandé pour Émiratis, alors AF doit proposer une ligne long courrier depuis le même aéroport en compensation !)
Réponse de le 18/01/2016 à 15:10 :
+1
a écrit le 18/01/2016 à 12:41 :
Comment en sommes nous arrivés la vendre les aéroports (on fait à la Grecque) ne vous en déplaise, il y en a des tordus dans nos dirigeants. lamentable.
a écrit le 18/01/2016 à 12:25 :
Rien de bien nouveau , Aéroports de Paris est devenu Société Anonyme en 2005 et côté en bourse en 2006.
a écrit le 18/01/2016 à 11:56 :
On continue a inverser la logique et faire dans l'illégal total... préambule constitution de 46, repris dans celle de 58...
Une infrastructure essentielle, comme peut l'être un aéroport est du ressort du bien commun, en situation de monopole local (on ne peut pas construire deux aéroports cote a cote), et donc doit rester propriété de la collectivité.
Par contre, les exploitants peuvent sans problème être des entreprises privées, en concurrence même en ces lieux, exactement a l'instar des routes qui sont (en général) un bien commun, exploitable par n'importe quel transporteur......
Mais non, on embauche des fonc, et on brade les infrastructures a des gens qui en font une rente de situation...
a écrit le 18/01/2016 à 9:38 :
Scandaleux. Nos politiques cèdent à des intérêts privés ce qui a été payé par le peuple. De la trahison pure et simple.
a écrit le 18/01/2016 à 9:08 :
Parler de privatisation des aéroports est une erreur d'appréciation ;

il s'agit d'une braderie des biens publics de la France ;

ces braderies de biens publics sont constitutifs d'actes contre les intérêts supérieurs de l'Etat Français, les auteurs d'une telle traitrise devront être jugés par devant une Coure Martiale.
Réponse de le 18/01/2016 à 11:22 :
Et pourquoi pas fusillés sur la place publique ou guillotinés en place de Grève???
L'état a des responsabilités régaliennes et rien à faire dans des entreprises. Ce genre de cession devrait contribuer à réduire son endettement.

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