Quand XL Airways rêve de faire un truc à la « Norwegian »

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En arrêtant son activité B737 en novembre dernier, XL Airways n'est plus qu'une compagnie long-courrier
En arrêtant son activité B737 en novembre dernier, XL Airways n'est plus qu'une compagnie long-courrier (Crédits : Reuters)
Après le rapprochement d'XL Airways et de La Compagnie, deux compagnies qu'il dirige, Laurent Magnin mise sur le développement pour atteindre la "taille critique" qui lui permettrait de baisser les coûts et d'attaquer de nouveaux marchés, comme l'Asie, avec des tarifs attractifs.

« Il nous faut faire un truc à la Norwegian ». Même s'il grogne contre cette Union européenne qui autorise une compagnie aérienne non communautaire à voler librement dans l'UE avec un fonctionnement social impossible à mettre en place en France à ses yeux, Laurent Magnin, le PDG d'XL Airways et de La Compagnie depuis le rapprochement des deux transporteurs en décembre, n'en respecte pas moins le modèle et le fort développement de cette low-cost (111 avions moyen-courriers B737-800) sur le long-courrier qui vient de prendre livraison de son 13ème gros porteur B787 et croît à la vitesse grand « V » vers les Etats-Unis au départ des grandes villes européennes, alors qu'XL Airways, qui s'est pourtant lancée dans les vols long-courriers à bas prix (et à bas coûts) en même temps que Norwegian en 2014, ne compte que trois A330.

Opération survie réussie

« En 2006, XL louait des avions à Norwegian », se souvient-il. Difficile néanmoins de reprocher un quelconque manque d'ambition à Laurent Magnin. La priorité était ailleurs. L'objectif était bien plus noble qu'un simple développement de l'entreprise puisqu'il s'agissait tout simplement de la sauver, elle et ses 700 salariés, alors que les actionnaires les avaient lâchés il y a plus de 5 ans, au point de pousser XL Airways à demander et obtenir en 2014 l'attribution judiciaire des titres de l'entreprise et devenir ainsi propriétaire de ses propres actions. Une situation pour le moins exotique qui condamnait XL Airways à ne pas perdre par d'argent. Ce fut une nouvelle fois le cas l'an dernier.

« Nous avons terminé l'exercice à l'équilibre+ », assure-t-il avant la publication prochaine des résultats financiers, en rappelant qu'XL Airways a dégagé des bénéfices cumulés au cours des 10 dernières années qu'il dirige l'entreprise.

Taille critique

Maintenant qu'il a de nouveaux actionnaires après la reprise gratuite d'XL Airways par les actionnaires de La Compagnie, lesquels sont composés d'une vingtaine d'investisseurs familiaux, dont Motier, la holding de la famille Moulin, propriétaire des Galeries Lafayette, Laurent Magnin voit grand. Il est convaincu que la pérennité d'XL et de La Compagnie qu'il dirige toute les deux (ainsi que les deux tour-opérateurs Crystal et Héliades, qui font partie du groupe XL), passe par le développement.

« Le plan à 5 ans ? C'est une dizaine d'Airbus A330 pour XL Airways, avec probablement des A330 en version remotorisée (neo), auxquels s'ajouteraient, pour La Compagnie (un concept d'avions 100% classe affaires à prix réduits, NDLR), 4 appareils, contre deux aujourd'hui, si nous décidions prochainement de commander deux A321neo », explique Laurent Magnin.

Lire ici : Nouveau départ pour La Compagnie

Soit plus d'un doublement de la flotte pour atteindre cette fameuse taille critique qui lui manque tant aujourd'hui et qui lui permettrait de baisser davantage les coûts, déjà parmi les plus bas des compagnies françaises après Air Caraïbes et French Blue.

« Aujourd'hui, nous pouvons faire entrer des avions sans nécessité d'embaucher davantage de personnels au sol », explique-t-il.

L'Asie en ligne de mire

Ces avions supplémentaires permettraient par ailleurs à XL Airways d'optimiser son programme de vols sur les Etats-Unis en arrêtant ou réduisant les dessertes de niche qui la contraint à des double-touchés peu productifs, et, au bout de deux ans, de sortir de cette dépendance du marché américain pour se lancer vers l'Asie, en Chine en particulier. La concurrence féroce des compagnies du Golfe qui relient l'Europe à l'Asie en passant par les hubs de Dubaï, d'Abu Dhabi et de Doha « pour 600 euros », ne lui fait pas peur. Pour lui, une offre tarifaire similaire en vol direct remportera l'adhésion des passagers.

« Une compagnie européenne disposant d'avions récents peut également produire des billets à ce prix-là et convaincre les passagers qu'il n'y a aucune raison de s'arrêter dans le Golfe, à condition qu'elle ait la taille critique. Si XL a gagné de l'argent avec 4 avions, avec plus d'appareils, nous sommes meilleurs qu'eux », fait-il valoir, en prévoyant, comme Marc Rochet, le président d'Air Caraïbes et de sa compagnie sœur, le transporteur à bas coûts French Blue « une déferlante du low-cost long-courrier ». « On est parti pour desservir la planète à 600 balles en classe économique (et avec La Compagnie 2.000 balles en classe affaires). Ceux qui n'arriveront pas à produire à ce prix-là seront en difficulté », assure Laurent Magnin.

 "Equity storie"

Mais pour avoir cette taille critique, il faut des moyens et des actionnaires. Le plan à cinq ans constitue une belle « equity storie » pour convaincre les actionnaires actuels et de futurs investisseurs de continuer l'aventure.

Sera-t-elle suffisante alors que les actionnaires actuels sont déjà échaudés d'avoir injecté 70 millions d'euros en moins de trois ans dans La Compagnie ? La partie n'est pas simple.

« Il y a un problème de capitalisation du pavillon français. C'est son problème majeur. Les difficultés récurrentes d'Air France pèsent sur l'ensemble des compagnies françaises, car elles dissuadent les actionnaires potentiels d'investir dans le transport aérien français. Quand vous avez des grèves tous les quatre matins, cela n'aide pas les autres compagnies », peste-t-il.

Pour l'heure, XL Airways va prendre livraison de son quatrième A330. Un cinquième est prévu l'an prochain. Dans quelques semaines, ils seront tous configurés en une seule classe économique. Ce quatrième avion servira à revenir sur les Antilles cet été avec 3 vols par semaine entre Paris et Fort-de-France et Paris-Pointe-à-Pitre, aux côtés de vols vers La Réunion, Cuba, les Etats-Unis (New York, Miami, Los Angeles, San Francisco), ...

Lire ici : Ce qui dit le bouillant PDG d'XL Airways sur French Blue, le SNPL, Norwegian...

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Commentaires
a écrit le 20/03/2017 à 13:45 :
XL AIRWAYS FORT DE FRANCE/PARIS : prix des trois autres, et souvent plus cher-
a écrit le 20/03/2017 à 12:52 :
Faites moi rire les longs courrier sont toujours plus cher que les compagnies régulier pour le moment

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