Taxis et VTC accélèrent leur transition énergétique

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Ubergreen, G7 Green, Taxis Verts... Les acteurs du transport public de personnes affichent d'ambitieux objectifs en matière de transition écologique.
Ubergreen, G7 Green, Taxis Verts... Les acteurs du transport public de personnes affichent d'ambitieux objectifs en matière de transition écologique. (Crédits : Uber)
A l'occasion de la journée de l'environnement, qui se déroulait lundi, La Tribune fait le point sur les initiatives prises par taxis et VTC (voitures de transport avec chauffeur) en matière de transition énergétique.

Les véhicules hybrides et électriques séduisent aussi bien chauffeurs que passagers. C'est du moins ce qui ressort d'une récente étude réalisée par 6t pour le compte d'Uber, qui souhaitait analyser l'impact de la mise en service de véhicules verts baptisés "UberGreen".

De réelles économies

D'après cette enquête réalisée auprès de 200 chauffeurs de voitures hybrides (équipées à la fois d'un moteur diesel ou essence et d'un moteur électrique) et de 1.600 chauffeurs de voitures thermiques (classiques), il apparaît que l'utilisation d'une voiture hybride s'avère financièrement plus intéressante pour les chauffeurs. Si le coût d'achat moyen ne varie pas significativement (19.976 euros pour un véhicule hybride, contre 21.547 euros pour une voiture thermique), le prix moyen d'une location mensuelle s'avère inférieur de 20% (1.164 euros pour une hybride contre 1.459 euros pour une voiture classique). De plus, si l'étude ne semble pas montrer d'écart significatif pour les frais d'entretien du véhicule, elle montre en revanche que les chauffeurs de voitures hybrides dépensent en moyenne 25% de moins en carburant.

Par ailleurs, l'enquête montre que les pratiques d'éco-conduite sont fréquentes pour les chauffeurs de voitures hybrides. Plus de la moitié rouleraient ainsi le plus souvent possible de manière à n'utiliser que le moteur électrique. L'enjeu d'optimiser sa charge incite ainsi les chauffeurs à adopter une conduite plus souple et plus sûre.

Combattre les idées reçues

Toujours selon cette étude, 60% des utilisateurs de l'option UberGreen l'ont déjà recommandée à un proche, notamment pour le silence et le confort ressenti. C'est peu ou prou les mêmes proportions que l'on retrouve chez les conducteurs de voitures électriques ou hybrides. Ce qui conduit les auteurs de l'étude à conclure que chauffeurs et utilisateurs diffusent les savoirs et jouent le rôle de prescripteurs.

Pour les utilisateurs comme pour les chauffeurs, les principaux obstacles à l'utilisation des voitures électriques et hybrides sont la crainte du manque d'autonomie et un coût perçu comme trop élevé, conclut l'étude. Or, pour le passager, la course n'est pas plus cher. Et pour le chauffeur, l'utilisation d'un véhicule propre s'avère en réalité plus économique.

En outre, pour dépasser les craintes relatives à l'autonomie, les auteurs de l'étude jugent important de communiquer sur le réseau de bornes de charge accélérée et rapide en Île-de-France, sur les aides publiques pour l'installation de bornes de charge à domicile, ainsi que sur l'arrivée progressive de modèles tout-électrique à 400 kilomètres d'autonomie théorique sur le marché. Sans oublier de rappeler que tous les véhicules hybrides ne se chargent pas sur le réseau électrique. Et concernant la recharge électrique justement, Uber s'est associé avec l'entreprise Zeplug, premier opérateur proposant une solution clé en main pour recharger son véhicule aussi bien à domicile qu'en centre-ville.

Lors de la présentation des résultats, Marie Castelli, de l'Avere (association pour le développement de la mobilité électrique) a insisté sur le défaut de connaissance relatif aux véhicules propres, aussi bien de la part du grand public que des chauffeurs qui en possèdent. Il ressort ainsi de l'étude, expliquait-elle, que certains chauffeurs de véhicules hybrides déploraient le manque de bornes de recharges alors que leur voiture ne se recharge pas de cette manière, mais via le moteur thermique et l'énergie du freinage ! Bien que peu nombreuses encore, les bornes semblent pour l'instant suffire pour l'usage qui en est fait, assure-t-elle, arguant qu'il n'y a pas encore de longues files d'attente.

Enfin, les auteurs poussent la réflexion sur l'utilisation de modèles qui ne soient pas des berlines comme l'impose pour l'instant la réglementation relative aux VTC. D'autant que les utilisateurs de l'option UberGreen se disent majoritairement favorables à cette idée.

Uber promet 50% de véhicules électriques en 2020

En attendant, Uber réaffirme son engagement pour une transition vers une mobilité plus propre en annonçant un objectif : 50% de la flotte des VTC parisiens sera électrique d'ici la fin 2022. C'est ambitieux. Même si cela peut sembler peu par rapport aux ambitions affichées par le Stif qui promet 100% de bus propres à l'horizon 2025 dans les zones urbaines les plus polluées. D'ici là, 30% du parc devrait être propre en 2020.

Cependant, Uber n'est pas le seul à se préoccuper de l'environnement, et d'autres acteurs du VTC, à l'instar de Marcel, proposent des courses vertes. Marcel faisait d'ailleurs une opération "course gratuite" pour son service "green" lundi, journée mondiale de l'environnement. Ce qui semble un bon moyen de sensibiliser les passagers à en croire les résultats de l'étude de 6t.

Les taxis, sensibilisés depuis 10 ans

Les taxis ne sont pas en reste. La société G7 s'est ainsi engagée dans le développement durable dès 2007 et compte à ce jour 3.000 véhicules "G7 Green", soit 40% de sa flotte. Taxis Bleus, qui appartient au groupe Rousselet, a suivi, en lançant les "taxis verts" en 2008. L'entreprise, à l'origine de la création du réseau européen Taxis4SmartCities il y a un an, revendique une flotte de 500 véhicules écoresponsables. Les sociétés membres se sont engagées à ce qu'entre 33% et 50% des nouveaux véhicules de leurs flottes rejettent moins de 60g de CO2 par kilomètre (contre 180 actuellement), à l'horizon 2020.

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a écrit le 06/06/2017 à 18:44 :
"De plus, si l'étude ne semble pas montrer d'écart significatif pour les frais d'entretien du véhicule" !!!! c'est une plaisanterie ? Lorsqu'on connait la fiabilité d'une Prius par exemple, qui n'a pas d’embrayage, pas de démarreur, pas d’alternateur, pas de courroie d’accessoires, la chaîne de distribution ne nécessite pas de remplacement et le freinage régénératif diminue l’usure des plaquettes de 50 %.
Je me permet de donner ce petit passage de l'enquête mené par un journal automobile :
"ils (les taxis) confirment aussi la supériorité des hybrides Toyota, comme lors de la précédente édition, en 2013. "Prius, Prius+ et Auris Hybride font l'unanimité" ...: "les chauffeurs nous déclarent ignorer outrageusement les gros ennuis ! Tous se réjouissent de la longévité de disques et plaquettes de frein (120.000 km et plus)."

La tribune dans un article du 21/10/2013 se faisait l'écho du plébiscite des taxis pour les hybrides Toyota...relisez-le !

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