Transdev vs Keolis-RATP Dev : duel franco-français pour exploiter CDG Express

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(Crédits : Décideurs en région)
Seuls Transdev et le couple Keolis/RATP ont répondu à l'appel à candidatures lancé par le secrétariat d'Etat aux transport. Le cahier des charges pour l'exploitation de cette ligne ferroviaire directe entre Paris et l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle, sera publié en mai-juin.

Le match pour l'exploitation de CDG Express, cette ligne ferroviaire directe entre Paris et l'aéroport de Roissy-Charles de Gaulle prévue en 2023, sera franco-francais. Ni l'entreprise de Hongkong MTR, ni la Deutsche Bahn que certains observateurs imaginaient en candidats potentiels, ni aucun autre acteur étranger du ferroviaire, ne se sont manifestés le 6 mars dernier, date-limite de l'appel à candidatures lancé par le secrétariat aux transports.

Transdev contre Keolis/Ratp Dev

Seront donc en piste les deux éternels rivaux français du transport urbain, avec d'un côté Transdev (mandataire du groupement composé également de sa filiale ferroviaire CFTA, de Mirova et du fonds de modernisation écologique des transports géré par Demeter Partners), dont la candidature avait été officialisée le 6 mars dernier, et de l'autre, Keolis, la filiale à 70% de la SNCF, en partenariat avec RATP Dev, la filiale de la RATP. Cette alliance a été confirmée ce mardi par le PDG de Keolis, Jean-Pierre Farandou, lors de la présentation des résultats financiers 2016 du groupe qu'il préside.

«Je ne suis pas étonné qu'il n'y ait que ces deux opérateurs. Pour des opérateurs absents du marché français comme MTR ou la Deutsche Bahn, l'exploitation de CDG Express reste un petit appel d'offres. Il n'y a que six trains», explique un connaisseur du dossier.

Le trafic sur cette ligne de 32 kilomètres est estimé entre 6 et 7 millions de voyageurs par an, alors que l'aéroport de Roissy accueille aujourd'hui près de 66 millions de passagers par an.

Le cahier des charges devrait être connu fin mai début juin. Les offres devront ensuite être remises d'ici à la fin de l'année. Le vainqueur sera désigné d'ici à 2018.
Le cahier des charges entérinera le prix de 24 euros du ticket aller simple (des abonnements seront également disponibles pour les salariés travaillant à Roissy).

Quelle offre RER?

« Le vrai sujet, explique un connaisseur du dossier, est de savoir quelle sera l'offre du RER B en face du CDG Express. Un pass navigo à tarif unique en RER B constitue une vraie menace car l'exploitant du CDG Express ne pourrait tabler que sur la clientèle non parisienne. L'hostilité du STIF (le syndicat des transports d'Île-de-France était autrefois un frein à CDG Express. Il y avait par exemple un risque d'une hausse du nombre de RER B avec plus de trains directs vers CDG. Aujourd'hui ce n'est plus le cas. Le STIF n'est plus contre CDG Express. Il faudrait qu'il n'y ait pas trop de trains directs vers CDG et des services attractifs sur CDG Express comme la possibilité d'enregistrer les bagages Gare de l'Est », explique la même source.

Pour rappel, la gare de l'Est est la gare parisienne retenue dans le projet. Il y a plusieurs années, certains voix, notamment à Air France, se sont élevées en faveur de la gare Saint-Lazare, pour mieux desservir La Défense, ou la gare du Nord, connectée à la fois au réseau de métro, de RER, de transiliens, de TGV, à l'Eurostar, et au Thalys. Avec la future ligne de métro 17, la Défense sera reliée à l'aéroport de Roissy. Un coup dur pour CDG Express pour les détracteurs de ce projet à 1,7 milliard d'euros.

La liaison entre la gare de l'Est et la gare du Nord, sera un sujet clé pour le futur exploitant. La ville de Paris et la RATP travaille sur plusieurs scenarios de liaison piétonne rapide entre les gares du Nord et de l'Est, soit en surface, soit sousterraine.

Le montage juridique et financier du projet, dont doit être notifié prochainement à Bruxelles. Une réponse est attendue dans les prochaines semaines. Les travaux de cette ligne doivent commencer début 2018. Pour rappel, le gestionnaire d'infrastructures est composé d'ADP et de SNCF Réseau. La Caisse des Dépôts (actionnaire d'ailleurs de Transdev) pourraient les rejoindre. 

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a écrit le 15/03/2017 à 17:53 :
exemple , vous partez de Nantes (il y a un préavis de travail à la SNCF, ouf) arrivée gare Montparnasse ... valoches et tout le toutim .... galère du métro pour se rendre gare de l'Est .... et prendre ce machin là (avec un peu de bol, il n'y a pas de conducteur ... pas grève) ... ben non merci !
Réponse de le 16/03/2017 à 9:37 :
surtout que dans votre exemple, en fait, vous prenez un TGV à Nantes qui dessert directement Roissy. Car, oui il ya des TGV direct Nantes =>roissy. Donc même pas besoin de faire la traversée de paris.
a écrit le 15/03/2017 à 17:28 :
Sur l'exploitation des infrastructures de transport; il n'y a toujours que ces deux entreprises françaises qui répondent en particulier sur les réseaux de T.C type bus-tram.Elles
en ont presque obligation de la part de l'Etat qui est partie prenante. A un tel tarif, quelle famille utilisera cette navette pour rejoindre CDG depuis Paris? Un taxi est au même prix et vous prend directement de votre provenance à Paris jusqu'au terminal à CDG. Quant à ceux qui voyagent pour affaires, ils ne paient de leur poche leurs frais de déplacement. On peut douter de la rentabilité d'un tel investissement: cela se remarque dans le peu d'intérêt que cet appel à candidature suscite. Et puis, la mise en service pour les éventuels JO, cela est une éventualité peu crédible au vu deq problèmes sous estimés et rencontrés pour les prolongations de lignes de métro en RP.
a écrit le 15/03/2017 à 7:47 :
Pourquoi aucune autre société de transport a répondu à l'appel d'offre, alors que les sociétés français obtiennent régulièrement des marchés à l'étranger?
La concurrence en France n'est visiblement pas pour demain....
Réponse de le 15/03/2017 à 8:59 :
@toto : c'est écrit dans l'article. C'est un tout petit appel d'offres au final (l'article évoque 6 trains en exploitation).avec une concurrence déjà féroce sur le segment proposé.

le CDG Express sera en concurrence avec le RER B et la ligne de métro 17 du grand Paris et les taxis et VTC. Alors engager 1.4milliards pour transporter qui ?
A 24€ le ticket les franciliens préfèreront leur pass navigo (RER B et ligne 17) et les touristes venant à plus de une personne rentabiliseront très vite leur taxi ou VTC.
Et pour aller où ? Clairement la gare de l'Est n'est pas le choix le plus évident, la gare du nord aurait pu faire sens grâce à la connectivité avec les autres réseaux (RER B, D, E, m"tro 4,5, bus, TGV, Transilien, Eurostar et Thalys). La gare de l'est n'offre pas le même avantage.

L'exemple du orlyVal est là pour rappeler qu'un projet sans business plan évident est une catastrophe financière annoncée.

https://fr.wikipedia.org/wiki/Orlyval
Réponse de le 15/03/2017 à 10:02 :
La concurrence peut fonctionner, l'exemple à Heathrow le montre avec le Heathrow express qui est privé, cher, mais rentable car bien géré et bien positionné, mais il faut faire confiance à une société privé et pourquoi pas étrangère.

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