Transports en commun : les Français (toujours) champions de la fraude !

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Le fait de frauder dans les transports en commun serait acceptable aux yeux de 52% des personnes interrogées.
Le fait de frauder dans les transports en commun serait acceptable aux yeux de 52% des personnes interrogées. (Crédits : Chris Yunker / CC BY-SA 2.0 / Flickr)
Le taux de fraude, de 8,9% en France, dépasse largement la moyenne de 3,1% des grandes capitales occidentales.

La fraude dans les transports n'est pas loin d'être un sport national à en croire les chiffres de l'observatoire des mobilités présentés jeudi par la fédération professionnelle du secteur, l'Union des transports publics et ferroviaires (UTP). Il ressort en effet de cette enquête réalisée par l'Ifop pour l'UTP un taux de fraude de 8,9% en France, contre une moyenne de 3,1% dans les grandes capitales occidentales... Ce n'est certes pas nouveau, mais les chiffres peuvent surprendre. Rappelons à cet égard la célèbre photo immortalisant l'ancien président de la République Jacques Chirac en train de sauter joyeusement par-dessus le tourniquet du RER A en 1980. Résistance française au conformisme ? En tout cas le fait de frauder dans les transports semble bel et bien ancré dans les usages.

Cette pratique semble même trouver grâce aux yeux des Français. La fraude serait ainsi acceptable aux yeux de 52% des personnes interrogées. Et ce, pour plusieurs raisons, comme lorsque les bornes ou distributeurs de titres de transports sont en panne, quand les usagers ont des revenus trop faibles, pour effectuer des trajets de petite distance, parce que le prix est jugé trop élevé, par manque de temps pour acheter un billet, ou encore parce qu'il n'y a pas de contrôles.

Le profil du fraudeur

Pourtant, le profil des fraudeurs ne ressemble pas forcément à celui qu'on peut imaginer. "Il y a certes le cliché de celui qui n'a pas les moyens de frauder, or les enquêtes montrent qu'il s'agit de gens comme vous et moi. C'est là toute l'ambiguité des Français qui veulent à la fois de l'autorité et de la protection", s'amuse, Jean-Pierre Farandou, président du groupe Keolis et de l'UTP.

Lire aussi : Le Stif, la RATP et la SNCF déclarent la guerre aux fraudeurs

Quoi qu'il en soit, 29% des Français souhaiteraient en priorité voir les transports publics gratuits pour tous, devant l'eau (26%), l'énergie (18%), la cantine scolaire (8%) ou La Poste (3%). Les personnes interrogées pensent d'ailleurs que c'est l'un des services dont le prix a le plus augmenté ces dix dernières années devant celui de l'eau, de l'enlèvement des ordures, de la cantine scolaire ou universitaire, de La Poste, ou même du gaz et de l'électricité...

Un prix relativement bas en Europe

Pour autant, le prix n'est pas parmi les plus chers d'Europe et d'ailleurs. Loin s'en faut. Il serait même relativement bas au vu du nombre de lignes proposées. Le prix d'un ticket de métro à Paris (14 lignes) est ainsi de 1,90 euro, comme à Lisbonne (4 lignes) contre 2,10 euros à Bruxelles (6 lignes), 2,70 euros à Berlin (10 lignes), 3,70 euros à Stockholm (3 lignes) ou encore 7,2 euros à Londres (14 lignes) ! C'est à Rome (où le taux de TVA pour les transports est de 10% comme en France) et à Madrid que le prix est le plus bas: 1,50 euro.

Et surtout, son prix n'a pas augmenté, contrairement à la TVA (10%), rappelle l'UTP: "Pourquoi n'y a-t-il pas un taux de 5,5% ? La TVA a augmenté, mais pas le prix des transports en commun". Un service public gratuit pour tous justifie un taux de 5,5% pour les services de première nécessité, tels que l'alimentation, les logements sociaux, les abonnements de gaz et d'électricité, les repas de cantine scolaire, mais également la culture (livres, théâtre, cinéma, concerts). Il semblerait donc tout à fait justifié à l'UTP que les transports publics soient logés à la même enseigne. Et de pointer du doigt un trou de quelque 300 millions d'euros pour leur financement. La fraude représente un manque à gagner de 500 millions d'euros, sur lesquels, l'objectif de l'UTP est de récupérer au moins 200 millions.

Autant dire que la gratuité n'est pas une solution envisageable à ses yeux. D'autant que "pour donner une valeur à un service il faut qu'il ait un prix", estime-t-elle. Au niveau du service, 48% des sondés trouvent que les transports en commun ne se sont pas améliorés en matière de sécurité. Ce qui corrobore d'ailleurs la récente étude de la jeune pousse de transport nocturne entre particuliers Heetch, selon laquelle les usagers de l'application évoqueraient un certain sentiment d'insécurité la nuit dans les transports en commun.

Plusieurs solutions sont envisageables. Certaines, technologiques, comme la vidéo-surveillance, mais rien ne remplacera la présence humaine à bord des véhicules, plus rassurante pour les usagers, selon l'UTP.

Une fréquentation en hausse

Toujours est-il que malgré ces petits "défauts", les Français restent de grands utilisateurs des transports publics, avec une fréquentation en hausse entre 2014 et 2015 quelle que soit la taille du réseau. 69% des Français les utilisent régulièrement, dont 67% au moins deux fois par semaine. Dans le détail, le bus arrive en tête des modes de transports fréquentés (69%), devant le métro (55%) et le tram (50%). Suivent le RER (25%) et le TER (14%) avec des taux en baisse par rapport aux précédentes années, contrairement aux trois premiers.

Cela se traduit également par le fort taux de recommandation recensé par l'enquête de l'UTP : 91%. "Un tel taux ferait rougir pas mal de marques commerciales", sourit Jean-Pierre Farandou. "C'est très positif!"

Bref, l'UTP souhaite donc revoir la grille tarifaire dans son ensemble. Et propose de passer d'un mode "statutaire" (des tarifs en fonction du statut "étudiant"", "retraité", etc.) à un mode "solidaire", "plus juste", qui serait basé sur les revenus de l'usager ou de son foyer, quitte à ce que sa mise en place mette 20 ans. Une alternative d'ores et déjà testée dans plusieurs villes telles que Nantes, Brest, Lille ou Strasbourg et qui s'avérerait plutôt concluante, d'après les résultats constatés par l'UTP, avec un effet "volume" et un effet "revenus", moyennant toutefois une certaine "pédagogie". Cela permettrait au passage de récupérer quelque 800 millions d'euros. Ajoutés à cela les 200 millions escomptés par une meilleure lutte contre la fraude, cela permettrait de glaner au total un milliard d'euros. Sachant qu'en 2015, les coûts d'exploitation du transport public urbain et ferroviaire ont représenté 8 milliards d'euros.

L'UTP suggère en outre de redonner ses lettres de noblesses au secteur. Ce qui passerait entre autres par l'attribution d'un Ministère aux Transports, avec un secrétariat d'Etat dédié à la mobilité durable, déplorant un unique secrétariat d'Etat pour le secteur, qui paraît ainsi être relégué à un rang cadet des soucis du gouvernement. "C'est pourtant un secteur dans lequel les entreprises françaises sont parmi les leaders mondiaux". Il ne faut donc pas l'oublier ni le négliger estime l'UTP, qui rappelle au passage le levier que cela représente en termes d'emplois. D'où la mise en place des états généraux de la mobilité pour replacer les transports au cœur du débat public, surtout en cette période électorale.

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Commentaires
a écrit le 20/11/2016 à 13:49 :
Lorsque à Londres je rencontre un problème avec un lecteur automatique de ticket , un agent vient me proposer son aide.
A Paris , dans la même situation , j'ai le choix entre rater mon train ou sauter le portillon.
Je saute régulièrement mon ticket en poche en pestant sur l'état pitoyable du matériel.
a écrit le 20/11/2016 à 8:13 :
Beaucoup de chiffres, souvent cité le mot fraude que je ne remets pas en question mais en fait l'étude est faite non pas pour dénoncer et s'attaquer à la fraude mais d'une façon insidieuse et très malhonnête de trouver un nouveau système de tarification pour augmenter les recettes sans parler d'économie, de meilleure gestion ........ Un sujet traité typiquement à la française avec des comparatifs qui comme habitude ne veulent rien dire car pour comparer il faut prendre bien plus de paramètres et pas seulement le prix d'un billet de transport. Les comparatifs ne sont que mensonges exemple électricité moins chère mais le démantèlement est sous estimé, les impôts IR sont plus bas qu'ailleurs mais on oublie volontairement, les taxes et TVA, deux autres impôts etc etc Cher voyageur demain ils faut passer à la caisse sous couvert de la fraude seul point vrai, à retenir.
a écrit le 19/11/2016 à 21:57 :
Perso sur les rer et ter, je suis partisan d'opérations coup de poing, arrêt de la rame à une gare abandonnée ou fermée, descente des malappris avec surveillance des gendarmes, et on repart les laissant goûter aux bonheurs de la marche à pieds.
Ils seraient vite calmés.
A l'inverse pourquoi pas une porte télépéage hyper rapide pour les abonnés.
a écrit le 19/11/2016 à 12:57 :
De par cette propension à frauder, nous somme bel et bien un pays Sud-Européen (et encore, pas sûr que ceux-ci fraudent autant les transports qu'à Paris par ex.) et non Nord-Européen. Jamais on ne verrait ça dans un pays Scandinave par exemple. Le transports en France (SNCF et RATP et autres) sont déjà ultra-subventionnés (à 70% par ex. pour le métro parisien), et malgré ça on ne veut tout de même pas payer. Nous sommes une nation d'éternels insatisfaits, qui veulent le beurre l'argent du beurre et la crémière avec. Dans aucun pays les transports sont gratuits, ce n'est qu'une utopie. Ca ne marche pas comme ça dans le reste du monde.
a écrit le 19/11/2016 à 9:05 :
Bruno_bd. Exact, mais il y a des gens sur lesquels la rationalité n'a pas de prise....!!
a écrit le 19/11/2016 à 8:56 :
D'abord mes excuses pour les fautes dans mon précédent message mais écrire dans le train debout n'est pas évident...pour repondre à la personne qui précise que la fraude est due au prix des abonnements. Effectivement, ils ne sont pas donnés mais un salarié perçoit la participation transport de son employeur et la Region Centre rembourse également un complément (Mobilico). Ce qui laisse mensuellement à la charge du voyageur environ 90 €. De fait cumuler les amendes sur un mois est à mon sens un mauvais calcul. Après on peut toujours critiquer la régularité et la fiabilité de la Sncf....
a écrit le 19/11/2016 à 7:54 :
Si la France est championne de la fraude c'est pour 2 raisons :
- peu d'amendes sont données au contrevenants ( problèmes logistiques ).
- peu d'amendes sont payées par les contrevenants ...

Faites payer les amendes avec une prise sur salaires ou autres et vous verrez comme par enchantement revenir la fraude au moyenne européenne ...
Réponse de le 19/11/2016 à 9:33 :
@Rabajoie: 1) j'ai pris le train récemment et il y avait un contrôle aussi bien à l'aller qu'au retour. Je ne sais pas si les contrevenants ont payé, mais le fait est qu'ils ont eu l'amende. 2) comment prendre sur salaire quand les gens ne travaillent pas, car à mon humble avis, les contrevenants ne sont pas ceux qui ont l'argent pour payer. Le problème, c'est a) la fraude en bande, car les contrôleurs sont alors en situation d'infériorité et b) le fait qu'en effet les fraudeurs ne paient pas du fait que si on leur demande de payer, on est tout de suite traité de raciste, et là je rejoins "J'accuse" :-)
Réponse de le 19/11/2016 à 12:50 :
@Patrickb et bien moi je le prends régulièrement sur l'axe Normandie-Paris, et sur 8 trajets je n'ai eu que 2 contrôles, malgré la présence de contrôleurs. En 2 mots, moi le dindon de service j'ai toujours payé mon billet pour n'être contrôlé que 2 fois. En Angleterre, je n'ai pas eu un seul trajet en train qui ne soit pas contrôlé. Donc oui, en France frauder le train ou les transports se pratique régulièrement. Et que dire de tous ceux qui sautent régulièrement les tourniquets à Paris.
Réponse de le 20/11/2016 à 10:15 :
@jul76: je ne viens pas souvent en France et je relatais uniquement une experience récente. Mais, je constate en effet à Paris de nombreux fraudeurs, notamment celui qui te pousse au tourniquet pour passer avec toi. Je conviens parfaitement que la France est devenue un pays pas aussi bordélique que la Grèce par exemple, mais qui a besoin d'un redressement radical. Je ne vois toutefois pas grand monde à l'horizon pour accomplir cette tâche, et surtout pas les socialos (mais pas seulement) qui, avec les régularisations massives sont à l'origine de nombreux problèmes actuels :-)
a écrit le 18/11/2016 à 18:33 :
les pouvoirs publics (politiques et autres) ont préféré fermer les yeux devant ce scandale pour ne pas "discriminer" une partie de la population (il suffit de prendre le métro pour voir qui ne passe pas par les tourniquets, et ce n'est pas monsieur tout le monde).
L'exemple le plus flagrant, les agents ne pouvaient pas réclamer la preuve de l' identité déclarée. Donc, quand on se fait pécho, il suffit de dire qu'on a pas d' argent, et de déclarer une fausse identité et une fausse adresse et vous pouvez recommencez autant de fois que vous voulez. Cette manière de mettre la poussière sous le tapis est révoltante par son mépris pour le cochon de payant. Si la droite ou la gauche veulent vraiment supprimer le problème les solutions ne sont pas compliquées. C' est à cause de ce laisser aller permanent que les populistes (je dirai plutôt les gens de bon sens)progressent.
a écrit le 18/11/2016 à 18:21 :
mettre les amendes à 70 euros par exemple avec paiement sous 15 jours puis 150 euros figurant automatiquement sur la feuille des impots sur le revenue ou déduit directement des aides de la caf ou autre .
avec une partie des économies réalisées embaucher du personnel supplémentaire .
moins de chômage c'est la priorité de ce pays!
baisser les tarifs aussi pourquoi pas et avec le reste des économies investir , c'est bon pour la croissance
a écrit le 18/11/2016 à 17:27 :
Tous les jours je prends les transports en commun. Qui fraude? Eh bien sur ma ligne toujours les mêmes qui deviennent violents et insultent les contrôleurs......votre titre "les français..." est volontairement généraliste. Au surplus affirmer "des gens comme vous et moi". Je ne suis pas d'accord avec cette affirmation. Je ne me reconnait pas dans ces fraudeurs et la formule est un peu facile. Un autre signe de la fraude massive est la provision constituée par la Sncf pour rembourser une partie des billets et abonnements suite aux intempéries de juin. A la grande satisfaction de la Sncf, proportionnellement peu de gens ont demandé à bénéficier de cette mesure. A titre personnel je pense au contraire que c'est le signe que de très nombreuses personnes s'abstiennent de payer. Comment pourrait-il en être autrement. On ne peut pas solliciter le remboursement de ce que l'on n'a pas payer....
Réponse de le 18/11/2016 à 18:01 :
Prenez le train Paris Orléans, vous constaterez que y en a qui prenne ce train tous les jours, ils sont contrôlé, prennent leur amende et la paye sans contestation... Le prix des tickets sont tellement élevé que de payer les amendes coute moins cher... La SNCF devrait commencer par réviser les tarifs à la baisse !
Réponse de le 18/11/2016 à 19:51 :
"La SNCF devrait commencer par réviser les tarifs à la baisse ! " ou plutôt celui des amendes à la hausse.
a écrit le 18/11/2016 à 13:45 :
Dans les années 80, les automobilistes ne tenaient pas compte des limitations de vitesse. Aujourd'hui, les risques sont tellement importants que les limitations de vitesse sont bien mieux respectées. Tout est affaire de gain sur risque.
Réponse de le 19/11/2016 à 13:33 :
@Patriot9: ton automobiliste est solvable, il a donc le risque que l'huissier lui rende visite. Avec le fraudeur contemporain, c'est toi qui risque d'être accusé de racisme si tu oses dire quelque chose :-)
a écrit le 18/11/2016 à 11:29 :
A Londres tous les resquilleurs (saut du portillon ou franchissement en se glissant derrière un autre voyageur) sont instantanément interpellés. Ca doit avoir un effet sur le taux de fraude...
Réponse de le 18/11/2016 à 12:15 :
Excellente remarque!
Si nous n'avions pas supprimé presque toute présence humaine aux portillons et que les employés des services de transport étaient en charge d'appréhender immédiatement ceux qui tente de frauder. Le surcoût serait compensé par la moindre fraude et la suppressions des portes très sophistiquées, censées empêcher les fraudeurs.
Au delà, le sentiment de sécurité serait renforcé par cette présence systématique.
a écrit le 18/11/2016 à 11:08 :
Et oui, en France c'est "l'autre" qui paie. Il est regrettable pour ce peuple de rester cantonne dans ses frontieres. Son etat d'esprit est deplorable. Tricher, mentir, frimer, et sans doute bien d'autres travers.
Ici, il est conseille de ne pas frauder pour prendre le metro, le bus, le traitement en semblable situation est assez dissuasif. De plus les transports en communs sont tres abordables, pour ne pas dire pas chers, donc pas d'excuse en cas de fraude.
Dans le train c'est mission impossible, car pour penetrer sur le quai, pas de billet, pas d'acces. Simple, efficace.
Et puis, du personnel veille, des kmeras aussi, un max. Big brother vous regarde, alors soyez bon citoyen, payez, ce que vous consommez, c'est facile.
a écrit le 18/11/2016 à 9:58 :
OUI en France la fraude généralisée est acceptable par une majorité de Français. Raison de plus pour moi de ne plus y contribuer en m'étant exilé comme beaucoup de retraités au Portugal. Un niveau très élevé d'impôts et de taxes permettre de compenser ce comportement que les autres pays, du Nord surtout ne partagent pas.
Réponse de le 18/11/2016 à 11:09 :
Ca fraude pas du tout au Portugal, c'est bien connu. Ne cherchez pas d'excuse à vous occuper de votre nombril, c'est votre droit. Si vous avez mauvaise conscience allez chez un psy ou à l'Eglise.
a écrit le 18/11/2016 à 9:50 :
et les Français se plaignent de leur classe politique...
a écrit le 18/11/2016 à 9:26 :
Pas étonnant que la france doive continuer à vivre aux crochets des Grecs qui, chiffres officiels européens à l'appui, fraudent moins et travaillent plus que les français. En Grèce, plus de 75 % de la population est directement prélevée à la source en ce qui concerne les impôts sur le revenu. Et en france ?
Réponse de le 18/11/2016 à 11:23 :
le taux de recouvrement de l'impôt sur le revenu est très élevé en France, le prélèvement à la source n'y changera rien, d'autant plus qu'il existe aussi des entreprises qui ne s'acquittent pas de leurs obligations fiscales et sociales pour diverses raisons. Comment par exemple les impôts prélevés sur les salaires des salariés seront-ils récupérés dans une entreprise en cessation de paiement ? En cas de liquidation le fisc sera-t-il plus prioritaire que les salaires, l'URSSAF, les autres fournisseurs ? De fait le taux de recouvrement de l'IRPP risque de diminuer avec le prélèvement à la source. Et il ne changera rien quant à la sincérité de la déclaration de revenus que les contribuables prélevés à la source devront en tout état de cause continuer à établir annuellement.
Réponse de le 18/11/2016 à 13:00 :
@patrikb, mon homonyme qui ne trompe personne: 1) tu te trompes de sujet, car l'article traite de la fraude dans les transports et pas de la fraude fiscale. 2) Cela dit, en Grèce, seuls les fonctionnaires sont prélevés à la source. Le problème, ce sont les commerçants, les professions libérales, les armateurs, les gens d'église et leurs conjoints, etc., c'est-à-dire les gros poissons :-)
a écrit le 18/11/2016 à 9:12 :
En Île de France, le pass navigo est gratuit pour les bénéficiaires du RSA, aucune excuse à la fraude !!!
source http://www.ratp.fr/fr/ratp/r_31903/forfait-navigo-gratuite/
a écrit le 18/11/2016 à 8:57 :
A Londres, il y a un employé devant chaque portillon qui est là pour renseigner, aider et j'imagine agir si vous ne payez pas. Suffit d'avoir l'air français et perdu, il vient vous aider à acheter votre oyster card.
Remettons des "poinçonneurs". A force de supprimer l'Homme partout, on a du chômage et des problèmes.
Réponse de le 18/11/2016 à 11:25 :
c'est évident, souhaitable, désirable et votre exemple est généralisable à de nombreux secteurs, y compris dans le privé. Par contre, il faut aller au bout du raisonnement, si on veut ces emplois de façon durable et donc rentable, il faut baisser les charges sinon c'est un voeu pieu. Il y a des centaines de milliers d'emplois potentiels dans les services, mais plus compatibles avec notre modèle social et son mode de financement d'avant hier. Il est là en grande partie le delta avec nos voisins.
Si on pouvait avoir des débats sereins sur ce sujet lors de la Présidentielle, sans anathème ou à priori, on pourrait forger un nouveau modèle générant plus d'emplois et avec de nouvelles protections. Je sais, je rêve...Alors habituons nous à la fraude, au sentiment d'insécurité dans les transports et à notre chômage de masse, en gros changeons rien...youpi
Réponse de le 18/11/2016 à 16:35 :
si embaucher du personnel permet de faire baisser le taux de fraude, c'est gagnant, donc rentable.

Le montant de la fraude est de l'ordre de 500 millions €/an. soit de quoi embaucher à peu près 12 000 personnes à temps plein. En embauchant 3000 personnes, (soit 10 par station de métro), on devrait réduire le problème de la fraude de façon substantielle. Sans compter qu'un agent de surveillance remplace une caméra, une ronde de police et un point renseignement pour les touristes perdus.
Réponse de le 18/11/2016 à 17:57 :
Si c'était rentable, vous pensez pas qu il l'aurait fait depuis très longtemps...?
Sinon comment l'expliquez vous? (question ouverte pas moqueuse)

Encore une fois, je suis très très pour de la présence humaine partout. Mais pour avoir voyagé un tout petit peu, j'ai pu voir comment ça se passe dans les transports ou au resto à Londres ou dans les restaurants espagnols et portugais, c'est juste impressionnant par rapport à nous le nombre de gens pour le service (je parle même pas de la Thailande, c'est l hallu).
Pour un pays aussi touristique que le notre, où on sait que nos hôtes se plaignent justement de l'accueil, ça serait un atout supplémentaire. Je ne parle même des soins pour nos anciens, nos plus jeunes, agriculture etc etc etc
Si on doit s'étalonner, on a rattrapé l'Allemagne au niveau cout du travail industriel,mais on a toujours un delta important sur les services. Mon point de vue: on n'est pas capable d'arriver à avoir cette souplesse tout en prévenant les effets négatifs? Sur la même logique que vos contrôleurs, est ce que la baisse du chômage et donc des indemnisations, cela ne nous permettrait pas de gonfler une espèce de prime pour l'emploi? Je n'ai pas la réponse ( et imagine pas que y en a une super simple), mais j'ai l impression qu on s'empêche de vraiment creuser la question...
a écrit le 18/11/2016 à 8:52 :
Les transports publics gratuits existent dans de nombreux pays et ça fonctionne très bien, voilà une option facile à mettre en oeuvre et qui éliminera 100% des fraudes.
Réponse de le 18/11/2016 à 11:03 :
Arrêtez avec vos vieux délires utopistes. Vous vivez sur quelle planète ? Vous voulez que celui qui n'utilise pas le métro paye à votre place ? Il paye déjà 70% (pour celui de Paris), avec une des pires fiscalités au monde, ça vous suffit pas ? Dans le monde entier on paye pour utiliser les transports, même en Corée du Nord. "Nombreux pays", lesquels ? Pour tous les usagers je présume ? N'importe quoi, comme d'habitude avec vous.
Réponse de le 18/11/2016 à 11:35 :
"Gratuit" mais pas "sans coût". Je ne vois pas au nom de quoi ceux qui n'utilisent pas les transports en commun paieraient pour les autres via leurs impôts (du moins ceux qui ne fraudent pas le fisc...). Il faut au contraire rapprocher le plus possible le prix des titres de transports du coût réel de celui-ci, renforcer le contrôle afin que nul n'échappe au paiement du titre de transports et rendre les amendes franchement dissuasives (en IDF l'amende minimale devrait être au moins égale au prix du pass navigo mensuel de manière à ce que l'espérance de gain du fraudeur soit négative).
Réponse de le 18/11/2016 à 12:03 :
Si ça se fait dans d'autres pays ça ne peut quand même pas se faire en France ?

Vous voudriez dire que nous sommes un pays d'attardés avec lequel il n'y aurait plus rien à faire ?

Allons allons vous êtes bien pessimiste vous.

Bien entendu j'ai signalé votre commentaire sans intérêt seulement là pour diffamer.
Réponse de le 18/11/2016 à 12:55 :
"Je ne vois pas au nom de quoi ceux qui n'utilisent pas les transports en commun paieraient pour les autres via leurs impôts (du moins ceux qui ne fraudent pas le fisc...)"

Mais vous payez les services publics via vos impôts, via la TVA déjà, que vous les utilisiez ou pas c'est le principe du service public.

Mon pauvre burnodb, pourquoi venez vous sur un site économique alors que cela n'a pas du tout l'air d'être votre rayon ?!

Vivez et pensez je vous prie, intéressez vous un minimum au monde qui vous entoure et ensuite venez commenter, parce que déjà que vous êtes très souvent dans l'incohérence là sur ce coup là vous êtes totalement à la ramasse, merci.
Réponse de le 18/11/2016 à 17:44 :
@citoyenblasé : il est évident que ma vision de l'économie et de la société n'est pas la vôtre. Personne n'est à l'abri de devoir avoir besoin de certains services publics non marchands (police, justice, hôpital, armée qui assure notre protection collective, voire même école). En revanche le transport urbain n'a pas à être gratuit : on peut se déplacer à vélo, avec sa voiture perso, à pieds ; il est donc logique et normal que ce service rendu seulement à certains ne soit pas entièrement financé par la collectivité. Pourquoi à ce moment là les autoroutes, les trains intercités et TGV, les lignes intérieures d'avion ne seraient-ils pas gratuits aussi ? Où est la limite entre ce qui doit être, non pas gratuit mais payé par la collectivité et ce qui ne doit pas l'être ?
Réponse de le 19/11/2016 à 11:04 :
Ce sont des choix : Votre voiture personnelle roule sur une chaussée goudronnée et des ouvrages d'art hors de prix et nécessite des parkings etc... On paie tous pour le grand stade à Saint Denis et je n'y ai jamais mis les pieds et n'aime pas le foot etc,etc, Voir la politique à travers sa situation personnelle ne permet pas d'envisager de projet collectif. A long terme, quelle société voulons nous dans 20 ans ?

Si l'état veut orienter le transport individuel vers le collectif c'est tellement facile d'augmenter l'essence de x centimes le litre pour subventionner le collectif.

On a un pouvoir public qui subventionne l'automobile depuis des années (Prime à la casse et bonus...), le diesel, l'hybride japonais, maintenant le tout électrique tout en s'assurant qu'on aie des pénuries d'électricité à terme via la loi Nome. Bientôt le prix de l’électricité montera pour y inclure une sorte de TTIPP pour entretenir les routes, que paieront même ceux qui n'ont pas de véhicule électrique.

Ceux qui nous gouvernent n'ont pas d'intention claire et leur action est confuse, ils sont velléitaires.
a écrit le 18/11/2016 à 8:44 :
"les usagers de l'application évoqueraient un certain sentiment d'insécurité la nuit dans les transports en commun."
Qu'ils arrêtent de regarder la TV.
Réponse de le 18/11/2016 à 21:10 :
La fraude n'existe que parce qu’elle est possible.

Allez dont prendre les transports en communs au JAPON...devant chaque tourniquet..un contrôleur...à chaque arrêt du train le contrôleur sait la place qui doit être occupée (resa obligatoire) ou vide et il passe et repasse à chaque arrêt...et les japonnais sont des personnes qui respectent d’initiative les règles.....

Chez nous les contrôleurs annoncent les gares quand ils y pensent et le reste du temps on ne les voit pas (utilisateur du ter depuis 10 ans)...tous cela entre deux gréves...(CQFD)...

...sinon ou en est la sncf de ses tourniquets pour l’accès aux trains...on les a vu deux mois (en fin souvent les techniciens pour les réparer)..et depuis ..plus rien...cela sent la LOUSE :o))

Arrêtons de mettre des machines et de payer des cheminots a 2500 euros par mois...leur statut a rendu la SNCF dépendant du bon vouloir de ses employés...privatisation du rail comme d'AIR FRANCE et concurrence....cela n'est pas une fonction régalienne de l’État de transporter les personnes.

Avec un statut du privée il y aura plus d’employé à un salaire qui permettra d employer plus de personne et d'assurer une QUALITÉ de SERVICE à la Française.

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