Uber reçoit quelques chauffeurs mécontents de la baisse de tarifs

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Chez Uber il ne s'agit pas a priori de "négocier" quoi que ce soit pour l'instant, alors que certains chauffeurs comptent bien créer un syndicat professionnel afin de défendre leurs intérêts.
Chez Uber il ne s'agit pas a priori de "négocier" quoi que ce soit pour l'instant, alors que certains chauffeurs comptent bien créer un syndicat professionnel afin de défendre leurs intérêts. (Crédits : © Anindito Mukherjee / Reuters)
Uber n'a reçu que deux représentants du syndicat en cours de création à l'initiative de quelques chauffeurs afin de protéger leurs intérêts, notamment depuis la baisse des prix décidée unilatéralement par Uber. Mais il n'est pour l'instant ni constitué ni existant.

Uber ne fait pas la sourde oreille et entend écouter les revendications de ses chauffeurs partenaires. Mais pas celles de tout le monde. En effet l'antenne parisienne de l'entreprise créée il y a six ans par l'Américian Travis Kalanick dans la Silicon Valley a reçu dans ses locaux du 19e arrondissement certains chauffeurs mécontents ce jeudi 15 octobre, en début d'après-midi, d'après une source proche du dossier. Mais elle n'aurait pas daigné ouvrir sa porte à un membre du Conseil d'administration de Capa-VTC, qui serait très actif et présent sur le terrain. Uber aurait ainsi refusé que celui-ci assiste à l'entretien auquel participaient deux représentants du "pseudo syndicat" de VTC en cours de création (cf. plus bas dans l'article), dont Mohammed Radi qui s'en est proclamé porte-parole. Ceux-ci souhaitaient pourtant précisément être reçus avec le membre de Capa-VTC.

Des entretiens individuels

Une autre source assure cependant que les deux représentants pré-cités ont été reçus individuellement à 14h. Le premier entretien se serait terminé au bout de deux heures, tandis que le second, celui avec Mohammed Radi, serait encore en cours à 17h20.

Certes, les dirigeants de la plateforme qui met en relation passagers et véhicules de transport avec chauffeurs (VTC), ont bien conscience en effet que certains de leurs partenaires ne voient pas d'un bon œil la baisse de tarifs qu'ils leur ont imposée depuis la semaine passée. Pourtant Uber assure que la même mécanique a été fructueuse à New York, où la baisse du prix des courses a engendré une augmentation du volume des trajets, avec au final, un gain pour les chauffeurs.

1% de mécontents

Cela dit, Uber assure qu'il s'agit-là d'une minorité de chauffeurs. Ceux ayant manifesté leur mécontentement représenteraient selon eux seulement 1% de leurs partenaires. Avec lesquels ils comptent user de "pédagogie". Chiffres à l'appui, puisqu'en effet, d'après le premier bilan effectué par Uber "après la baisse des prix de 20% des UberX à Paris, le nombre de trajets sur UberPool était en hausse de 40%, et les revenus horaires des chauffeurs sont restés constants le week-end dernier".

Reste que depuis la semaine dernière, certains VTCistes à l'instar de Marcel, assurent que le téléphone n'arrête pas de sonner. Et doivent gérer quotidiennement plus de 100 appels de chauffeurs candidats pour devenir partenaires de leur application de mise en relation avec des passagers...

Pas de "négociation"

Du côté d'Uber il ne s'agissait pas a priori de "négocier" quoi que ce soit pour l'instant, alors que certains chauffeurs souhaitent créer un syndicat professionnel afin de défendre leurs intérêts. Certains médias n'ont d'ailleurs pas manqué de citer le "porte-parole du tout nouveau Syndicat des exploitants de transport de personnes et VTC Mohammed Radi". Ce qui peut surprendre car un syndicat ne se crée pas en un claquement de doigts, comme nous l'a confirmé Abdelkader Hamida, l'avocat de l'association Capa-VTC joint par La Tribune :

Sur la base d'une réunion qui s'est déroulée à la préfecture, certains se sont crus autorisés à se présenter comme porte-parole ou autre du syndicat qui n'est ni constitué, ni existant !

Un syndicat auto-proclamé ?

Et Abdelkader Hamida de détailler:

"A l'origine, Capa-VTC avait proposé une rencontre à Uber afin de discuter de cette baisse de tarifs, ce que la plateforme a décliné. Du coup, le lendemain, les chauffeurs se sont spontanément présentés au siège de Uber afin d'être reçus eux-mêmes. Mais après une fin de non recevoir d'Uber les chauffeurs se sont rendus porte Maillot. Sur place, les services de la préfecture ont pris contact avec les personnes présentes, dont des adhérents de Capa-VTC. Après quoi, une réunion a été fixée le 12 octobre 2015 à 16h à la préfecture. Durant cette réunion, la préfecture a conseillé aux personnes présentes de se rassembler dans un syndicat et a remis un modèle de statuts à remplir."

Mais rien n'est encore fait pour l'instant, insiste-t-il. Avant de poursuivre:

"Pour l'heure, seule Capa-VTC est une organisation existante et déclarée officiellement en préfecture. Son objet statutaire est de défendre les intérêts de la profession des VTC et capacitaires sans distinguer ceux qui sont salariés ou chefs d'entreprise. C'est bien la profession qui est représentée en son sein. Les membres fondateurs n'excluent pas de transformer à terme cette association en syndicat mais pour l'heure, ils considèrent que la structure de l'association ne les empêche pas de fonctionner. Par exemple, l'association a pu agir en justice devant les tribunaux administratifs au sujet de la journée sans voitures à Paris."

Article mis à jour jeudi 15 octobre à 16h

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Commentaires
a écrit le 15/10/2015 à 1:18 :
Huber pousse les chauffeurs à monter en gamme sur les véhicules et baisse les commissions. Je peux vous dire qu'il va y avoir beaucoup d'impayé sur les leasing.
a écrit le 14/10/2015 à 21:15 :
Cela me rappelle la situation des livreurs de pizzas en Amérique du Nord. Ils utilisent leur voiture, leur temps, etc. et sont rémunérés au pourboire uniquement. Il est évident qui si ton tarif baisse de 20%, il va falloir travailler 20% de plus pour gagner la même chose. Dans le cas des chauffeurs, il faut aussi prendre en compte le fait que la voiture va travailler 20% de plus et que les frais vont donc augmenter. Je crois donc que les Uber s'acheminent vers le statut des livreurs de pizzas nord-américains :-) Mais bon, c'est toujours dans le secteur des petits boulots non qualifiés que la concurrence au bas salaire est la plus forte :-)

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