VTC : chez Uber et Marcel le dialogue avec les chauffeurs se concrétise

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Ce sont à peu près les mêmes sujets qui préoccupent les chauffeurs partenaires de plateformes VTC, à savoir : les commissions (15% chez Marcel, 25% chez Uber pour UberX), les engagements respectifs des partenaires ainsi que les critères et processus de déconnexion.
Ce sont à peu près les mêmes sujets qui préoccupent les chauffeurs partenaires de plateformes VTC, à savoir : les commissions (15% chez Marcel, 25% chez Uber pour UberX), les engagements respectifs des partenaires ainsi que les critères et processus de déconnexion. (Crédits : REUTERS/Robert Galbraith)
Comme la plateforme française Marcel, Uber a décidé d'ouvrir des discussions avec la CFDT afin d'améliorer la rentabilité et la protection sociale des chauffeurs, qui devraient démarrer en 2017.

Les plateformes de réservation de VTC (voitures de transport avec chauffeur), qui disent se soucier du statut de leurs clients (chauffeurs), passent des paroles aux actes. Du moins la filiale française du géant Uber et la CFDT ont-elles décidé d'engager dès 2017 des cycles de discussions, sur plusieurs chantiers pour "améliorer la protection sociale des travailleurs du secteur", "faire avancer les solutions de parking ou de repos des VTC aux aéroports" et "adapter les réglementations en vigueur sur le stationnement des VTC aux aéroports", a précisé la direction d'Uber dans un communiqué, au terme d'une réunion de travail avec la CFDT, une première.

Autre but de la manœuvre : revoir l'obligation du retour au garage entre deux courses, obtenir l'égalité de traitement avec les taxis sur le subventionnement des véhicules hybrides et électriques et assouplir la réglementation sur les caractéristiques techniques des véhicules "pour renforcer la rentabilité des chauffeurs".

"C'est un socle de discussions qui sera mis en route en 2017 et s'étalera sur plusieurs mois", explique Fabian Tosolini (CFDT-Transport), ajoutant que ces discussions étaient ouvertes aux autres organisations syndicales du secteur, si elles le souhaitaient.

L'annonce de cette démarche qu'Uber avait annoncée mi novembre, tombe désormais au moment où les syndicats SCP/VTC (affilié à l'Unsa) et les associations Capa-VTC, VTC de France et Actif-VTC s'apprêtent à manifester (jeudi) à Paris pour réclamer une meilleure rémunération. Ce sera tout juste une semaine après la récente hausse de tarifs du numéro un du secteur, qui a relevé dans le même temps la commission prélevée sur chaque course.

"Contrairement à d'autres, nous avons choisi la voie de la discussion qui n'existait pas jusqu'à présent. Nous sommes très contents", a souligné Fabian Tosolini, à propos de cet appel, qui vise principalement le géant américain Uber.

Uber emboîte le pas de Marcel

Cependant, Marcel avait de son côté annoncé dès le 2 novembre la création de groupes de travail avec les chauffeurs. Pour mettre en oeuvre cette initiative, la plateforme, qui s'est un peu fait voler la vedette par Uber, a lancé ce mardi un appel au volontariat à l'ensemble de ses partenaires chauffeurs. Le but étant d'en sélectionner cinq "représentatifs de l'ensemble de la flotte", explique Bertrand Altmayer, co-fondateur de la jeune pousse française. Les heureux élus seront réunis avec les responsables de Marcel dès le mardi 17 janvier pour le premier groupe de travail, à l'issue duquel le compte-rendu des décisions et avancées sera diffusé auprès de l'ensemble des chauffeurs affiliés à la plateforme. Le rythme sera ensuite d'une réunion tous les trimestres, voire un peu plus. "C'est un travail de longue haleine, qui s'étalera sur plusieurs années", précise l'entrepreneur.

Ce sont à peu près les mêmes sujets qui préoccupent les chauffeurs partenaires de plateformes VTC, à savoir : les commissions (15% chez Marcel), les engagements respectifs des partenaires ainsi que les critères et processus de déconnexion.

 Bertrand Altmayer, co-fondateur de Marcel explique :

"La rentabilité des chauffeurs, de même que celle des plateformes, est la clé de la pérennité du marché du VTC, en pleine croissance et créateur d'emploi. Or pour aboutir à cet équilibre entre les acteurs, il faut du dialogue. C'est une conviction que nous partageons avec le député de Côte d'Or et médiateur, Laurent Grandguillaume (rapporteur du texte de loi qui doit être voté définitivement début janvier, ndlr). Nous sommes les premiers à initier ces groupes de travail. D'autres plateformes ont suivi le mouvement, mais nous souhaitons que ce dialogue social se fasse rapidement de manière plus organisée au sein de l'ensemble du secteur."

Reste à voir si le modèle fonctionne et si le décisions qui en ressortent s'avèrent fructueuses, conclut-il.

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