Oskar Metsavaht, un entrepreneur éthique

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Copyright Reuters (Crédits : Ania Freindorf/UNESCO)
Le fondateur de la marque de vêtements Osklen et de l'Instituto-e figure parmi les dirigeants de plus en plus influents au Brésil.

Après avoir reçu fin mai, à Londres, le prix de leader des pays émergents lors des Luxury Briefing awards 2011, Oskar Metsavaht, fondateur du label de mode Osklen, vient d'être nommé ambassadeur de bonne volonté à l'Unesco. Et, le 7 juin, à Rio de Janeiro, dans le cadre de la Bright Green Cities Conference, il a annoncé que son association en faveur du développement durable et de la lutte contre l'exclusion sociale, Instituto-e, allait lancer, avec le groupe de réflexion Forum das Americas, un vaste programme pour créer des technologies écologiques inédites et produire de nouvelles matières premières durables pour l'industrie de la mode. Destinés au marché italien de la mode, tous ces nouveaux tissus biologiques et/ou réalisés à partir de matières recyclées visent une empreinte carbone nulle. « Osklen a été la première société de détail d'articles de mode à avoir neutralisé ses émissions carbone », explique Oskar Metsavaht. « Cette coopération va contribuer à promouvoir le Brésil comme un modèle de développement durable ».

Né en 1961, ce médecin orthopédiste de formation est profondément fasciné par la nature et la beauté de la forêt amazonienne. Surfeur, passionné de sports de glisse, il aime partir à l'assaut des plus grands sommets de la planète en snowboard. En 1986, avec un groupe d'amis, il décide de s'attaquer à l'Aconcagua, le colosse de l'Amérique, le point culminant de la cordillère des Andes.

Dans les boutiques brésiliennes, aucun vêtement pratique ne satisfait son besoin de confort et de résistance au froid. Il décide donc d'inventer une ligne : Storm Tech System sera plébiscitée par tous. Les Brésiliens suivent l'aventure retransmise à la télé, le buzz est lancé. Résultat : en 1989, Oskar Metsavaht ouvre son premier magasin à Buzios, le Saint-Tropez brésilien, avec 7.000 dollars en poche. Vingt ans après, la marque est présente dans plus de 60 points de vente à l'international, dont un en France, à Paris, chez l'Éclaireur. Et Osklen (140 millions d'euros de chiffres d'affaires, 1.000 employés) figure parmi les marques brésiliennes les plus en vues de la semaine de la mode de São Paulo.

Tribus amazoniennes

Son style : des vêtements « chics et modernes », qui associent high-tech, couleurs du Brésil à un toucher de peau exceptionnel. Mais surtout, des matières inédites : cuir bio à base de saumon ou de dorade, latex réalisé avec des bouteilles plastique recyclées, bambou tissé pour les ceintures, soies naturelles... tout chez Osklen prône le respect de la nature et le recours à la fabrication des tribus amazoniennes. L'engagement d'Oskar n'est pas feint. Ses T-shirts en coton bio avec des messages de paix fleurissent sur les poitrines de Copacabana. En son nom, depuis 2002, des groupes de jeunes, baptisés e-brigaders arpentent Rio de Janeiro pour convaincre de la nécessité du recyclage des matières plastiques dans les favelas, mais aussi de l'opportunité que cela représente pour lutter contre l'exclusion sociale. Oskar Metsavaht en est convaincu, le business est sans avenir, s'il n'est pas associé à l'engagement social et au développement durable.

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