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Ces patrons qui osent "libérer" leurs salariés

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Sophie Péters  |   -  1846  mots
Persuadés que le meilleur moyen pour rester compétitifs est de responsabiliser leurs troupes, certains chefs d'entreprise ont fait le pari de lâcher la bride à leur personnel. Visite guidée dans ces laboratoires de ressources humaines qui affichent des performances très convaincantes.

Vu de loin, de très loin, on pourrait croire au monde des « bisounours ». Ou à une énième élucubration managériale dont les consultants auraient le secret. Mais de management, point. Il est justeme...


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Commentaires

Que vont dire les néolibéraux ?  a écrit le 24/10/2012 à 11:18 :

Cette démarche est tentante et souhaitable si elle est maîtrisée mais il n'est pas sûr que les néolibéraux voit cela d'un bon oeil : leur obsession, leur religion est le profit maximal, ils veulent s'enrichir le plus possible. Pas sûr donc que cette démarche leur permette cela. Et de toute façon, ils sont persuadés qu'il faut exploiter les salariés, les maltraiter pour arriver à leurs fins. D'une certaine façon, ils en tirent une certaine jouissance. Il y a toujours un côté pervers chez les néolibéraux. Ils n'accordent que peu de respect à l'être humain. Ils méprisent les salariés et se sentent supérieurs à eux. Ils veulent rester dans ce qu'ils croient être l'élite. Ils haïssent le social. Tous les tenants du néolibéralisme en France tenteront d'une manière ou d'une autre de décrédibiliser cette démarche. Ces néolibéraux là, ce sont notamment une partie des riches patrons ainsi que tous les journalistes et économistes qui, à travers leurs chroniques dans les radios, TV, journaux, magazines ..., font la propagande de l'idéologie néolibérale. Cette démarche consistant à "libérer" les salariés donnent un sentiment d'égalité entre les individus. Or, les néolibéraux n'en veulent pas, trop attachés qu'ils sont à leurs privilèges, à leur sentiment de supériorité. Le néolibéralisme, cette idéologie puante et malsaine, ne pourra jamais prospérer si on accorde trop de respect aux salariés.

Denis TRUFFAUT  a écrit le 23/10/2012 à 9:14 :

Cet article rejoint l'horizontalité du management prôné par les méthodes Agiles, dont Scrum est un parfait exemple.

Ceci étant, pour l'avoir vu dans trois contextes différents, je concéderais qu'il est nécessaire d'avoir un public prédisposé.

La première chose à réaliser est que tous vos collaborateurs ne seront pas prêt à jouer le jeu de la responsabilité. Certains profils favoriseront leur vie personnelle, et pourront se montrer distant vis à vis de ces techniques managériales sociales.

Le second écueil que l'on peut avoir est un découplage potentiel des objectifs du groupe avec la direction. Dès lors que le groupe s'auto-organise, il revêt un aspect communautaire. Il faut faire attention à ne pas faire le jeu de la scission, sans quoi il est possible de tomber dans la révolution, et donc dans l'anarchie la plus totale.

Un autre danger est l'exacerbation des rivalités intra-entreprise, soit groupe contre groupe, soit individu comme individu. Un tel dénouement serait à l'opposé de l'objectif initial, qui prône un jeu collectif. Attention également au travers inverse. Le jeu collectif ne doit pas fondre les personnalités dans un moule, mais respecter les spécificités, qualités et apports de chacun. Il s'agit d'auto-organiser (avec un peu d'aide) les personnalités du groupe et les diriger vers un objectif commun.

Un cadre clairement défini (direction + périmètre + règles du jeu + arbitre + feedback régulier) pourra vous aider en ce sens, mais ne compensera pas le biais causé par des mentalités égoïstes, négatives ou démissionnaires.

Pour préciser le cadre, Scrum définit au moins deux acteurs : le Scrum Master, chargé de faire respecter la méthodologie (planifier, timer et recadrer les réunions...), et le Product Owner, chargé de contrôler l'avancement du projet (définition des besoins fonctionnels, contrôle qualité sur les démos produites par l'équipe...). Le Scrum Master peut-être un élu de l'équipe, sans que ce soit une obligation.

Avec un public adapté, j'ai constaté que ce type d'organisation collective dite "d'intelligence sociale" fait des miracles, et permet de trouver des solutions intéressantes, bien plus profondes que la seule opinion du plus gros salaire, car fondée sur le nombre des avis et l'expertise des hommes et des femmes qui gèrent ce type de problématique au quotidien.

Enfin, il faut savoir que si ce type de management est tout désigné pour la création de nouveau projets (constitution d'une équipe en mode "projet"), il l'est moins pour les activités de maintenance (sauf elles engagent des activités de développement).

En définitive, si votre objectif est clairement défini, si vos équipes sont d'un naturel autonome, objectif et responsable, adoptez ce mantra !