Cinq chantiers pour l'économie française : 5/ préparer l'avenir sans sacrifier le présent

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Plus d'an an après son élection, François Hollande et son gouvernement restent confrontés au même problème : comment indiquer clairement aux Français une stratégie pour préparer l'avenir.

Pour rassurer les Français, l'exécutif multiplie les « coups ». En juillet, François Hollande a décidé de prolonger le grand emprunt de 35 milliards lancé en 2010 par Nicolas Sarkozy. Douze milliards supplémentaires viennent s'ajouter aux 5,5 milliards qui n'avaient pas encore été consommés. À quoi servira cette rallonge ? À financer la montée en gamme de l'économie française, via des investissements dans les filières du futur (biotechnologies, énergies, santé...), en valorisant la recherche issue des partenariats entre les acteurs publics et privés, en favorisant le développement de l'économie numérique et en modernisant les infrastructures de transport.

 

Des chantiers que devraient compléter les travaux de la Commission Lauvergeon « Innovation 2030 » chargée d'identifier une poignée de secteurs d'avenir. Leur présentation à Matignon est imminente. Ce n'est pas tout. Au ministère du Redressement productif, Arnaud Montebourg dévoilera le 12 septembre les 34 plans stratégiques des grandes filières industrielles afin de mettre en place une nouvelle révolution industrielle fondée sur la transition énergétique.

 

Tout cela s'inscrit dans le cadre du séminaire « France 2025 » réuni à la fin d'août et pour lequel chaque ministre a remis un projet stratégique. Le commissaire général à la prospective, Jean Pisani Ferry, doit présenter un rapport à la fin de l'année pour donner une feuille de route plus complète sur la transition de l'économie française vers les années 2020. Une démarche d'anticipation qu'a reprise à son compte le Medef, qui a lancé une commission « France 2020 » sous la houlette de son nouveau président, Pierre Gattaz. Un des rendez-vous clés sera, les 20 et 21 septembre, la conférence de clôture du débat sur la transition énergétique, qui fait espérer aux optimistes 1 million d'emplois, mais reste encore très nébuleuse...

 

Des initiatives bienvenues

 

Ces initiatives, ainsi que toutes les mesures capables de stimuler l'innovation et la R&D, sont les bienvenues. Car il y a urgence. Incapable de concurrencer les pays émergents sur les produits à faible valeur ajoutée, produits dont le contenu technologique ne cesse d'ailleurs d'augmenter, la France peine aussi à rivaliser avec les pays industrialisés, notamment l'Allemagne, exportateurs de biens à fort contenu technologique. Ses industries autrefois phares s'essoufflent, en témoignent les difficultés des constructeurs automobiles.

 

Résultat, la part de la France dans le commerce mondial ne cesse de reculer. Si elle s'élevait à 4,7% en 2000, elle est tombée à 3,1% en 2012, selon l'Insee. Quand l'Allemagne affichait en 2012 un excédent commercial de 188 milliards d'euros, la France déplorait toujours un déficit de 67milliards. Pour mettre le cap sur 2025, l'entreprise France va devoir mettre surtout le cap sur le monde...

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