La Tribune

Pour réduire le déficit américain, changeons de biocarburants

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Aymeric Auberger  |   -  345  mots
Pour renflouer leurs caisses, HSBC Global Research invite les Etats-Unis à couper les vivres aux producteurs d'éthanol à base de maïs.

Alors que les Etats-Unis cherchent désespérément le moyen de faire face à leurs dettes, ils continuent de subventionner un secteur sans avenir. HSBC Global Research leur suggère de faire des économies tout en accélérant la transition vers des biocarburants plus durables.

L'enquête menée par la division de recherche de la banque britannique HSBC porte sur l'éthanol à base de maïs, qui bénéficie actuellement de trois types de subventions du gouvernement américain. Un objectif chiffré de production d'éthanol a été fixé par le Renewable Production Standard en 2005. Un crédit d'impôt est accordé aux producteurs à hauteur de 0,45 dollars par gallon (un gallon représente à peu près 3,8 litres). Enfin, une taxe est appliquée sur l'éthanol étranger, de 0,54 dollars par gallon. Depuis 2005, le montant des subventions a été presque multiplié par trois.

Selon le rapport, la suppression des subventions à l'éthanol à base de maïs pourrait permettre aux Etats-Unis d'économiser 18 milliards de dollars entre 2012 et 2014. Les subventions aux biocarburants de deuxième génération, c'est-à-dire à l'éthanol cellulosique à base de déchets agricoles et ligneux, ne coûtent aujourd'hui que 6,6 millions de dollars par an. D'après les chercheurs, le maintien de ces subventions doit permettre d'accélérer la transition vers ce type de biocarburant. Le bilan environnemental de la deuxième génération de biocarburants est bien meilleur, et ils ne remplacent pas l'usage alimentaire, donc ne poussent pas à la hausse les prix agricoles.

Néanmoins, si la seconde génération de biocarburants ne s'est pas encore vraiment développée (en 2010, un million de gallons ont été produits aux Etats-Unis, sur 100 millions prévus), il faudra sûrement beaucoup plus de subventions pour faire en sorte qu'elle remplace la première génération. Les Etats-Unis ne rembourseront donc pas leur dette grâce aux biocarburants, mais l'accélération de la migration vers des biocarburants plus propres et moins perturbateurs pour les marchés agricoles n'en est pas moins une bonne idée.

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Commentaires

bmfh01  a écrit le 10/08/2011 à 5:03 :

Ce n'est pas seulement les bio carburants de première génération qui doivent être pris en considération, mais également les 600'000 tonnes de bio plastiques, en particulier, les PLA, qui viennent amplifier le détournement d'un aliment de base vital pour certaines populations sans vouloir prendre en compte l'impact d'un Eco Bilan tout aussi catastrophique.