La Tribune

Vers des boîtiers télécoms plus économes en énergie

Par Delphine Cuny  |   -  444  mots
Le secteur des télécoms s'engage à maîtriser sa consommation d'énergie d'ici 2012, malgré la croissance des usages

Les télécoms sont le 26e secteur qui s'engage autour d'une charte et le tout premier sur l'affichage environnemental », s'est félicitée jeudi Chantal Jouanno, la secrétaire d'État à l'Écologie. Sa collègue en charge du numérique, Nathalie Kosciusko-Morizet, a observé que « l'enthousiasme du secteur pour l'écologie était initialement assez limité » et qu'elle avait, avec Chantal Jouanno, « rêvé d'un bonus-malus sur les téléphones mobiles ». Dans sa charte d'engagement volontaire signée jeudi, la Fédération française des télécoms (FFT) a privilégié « le bonus sans le malus », a indiqué le responsable du développement durable de la FFT, Richard Lalande.

Les trois opérateurs mobiles, Orange, SFR et Bouygues Telecom, qui ont collecté 485.000 téléphones usagés en 2009, à comparer aux 15 millions de mobiles vendus, s'engagent à proposer des incitations à la récupération des appareils usagés, allant de 2 euros à 280 euros selon l'état et le modèle. Incitations indispensables, puisque lorsque Bouygues a supprimé la sienne, de 10 euros par mobile, l'an passé, le nombre de téléphones collectés a été divisé par quatre.

Interrupteur marche/arrêt

L'autre engagement fort concerne la maîtrise de la consommation énergétique du secteur d'ici à 2012, à 8,5 milliards de kilowatts/heure (TWh/an). « Il n'est pas facile d'aller plus loin que la stabilité car les usages explosent », a fait valoir Frank Esser, le président de la FFT et PDG de SFR.

Les principaux efforts porteront sur les boxes ADSL, fortement consommatrices d'énergie (1,6 TWh/an pour un parc de 19,6 millions en 2008), dont le nombre devrait grimper à 40 millions en 2012. Les nouvelles générations de décodeurs TV commercialisées à partir de juillet 2010 seront équipées d'un interrupteur marche/arrêt. Changer les millions de boxes des Français n'aurait pas un bilan écologique positif en raison du recyclage. Les opérateurs travaillent aussi, avec les équipementiers, « à une solution logicielle permettant de mettre en veille les boxes par les réseaux, sans intervention des consommateurs, à un horizon de trois ans », confie le directeur général de la FFT, Yves Le Mouël. Un autre chantier concerne les centres de données, dont les émissions de CO2 devront être réduites d'ici à 2020.

Enfin, les opérateurs s'engagent sur des politiques d'achats responsables, sur le plan social et environnemental, et sur l'incitation de leurs collaborateurs à un comportement éco-responsable (recyclage du papier, optimisation du parc automobile, etc.). Le secteur participera aussi à l'objectif national d'amélioration de la performance environnementale française en promouvant des usages innovants comme le pilotage du chauffage et des équipements domestiques pour réduire la consommation électrique aux heures de pointe.

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