Les éoliennes de Nenuphar prennent le grand large

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(Crédits : Nenuphar)
Le concepteur lillois de ces machines flottantes vient de réussir une première levée de fonds de 3 millions d'euros.

Y aura-t-il un jour un constructeur français d'éoliennes off-shore d'envergure internationale alors que les Britanniques, les Allemands, les Danois et maintenant les Chinois ont déjà pris plusieurs longueurs d'avance ? Les partenaires impliqués dans le projet de la société Nenuphar en sont convaincus. Idinvest Partners (l'ex-AGF Private Equity) vient de s'engager à investir 3 millions d'euros pour accélérer le développement des premières éoliennes flottantes en mer de cette PME. Laquelle a su trouver des partenaires de poids. L'ingénieriste Technip est ainsi chargé de la conception et de la fabrication des flotteurs sur lesquels reposent la génératrice et les pales. La filiale française du groupe d'ingénierie, tout comme EDF France, Seal Engineering, Bureau Veritas et l'école des Arts et Métiers ParisTech soutiennent Nenuphar dans le cadre du projet VertiWind, candidat au soutien du Fonds démonstrateur de recherche présélectionné par l'Ademe en juin dernier.

Après quatre ans de travail acharné, Charles Smadja et Frédéric Silvert, les deux créateurs associés de cette jeune société lilloise, réussissent donc leur entrée dans la cour des grands. Leur machine flottante a tous les atouts nécessaires pour lever les freins au développement de l'éolien maritime en France. Contrairement aux éoliennes traditionnelles, elle est capable de flotter en haute mer, là où les fonds atteignent jusqu'à 200 mètres de profondeur.

90 mètres de haut

Éloignée des côtes maritimes, elle ne gêne ni les baigneurs ni les pêcheurs et n'a pas d'impact sur les paysages de bord de mer. Verticales, ses pales tournent autour d'un axe lui-même vertical tel un tourniquet de manège. En tout, la machine ne mesure pas plus de 90 mètres de haut. Sa flottaison ne nécessite donc qu'un faible tirant d'eau, d'une dizaine de mètres. Ce qui rend très aisé son remorquage depuis la terre d'où elle part entièrement montée et équipée. « Rien à voir avec les gros chantiers nécessaires au montage en mer des éoliennes classiques qui pèsent 200 tonnes et font 100 mètres de haut », précise Charles Smadja. La vitesse de rotation de l'éolienne varie en fonction du vent grâce à un système électronique d'asservissement afin de supprimer tout risque de vibration des pales. Aucune casse n'est à craindre dans le temps.

Depuis trois mois, un premier prototype à échelle 0,5 est en test sur le site des Carrières du Boulonnais. Construit dans les laboratoires de l'école des Arts et Métiers de Lille, il a une puissance de 35 kW. Avec les fonds d'Idinvest Partners, Nenuphar va pouvoir fabriquer et tester un modèle de taille réelle, d'abord sur terre puis sur mer. Et si tout se poursuit comme prévu, les premières réalisations commerciales devraient voir le jour en mer Méditerranée puis en Bretagne et en Écosse, une fois la technologie éprouvée.

 

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