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http://www.latribune.fr/green-business/l-actualite/20100304trib000483581/quel-est-le-bon-taux-de-taxation-pour-reduire-les-emissions-de-co2-.html
La Tribune : Quel est le bon taux de taxation pour réduire les émissions de CO2 ?
Christian Gollier : Les économistes travaillent depuis une dizaine d’années sur la valeur du carbone. Ce qu’il faut retenir, c’est que réduire les émissions de CO2 ça a des coûts et des bénéfices. Cela sera sans doute très coûteux de réduire les émissions de CO2 : dans notre société où on utilise la voiture, où on se chauffe, où on a tant d’autres activités polluantes, la réduction aura un fort impact en termes de bien-être. Le bénéfice lui est écologique. En réduisant les émissions de CO2 on réduit les dommages créés par l’augmentation de la concentration de CO2 dans l’atmosphère. La question est de savoir de combien une tonne de C02 supplémentaire va augmenter les dommages qui seront supportés par les générations futures. C’est une question délicate dans laquelle les climatologues, les écologues et d’autres sciences dures ont un rôle à jouer pour déterminer de combien la concentration de CO2 va accroître la température moyenne de la terre et ensuite quels dommages ce réchauffement va infliger aux générations futures. Ce sont des calculs très compliqués. Les résultats qui ont été obtenus par les travaux de mon collègue Nordhaus ( ?) de Yale et aussi par ceux de Nicholas Stern de la London School of Economics, l’auteur du rapport Stern, sont qu’une tonne de CO2 en plus dans l’atmosphère va générer des dommages de l’ordre de 30 à 40 euros. La fourchette est assez large : entre 6 euros la tonne selon Nordhaus et 60 euros la tonne selon Stern.
La Tribune : Entre 6 et 60 euros, la marge d’erreur est large !
Christian Gollier : Ce n’est pas une marge d’erreur, c’est une marge d’incertitude. Les climatologues sont en désaccord entre eux pour déterminer l’intensité du réchauffement, et les économistes pour déterminer l’intensité de la relation entre l’augmentation de la température de la Terre et les dommages. La deuxième dimension est que ces dommages vont se produire dans un siècle ou deux et la question est de savoir comment tenir compte de ces dommages très éloignés dans le temps pour une évaluation socioéconomique aujourd’hui. C’est lié au taux d’actualisation que les économistes utilisent pour faire ces calculs – 6 euros ou 60 euros. Face à ces incertitudes certains économistes proposent une solution alternative qui consiste à se fixer un objectif de réduction des émissions de CO2. Supposons qu’on ne veuille pas dépasser un seuil de 550 parts par million (ppm) de CO2 dans l’atmosphère, il faudrait que les pays réduisent des trois-quarts leurs émissions de CO2 d’ici à 50 ans. Si on a cet objectif, quel prix faut-il accorder au carbone, quelle valeur faut-il imposer aux ménages et aux industriels de manière à ce que, confrontés à ce signal prix, ils réduisent les émissions de CO2 pour atteindre cet objectif.
Les modèles qui ont été utilisés par la commission Quinet qui était le précurseur de la commission Rocard (nommée par le gouvernement français pour proposer les modalités de la taxe carbone), ont abouti à la conclusion que pour atteindre cet objectif de réduction de trois quarts, il faut mettre aujourd’hui un prix de 32 euros la tonne de C02 pour ensuite le faire monter en 2030 et en 2050 à 100 et puis 200 euros.
La Tribune : Comment en est-on arrivé au prix de 17 euros du projet gouvernemental?
Christian Gollier : La commission Rocard avait opté pour 32 euros la tonne de C02 et finalement la décision a été prise au niveau politique de choisir 17 euros. Sans doute parce que, comme nous sommes actuellement les seuls à imposer une taxe carbone pour le consommateur final, il n’y a pas de raison de mettre une taxe aussi élevée que 32 euros. En attendant que les autres pays nous suivent, une taxe à 17 euros fait sens en termes d’acceptabilité sociale.
latribune.fr
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popol a écrit le 04/03/2010 à 17:02 :
La taxation aurait donc un effet oxydoréducteur sur le CO2. On commence par incorporer délicatement 17 ? dans une tonne de CO2, on mélange bien. Et miracle, le CO2 a disparu et les 17 ? aussi. BRAVO pour ce tour de passe-passe digne des plus grands magiciens. Naturellement à la longue il y aura un effet d'accoutumance, et il faudra incorporer de plus en plus d'euros dans la tonne de CO2 Le dioxyde de carbone , quoiqu'on dise , n'est pas un polluant. Il est nécessaire à la photosynthèse des plantes. On voit même des injecteurs de CO2 dans certaines serres afin de favoriser le développement des plantes. Pourquoi voudriez vous , par des moyens hautement énergivores, séparer le carbone de l'oxygène, alors que les plantes le font depuis la nuit des temps? Il faut cesser de diaboliser le CO2. Notre atmosphère a connu il y a des milliers d'années des taux de CO2 10 fois supérieurs au taux actuel (385ppm) favorisant en cela une végétation foisonnante favorable aux grands herbivores.
Antoine R. a écrit le 04/03/2010 à 10:59 :
De mémoire, le rapport Quinet (et non Keaney) a fondé sa recommandation pour la valeur tutélaire du CO2 à 100? la tonne en 2030 - ce qui permettrait, selon les modèles utilisés, de satisfaire l'exigence des 450 ppm et de la réduction globale d'un facteur 2 des émissions de GES à l'horizon 2050 vs 1990. (soit un facteur 4 pour les pays développés). Pour obtenir cette valeur de 100? en 2030 tout en donnant de la visibilité aux consommateurs, investisseurs, etc., le rapport Quinet recommandait la définition d'un taux fixe d'actualisation à partir de 2010. Ce même rapport a choisi l'ordre de grandeur "classique" pour le monde public, à savoir 4%, soit une valeur de 45? en 2010. Le rapport Rocard, lui, a préféré recommander une valeur de départ plus basse, de 32? (contexte politique et d'acceptabilité du public), mais avec le même objectif à 2030, soit un taux d'actualisation de 6%. Ce qui est significativement plus élevé. D'après un rapide calcul, partir (comptons 2011...) de 17? renvoie à un taux de 10% (!!!) pour atteindre ce fameux objectif de 100? la tonne de CO2 à 2030. J'espère sincèrement que nous y arriverons.
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