La bataille continue sur les câbles de fermes éoliennes "offshore"

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Nexans vient de décrocher le raccordement du parc Anholt, la future plus grande ferme éolienne offshore du Danemark, d'une puissance de 400 MW à l'horizon 2012-2013.

Ce contrat, le troisième du genre remporté auprès du leader européen de l'éolien en mer, le danois Dong Energy, est une belle victoire pour l'industriel français. Mais la bataille est rude pour le leadership sur ce marché et la course à la taille s'accélère. L'italien Prysmian est sur le point d'absorber le néerlandais Draka, fragilisant la position de leader mondial de l'industrie du câble de Nexans.

Un contrat de 30 millions d'euros
La fourniture, l'installation et la mise en service des câbles qui raccorderont Anholt va rapporter 30 millions d'euros environ à Nexans. Les câbles seront fabriqués dans son usine de Hanovre. C'est la plus importante commande reçue par cette manufacture allemande à destination d'un seul client. La livraison est prévue pour le deuxième trimestre de 2012. Au total, 111 turbines sont à raccorder à 20 km des côtes danoises. Environ 160 km de câbles seront nécessaires.
Si les parcs éoliens offshore poussent comme des champignons en Europe, les contrats de raccordement liés à ces fermes fusent également. Draka a remporté début janvier le raccordement du parc britannique Gwynt y Môr, d'une puissance de 576 MW, construit actuellement par RWE npower renewables. Le contrat représente plus de 25 millions d'euros. Et début février, le néerlandais a remporté une nouvelles fois les faveurs de l'Emec (European Marine Energy Centre) en Ecosse, premier centre européen dans le domaine des énergies des vagues et des marées. Modeste mais symbolique, le contrat de l'Emec porte sur 5 km de câbles, et fait écho à un premier contrat concernant 11 km de lignes électriques sous-marines.

Prysmian, futur n°1 mondial ?
Prysmian n'est pas en reste. En consortium avec Siemens Energy, l'italien a décroché fin janvier un juteux contrat de 250 millions d'euros auprès de l'opérateur germano-hollandais TenneT pour son projet SylWin1, visant à déployer une infrastructure de connexion, câble et stations onshore et offshore, véritable autoroute électrique visant à relier au réseau allemand plusieurs parcs offshore de la mer du Nord, dont DanTysk de 400 MW, situé à 160 km des côtes.
Prysmian devrait prendre également le contrôle de Draka, suite à une bataille boursière engagée en octobre dernier. A l'époque, Nexans avait tiré le premier en lançant une OPA hostile sur le néerlandais, aussitôt rejetée. Derrière, Prysmian et le chinois Tianjin Xinmao étaient passés à l'offensive. Finalement, l'italien s'est retrouvé en position de force en début d'année pour avaler le néerlandais, plus d'un an après une première tentative avortée.
L'italien a reçu l'accord des détenteurs de 99,02 % des actions ordinaires de son concurrent et a déclaré son offre inconditionnelle il y a quelques jours. En s'emparant de Draka, Prysmian devrait détrôner le français Nexans de sa place de leader mondial.
La course à la taille et aux synergies s'étend aussi aux installateurs de câbles sous-marins. Le français Technip, de plus en plus actif dans les énergies marines, vient ainsi de mettre la main, en janvier dernier, sur le britannique Subocean, en forte croissance mais aussi victime de grosses difficultés financières.

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Commentaires
a écrit le 02/03/2011 à 21:09 :
plus long il y a de câble mieux c'est !!! 30 km comme en Allemagne c'est bien .
a écrit le 01/03/2011 à 17:22 :
Le terme de "ferme" a un petit côté écolo et sympathique, mais il n'est absolument pas adapté à ces installations pharaoniques! Parc, çà passe, on parle de parcs industriels.

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