Vent favorable aux gaz de schiste outre-Manche

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Un rapport du comité parlementaire sur l'énergie conclut qu'un moratoire sur leur exploitation au Royaume-Uni n'est ni justifié ni nécessaire actuellement.

Allant à l'encontre d'une vague mondiale de régulation anti-gaz de schiste, le Royaume-Uni semble se diriger vers une autorisation de leur exploitation. Un rapport de l'influent comité parlementaire sur l'énergie, publié ce mardi, se déclare en sa faveur. « Un moratoire au Royaume-Uni n'est ni justifié ni nécessaire », estiment ses auteurs.

Le rapport se penche notamment sur le processus d'extraction, dit de fracturation hydraulique, et conclut qu'il n'y a « pas de preuve que (cela) pose de risque direct » de pollution des nappes phréatiques et des voies d'eau. Le processus consiste à injecter d'énormes quantités d'eau à très haute pression additionnées de produits chimiques, afin de fracturer la roche et libérer le gaz. Aux États-Unis, cela a fait craindre une contamination des ressources d'eau potable, notamment en Pennsylvanie, d'autant plus que les entreprises gardent secret les produits chimiques utilisés. De plus, plusieurs fuites du méthane ont eu lieu avec cette méthode. « Pourtant, l'exploitation du gaz de schiste n'est pas en elle-même plus dangereuse que les autres exploitations d'hydrocarbure, indique à « La Tribune » Tim Yeo, le président du comité parlementaire. Il suffit de respecter la régulation environnementale. Le problème aux États-Unis est que la régulation est moins dure et mal respectée. Les entreprises devraient par exemple être forcées de dévoiler les produits chimiques qu'elles utilisent. »

Pourtant, les arguments qu'il rejette ont été considérés suffisamment importants en France pour ordonner récemment l'interdiction de tous les projets de ce type. De même l'an dernier, l'État de Pennsylvanie avait ordonné un moratoire de trois ans, suivi peu après par l'État de New York. « En France, le problème ne devrait pas être différent du Royaume-Uni où la régulation est forte. Je ne crois pas qu'un moratoire était nécessaire », conclut Tim Yeo.

L'opinion du comité parlementaire est la même que celle du gouvernement britannique. En venant témoigner devant le comité, le secrétaire d'État à l'énergie, Charles Hendry, a minimisé les risques du gaz de schiste, jugeant qu'une partie de ces techniques étaient déjà utilisées en Grande-Bretagne.

Estimation des réserves

Le premier puits de gaz de schiste pourrait d'ailleurs bientôt être exploité en Grande-Bretagne : près de Blackpool, au nord de l'Angleterre. L'entreprise Cuadrilla Ressources mène actuellement des tests pour en estimer l'intérêt économique. Ce feu vert est d'une certaine façon paradoxal, le Royaume-Uni n'ayant pas beaucoup à y gagner : suivant les estimations, il n'a qu'entre 1,5 et 5,6 années de consommation annuelle de gaz en réserve via cette méthode. C'est important, mais pas révolutionnaire. En comparaison, le comité souligne que les réserves estimées en France sont presque deux fois plus importantes. Et celles trouvées aux États-Unis vingt fois plus.

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