La Tribune

Les énergies renouvelables pourraient marquer le pas

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Dominique Pialot  |   -  445  mots
Une meilleure coopération entre États est nécessaire pour faire passer l'Europe aux énergies propres.

2010 a été une année faste pour les énergies renouvelables. Les investissements et les mises en service de nouvelles installations ont augmenté très fortement. 243 milliards de dollars (169 milliards d'euros) ont ainsi été injectés dans les énergies propres dans le monde, et l'Europe compte désormais 23 gigawatts de capacités renouvelables installées.

Mais des super-réseaux (ou « supergrids ») sont indispensables pour passer à la vitesse supérieure. Ils permettent d'équilibrer la production et la consommation d'énergie entre lieux distants, ainsi que la production de sources d'énergie renouvelable « en opposition de phase », c'est-à-dire qui ne produisent pas aux mêmes moments. On peut ainsi rêver de « brancher » à un super réseau à la fois les fermes éoliennes de mer du Nord, les parcs solaires du sud de la Méditerranée et les pays scandinaves, qui stockent l'énergie dans leurs barrages hydroélectriques.

Législation inadaptée

À condition de résoudre un certain nombre d'obstacles. Selon le cabinet PwC, qui vient de publier une étude intitulée « Vers 100 % d'énergies renouvelables en Europe et en Afrique du Nord », les verrous technologiques ne sont pas forcément les plus complexes à faire sauter. Après avoir conclu il y a un an à la faisabilité technique d'un passage au « tout renouvelable » à l'horizon 2050, PwC liste aujourd'hui d'autres facteurs qui s'opposent à un développement plus rapide.

Au sein même de l'Union européenne, malgré la publication du plan de développement à dix ans du ENTSO-E (European Network of Transmission System Operators for Electricity) et de la feuille de route pour un réseau européen intégré, on n'pbserve peu de progrès sur le terrain. Une législation inadaptée et l'opposition des populations rendent quasiimpossible la construction de lignes électriques transfrontalières. Le besoin de coopération politique entre États devient urgent, tout comme l'élaboration de standards communs et d'incitations à investir dans des connexions de réseaux à tous les niveaux géographiques. Des mécanismes de partage des bénéfices et une meilleure association des communautés locales aux décisions permettraient aussi d'améliorer l'acceptabilité des projets.

Prévue par diverses directives, la libéralisation du marché européen de l'énergie n'est pas encore achevée. D'ailleurs l'étude pose la question : la libéralisation est-elle la meilleure solution pour parvenir rapidement à une économie décarbonée ? Enfin, PwC note que les récents changements de pieds sur les subventions aux renouvelables dans plusieurs pays européens ou, dans un tout autre registre, les événements du printemps dans les pays arabes, ne favorisent guère les investissements à long terme que nécessitent les super-réseaux. Dominique Pialot

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Commentaires

Andre La  a écrit le 18/06/2011 à 12:43 :

Cher Dominique Pialot,
ca pourrais etre bien de citer les source d'ou viens les chiffres, meme si c'est peu flatteur pour la France:
http://www.pewenvironment.org/news-room/press-releases/global-clean-energy-investment-reached-record-243-billion-in-2010-329326
Parmi le $ 243 milliard on compte $54.4 milliard pour la Chine, $41 milliard pour l'Allemagne et $ 4 milliard pour la France.
http://www.pewenvironment.org/uploadedFiles/PEG/Publications/Fact_Sheet/G20_2010_France.pdf
Donc il ne manque pas necessairement la cooperation on Europe mais plutot l'engagement, surtout de la France avec un politique desastreux au niveau des EnR.