La Tribune

Idée reçue #12 : "Toutes les énergies renouvelables se valent"

Reuters
Reuters
Dominique Pialot  |   -  564  mots
Elles recouvrent en réalité des technologies très variées. Leurs coûts, leur maturité, leur potentiel sont très hétérogènes et toutes ont leur place dans un mix énergétique.

En six heures, les déserts de notre planète reçoivent plus d'énergie que l'humanité entière n'en consomme en une année. C'est l'argument choc des promoteurs de Desertec, ce projet d'origine allemande un peu fou qui consiste à installer d'ici à 2050 des centrales solaires en Afrique du Nord et au Moyen-Orient, et à récupérer une partie de leur production pour fournir 15 % de la consommation européenne.
Et pourtant, l'énergie solaire ne représente aujourd'hui que 0,1 % des capacités de production mondiale, soit 17 gigawatts (GW). L'éolien, environ dix fois plus avec 198 GW. Mais si Eole a jusqu'à présent connu plus de succès qu'Helios, la tendance pourrait bien s'inverser dans les prochaines années. Ainsi, en 2010, les investissements dans le solaire (86 milliards de dollars, en hausse de 52 %) se sont pour la première fois rapprochés de ceux réalisés dans l'éolien (95 milliards, en hausse de 30 %). Les experts expliquent ce rattrapage par les tarifs de rachat attractifs dont bénéficie l'électricité solaire dans de nombreux pays, notamment en Europe. Malgré plusieurs révisions à la baisse ces derniers mois, ils demeurent largement rentables du fait d'une baisse plus rapide encore des coûts des composants, d'environ 60 % ces trois dernières années. Dans l'éolien, les coûts n'ont diminué que de 18 % sur la même période, mais cela reste aujourd'hui la moins chère des énergies renouvelables (environ 8 centimes d'euros par kilowattheure, kWh), loin derrière le photovoltaïque (entre 25 et 60 centimes d'euros le kWh). Car, en dépit d'investissements de départ importants, le rendement de l'éolien est ensuite meilleur et son coût de maintenance et d'exploitation, inférieur. En revanche, on attend peu de ruptures technologiques dans ce secteur. En outre, les projets suscitent souvent de vives réticences de la part des riverains.
Le solaire, nettement mieux accepté, recouvre plusieurs types de technologies (panneaux de silicium monocristallins, polycristallins, à couches minces, photovoltaïque à concentration...) dont les rendements ne cessent de progresser et les coûts de diminuer, permettant d'abaisser continuellement le coût du watt.

Sur un plan environnemental en revanche, alors qu'une éolienne compense en quelques mois l'énergie dépensée pour la fabriquer, la situation est nettement moins brillante pour le panneau solaire, dont la fabrication consomme beaucoup d'énergie, et le recyclage n'est pas encore très répandu (voir « Les énergies renouvelables ne polluent pas »).
Ces deux énergies très différentes ont néanmoins un gros inconvénient, qui les distingue d'autres énergies renouvelables comme la biomasse ou l'hydroélectricité : elles sont intermittentes. Incapables de produire en continu (en l'absence de vent ou de soleil), elles doivent être doublées par des modes de production thermiques fonctionnant à partir de sources fossiles susceptibles de prendre le relais pour éviter une rupture d'alimentation.
Car, et c'est aujourd'hui le principal frein technologique à l'essor des énergies renouvelables, on ne sait pas stocker l'électricité, quelle qu'en soit l'origine. De nombreuses recherches sont en cours, mais pour l'heure, le principal moyen utilisé est... une autre énergie renouvelable. Le pompage turbinage consiste à utiliser l'électricité produite aux heures creuses par les barrages sert à pomper l'eau pour la faire remonter, et les vannes s'ouvriront à nouveau au moment où la demande le nécessitera. C'est donc en juxtaposant plusieurs types d'énergies renouvelables que l'on peut obtenir un mix énergétique performant.

Réagir

Commentaires

Precision  a écrit le 25/10/2011 à 8:37 :

Amalgame entre prix de rachat et cout de production!!!
de plus si vous prenez le prix de rachat actuel en France ont plus du tout à 25ct et 60 cts mais à 12cts et au maximum 35cts pour des instalations très petites pour les particuliers!
Les coûts de production sont de l'ordre de 6 à 7 cts/kWh (moins que l'EPR par exemple) pour l'éolien et en constante chute pour le solaire (proche de 16cts/kWh).
Pour ce qui est du stockage renseigner vous sur le Windgaz ou egaz qui est la transformation des surplus d'énergie renouvelable en méthane (=gaz de ville).
Déjà en vente chez Greenpeace energie en Allemagne!!

amnesique  a répondu le 03/11/2011 à 12:24:

Je pense que vous devriez prendre attache auprès d'un trés gros acteur de l?énergie solaire, français de surcroit et partie prenante du futur plus grand champs solaire au monde (250Mw contre 110 actuellement). Cela vous évitera de raconter d'approfondir le sujet et d?émettre des hypothèses très audacieuses. Cet article est relativement bon...

Ah j'oubliais, mais quel est donc cet acteur maitrisant toute la chaine (sauf recyclage car personne ne sait faire ) ?

euh ...Il s'agit de Total ... la chute doit être dure non ?