La Tribune

Alstom attaque "La Mecque" de l'énergie des vagues

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Alexandre Simonnet / GreenUnivers.com  |   -  633  mots
Six mois après avoir pris 40% de la start-up écossaise AWS Ocean Energy, le groupe Alstom se met définitivement sur l'orbite de l'énergie des vagues : il crée une co-entreprise avec l'écossais SSE Renewables (filiale verte de l'énergéticien Scottish Southern Energy) pour développer sa ferme Costa Head, dans le nord de l'Ecosse, d'une puissance potentielle de 200 MW !

Ce futur site a été gagné par SSE Renewables aux enchères, en mars 2010, et représente l'un des plus grands projets du monde dans l'énergie houlomotrice. Il sera équipé de bouées d'AWS et permet à Alstom de garder le rythme face à d'autres grands industriels engagés sur le front des vagues (ABB, Abengoa, Lockheed Martin ou encore DCNS).

Alstom signe un joli coup et se place sur un marché écossais auto-proclamé "Arabie saoudite de l'énergie marine". "Nous allons travailler au développement de la technologie en liaison directe avec AWS et nous placer comme fournisseur d'équipements. De son côté, SSE Renewables est un développeur et agira sur l'aménagement du site, la relation avec les parties prenantes", nous a expliqué un porte-parole d'Alstom. Les deux acteurs se rejoindront sur des aspects clés du projet (mesures sur site, études d'impact environnemental, etc). Le groupe ne donne pas plus de précisions sur le rôle de chacun et sur les investissements en jeu.

10 MW en 2016, 200 MW en 2020
Pour se chauffer, SSE Renewables et Alstom ont prévu de monter, en 2016, un pilote de 10 MW environ sur Costa Head (voir illustration), avant de déployer à l'horizon 2020 des dizaines de machines de 2,5 MW pour viser 200 MW de puissance. La machine d'AWS est une longue bouée verticale, flottante, composée de convertisseurs transformant l'énergie du mouvement des vagues en énergie pneumatique par compression de l'air, puis en électricité.
Costa Head est située au nord de Mainland, île principale de l'archipel des Orcades, une zone stratégique qui fait partie du domaine de la Couronne britannique (The Crown Estate). En 2010, la Couronne avait octroyé le développement de 600 MW d'énergie houlomotrice, aux deux tiers à SSE Renewables, à côté des énergéticiens E.ON et ScottishPower Renewables (groupe Iberdrola), et du fabricant de bouées Pelamis Wave Power.
Aux côtés d'Alstom, la petite société AWS Ocean Energy, créée en 2004 (27 salariés) et basée à Inverness (Ecosse), est soutenue par Shell Technology Ventures Fund 1 et la Scottish Investment Bank. Après plusieurs tests de taille réduite, AWS va se lancer en 2012 dans les premières expérimentations d'un prototype à l'échelle un, avant de le déployer en 2014 sur le site du Centre européen de l'énergie marine (Emec), en Ecosse.

Les grands industriels montent au front
La concurrence d'AWS et d'Alstom est formée notamment par Aquamarine Power, un écossais qui a levé 8 millions d'euros en septembre 2011, principalement auprès du géant industriel helvético-suédois ABB et de la compagnie Scottish Southern Energy. Ce dernier joue ainsi sur plusieurs fronts technologiques : à côté du projet Costa Head avec AWS-Alstom, il développe un autre site écossais d'énergie houlomotrice - Brough Head, 200 MW - équipé des machines d'Aquamarine Power.
De son côté, la société irlandaise Wavebob a trouvé, en 2011, un appui stratégique du côté de l'industriel espagnol Abengoa. Ils ont signé un programme-cadre sur six ans. Wavebob est engagé actuellement dans un round de financement pour lever 10 millions d'euros d'ici à mars prochain, indiquait Bloomberg la semaine dernière.
Le serpent énergétique du britannique Pelamis Wave Power est également en embuscade, comme celui de son compatriote Checkmate Seaenergy. Aux Etats-Unis, Ocean Power Technologies est épaulé par le géant de l'armement Lockheed Martin. En France, le groupe de construction navale militaire DCNS s'est allié, fin 2011, à l'énergéticien finlandais Fortum, pour lancer une étude de faisabilité d'un démonstrateur en France qui s'intéresserait surtout à la technologie des vagues de fond. Et en partenariat avec EDF Energies Nouvelles, DCNS développe un projet de démonstrateur basé sur la technologie Ceto de l'australien Carnegie, dont l'installation en mer est prévue à La Réunion début 2012.

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