La Tribune

Eau : comment les groupes israéliens sont devenus des leaders mondiaux

L'usine de dessalement d'Ashkelon Copyright Reuters
Pascal Lacorie, à Jérusalem  |   -  614  mots
Grâce aux technologies développées pour remédier à la pénurie à laquelle est il confrontée, l'Etat hébreu se taille la part du lion sur le marché mondial des cleantechs de l'eau, en plein boom alors que les tensions sur la ressource deviennent plus sensibles.

Pour l'eau, Israël a fait de nécessité vertu. Au beau milieu d'une région menacée constamment par la sécheresse, l' Etat hébreu s'enorgueillit d'avoir fait « fleurir » le désert grâce à des techniques de survie, qui lui ont ensuite permis de devenir une super-puissance mondiale pour la technologie de l'eau et des « cleantech ».

Quelques exemples : en quelques semaines, Israël a signé pour 300 millions de dollars de contrats avec la Chine pour développer des installations de purification d'eau destinées à l'agriculture et remporté un marché de 100 millions de dollars au Ghana pour le développement des systèmes de distribution d'eau de trois villes. L'an dernier, l'Etat de Haryana dans le nord de l'Inde a adopté un système de traitement des eaux usées d'origine israélienne. Au total, l'an dernier, les ventes à l'étranger ont atteint plus de deux milliards de dollars grâce à l'activité de 200 entreprises présentes aux Etats-Unis, en Allemagne en France en Italie, en Espagne...

Porte ouverte partout

Mieux encore : l'Etat hébreu a décroché la deuxième place juste derrière le Danemark dans le dernier classement du Cleantech Group qui estime qu'« Israël, stimulé par la rareté de l'eau, a fait de l'innovation son point fort ». Parmi les fleurons du secteur figure TakaDu, une entreprise qui fabrique des logiciels spécialisés dans la détection et la prévention des fuites qui affectent les réseaux de distribution.

Le groupe Netifin, devenu pour sa part leader mondial pour les techniques d'irrigation « intelligentes » par goutte-à-goutte, a développé un réseau de treize usines et propose ses services dans 113 pays. « Notre expertise, qui permet d'améliorer la qualité de l'eau, nous ouvre des portes pratiquement partout », se félicite le ministre des Infrastructures Nationales, Uzi Landau, qui dirige la délégation israélienne présente lors du Forum de l'Eau, qui se tient cette semaine à Marseille.

Israël exédentaire en eau potable

Sur le front intérieur, plus de 80 % des eaux usées sont traitées et assurent 20 % de la production nationale, dont 40 % pour couvrir les besoins de l'agriculture. Grâce à des contrats de concessions, l'Etat hébreu puise également de plus en plus dans une ressource quasi infinie : la mer. Trois usines de dessalement ont vu le jour depuis cinq ans, avec une capacité de production cumulée de 320 millions de mètres cubes. Sur cette lancée, deux autres unités vont être mises en activité d'ici deux ans, ce qui va permettre de doubler la production. Un tiers de la consommation nationale sera assuré de cette façon, ce qui permettra au pays d'être ainsi moins dépendant des caprices des pluies.

Selon Shimon Benhamou, le directeur de Mekorot, la Compagnie des Eaux, « en 2014, pour la première fois de son histoire, Israël sera excédentaire pour l'eau potable, ce qui va permettre de reconstituer les réserves du pays ». Celles-ci avaient sérieusement diminué à la suite d'une série d'année sèches ». Bref, Israël est en passe de réussir à assurer ses besoins en eau, ce qui, avec le réchauffement climatique, est devenu un atout stratégique de premier ordre.

Les Palestiniens, les grands oubliés

En revanche, les Palestiniens estiment être les grands oubliés de cette « révolution ». Contraints et forcés de partager les nappes phréatiques qui s'étendent en Cisjordanie et sur le territoire israélien, ils affirment être réduits à la portion congrue dans le partage de l'eau surtout pour leur agriculture. Un constat soutenu par des organisations internationales de défense des droits de l'Homme mais qu'Israël rejette...

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Commentaires

STEPH972  a écrit le 15/03/2012 à 15:53 :

Avec des discours racistes ,je vous conseil au lieu de parler d'agir et aller a gaza ils ont besoins de votre intelligence
un francais de Martinique OCCUPE

raf  a écrit le 14/03/2012 à 13:56 :

Et ils l'ont volée à qui l'eau ? C'est drôle, la carte des nappes phréatiques est assez facilement superposable à la carte des colonies !

Paul  a écrit le 14/03/2012 à 3:10 :

Les chercheurs israeliens ont fait des decouvertes majeures dans le domaine photovoltaique. Grace a eux et a un ingenieux systeme de reflexion solaire leurs panneaux produisent 100 fois plus d energie que les panneaux de 2006.

PaulDe  a répondu le 14/03/2012 à 13:35:

ah oui, cf http://www.amolf.nl/research/photonic-materials/news/detailpage/article/light-management-leads-to-ultra-efficient-solar-cells//chash/7ece18f9a69a891cddf38b40498927a1/, de l'institut AMOLF, à Amsterdam (Pays-Bas, donc)... comme quoi israel n'est pas le centre de l'intelligence... pour la gestion de l'eau, si on met de coté les besoins de propagande, peut-être que le reste du monde à également quelque chose à offrir.

Roberto lamoureux  a écrit le 13/03/2012 à 21:34 :

Proverve israelien: "10 intelligents sont plus efficaces que 100 idiots"

Salomé  a répondu le 14/03/2012 à 6:10:

L'UE est le deuxième contributeur des universités et de la recherche dans ce pays, alors que les Universités Palestiniennes sont privées de tout! Il est inutile de fanfaronner quand on prive les intelligences qui pourraient vous faire concurrence en les parquant dans des prisons à ciel ouvert et en usant abusivement de l'argent du contribuable Européen! Il y aurait de quoi avoir honte plutôt.

Junk  a répondu le 15/03/2012 à 8:42:

La jalousie vous aveugle, les millions d'euros à fond perdu de nos impôts via l'UE que Gaza dilapide en armement et roquettes, ne suffiront pas a alimenter les universités de ce pays où l'on pense destruction et haine de l'autre. Au moins avec Israel nous avons un retour sur investissement ! La preuve !