La Tribune

Les écolos inventent la manifestation mondiale grâce à Twitter

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Dominique Pialot  |   -  438  mots
Un tweet par seconde en moyenne pendant 24 heures, et des messages de 140 signes projetés sur l'Opéra de Sydney, à New Delhi, Londres puis Rio...c'est le résultat du "Twitter storm" à laquelle ont participé notamment Richard Branson et Robert Redford, organisé lundi 18 juin par des activistes environnementaux pour réclamer la fin des subventions accordées aux énergies fossiles. Le début d'une nouvelle forme d'action ?

C'est l'organisation non-gouvernementale 350.org, qui tire son nom du plafond maximum de concentration en CO2 dans l'atmosphère en particules par parties (ou ppp), au-delà duquel les bouleversements climatiques pourraient devenir complexes à gérer (même si elle est actuellement de 390 ppp), qui a lancé l'opération à l'occasion du Sommet de l'ONU qui se tient à Rio cette semaine. Le principe de ce "Twitter storm" ou bourrasque Twitter : susciter un maximum de messages contenant le thème (hashtag en langage twittos) #endfossilfuelsubsidies, pour demander la suppression des subventions aux énergies fossiles, un thème qui doit être abordé pendant le Sommet de Rio.

12 fois plus de subventions pour les énergies fossiles que pour les renouvelables

Aujourd'hui estimées à 1.000 milliards de dollars par l'agence internationale de l'énergie (AIE), ces subventions sont douze fois plus importantes que celles accordées aux énergies renouvelables. D'après les calculs de l'AIE, en les divisant par deux, cela permettrait de maintenir la hausse des températures à +2°C. Dans la vraie vie, l'opération sur le réseau social s'est accompagnée de la projection de messages dans des lieux symboliques des grandes villes du monde entier, de Sydney jusqu'à Rio. Et plusieurs ONG, Avaaz.org, Friends of the Earth et 350.org, se sont rendues au 10 Downing Street à Londres, résidence du premier ministre britannique, pour y déposer une pétition de 750.000 signatures, une démarche qui s'est également répétée dans plusieurs grandes villes.

Un tweet de Stephen Fry, c'est 4,5 millions de followers

Si les tweets ont été publiés à un rythme moyen de 1 par seconde, l'affluence a connu des pics à chaque message d'un people, nombreux, qui se sont exprimés ces dernières 24 heures. L'acteur britannique Stephen Fry a ainsi donné le coup d'envoi en annonçant à ses 4,5 millions de fans qu'il signait la pétition en ligne. Idem pour l'homme d'affaires Richard Branson et ses deux millions de followers, ou encore l'acteur américain Robert Redford. D'autres personnalités ou organisations se sont également manifestées : un représentant de la Maison Blanche, qui s'exprimait au nom du président Obama, le magazine National Geographic, la chef du parti démocrate américain Nancy Pelosi, la commissaire européenne au climat, Connie Hedegaard...

Le "twitter storm" désignait jusque là un événement inattendu ayant enflammé le réseau social (le tweet de soutien de Valérie Trierweiler au concurrent de Ségolène Royal à la Rochelle lundi dernier) ou une attaque contre une marque ou une entreprise. L'opération #endfossilfuelsubsidies pourrait lancer une nouvelle forme d'activisime, la version encore plus moderne de la pétition en ligne.

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Commentaires

Energie+  a écrit le 20/06/2012 à 3:16 :

Il y a aussi d'autres solutions pour la suppression rapide des subventions aux énergies polluantes et finies : http://www.newenergyfinance.com/WhitePapers/view/106

Julien  a écrit le 20/06/2012 à 0:12 :

Très bon article. En effet 1000 milliards de subventions aux énergies fossiles c'est énorme, dure depuis des décennies et encourage la gabegie énergétique et les pollutions. Certains pays commencent à les réduire mais ils sont encore rares. Heureusement en Afrique par exemple il est désormais plus rentable d'avoir du solaire qu'un groupe électrogène diesel, donc des écoles et hôpitaux commencent à passer au solaire ou à des mix.

Corso  a écrit le 19/06/2012 à 17:38 :

Twitter n'existe pas si ses messages lobbyistes ne sont pas realayés par la presse, radio, télés.... hum... très très dépendantes...