Les fabricants de biocarburants de deuxième génération demandent plus de soutien de Bruxelles

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Face aux handicaps des carburants de première génération, la Commission européenne a annoncé le 17 octobre dernier l'abaissement de 10 % à 5 % de leur taux d'incorporation aux carburants d'ici à 2020. Mais les fabricants de deuxième génération réclament de Bruxelles une politique de soutien plus affirmée à leur endroit.

Le danois Novozymes (5.900 salariés et un chiffre d'affaires de 1,46 milliard de d'euros en 2011) est l'un des leaders mondiaux de la biotechnologie. Plus particulièrement de la production d'enzymes capables de transformer la ligno-cellulose (présente dans les tiges de plantes, notamment la paille) en éthanol. Autrement dit, un poids lourd  des biocarburants de deuxième génération, qui n'utilisent pas les parties comestibles des plantes et ne concurrencent donc pas l'alimentation.

L'entreprise investit déjà en R&D dans la troisième génération (à base de micro-algues) en Inde mais son président pour l'Europe, Lars Hansen, a confié à un journaliste britannique du site Business Green son regret de voir Bruxelles balayer d'un revers de main tous les produits issus du blé ou de colza, sans distinguer entre des produits plus ou moins « soutenables ». Selon lui, il est contreproductif d'attendre de trouver la matière première parfaite, qui ne présente aucun inconvénient.

Le critère de changement d'affectation des sols oublié

Le patron de Novozymes reproche en particulier à la Commission de ne pas avoir inclus de critères concernant le changement d'affectation des sols indirect (CASI) dans son texte, contrairement à ce que prévoyaient les premières versions du texte qui avaient fuité ces dernières semaines. Cette requête émanait principalement des ONG qui (en plus de la pression qu'ils exercent sur les cours agricoles), remettent en cause le bilan environnemental des biocarburants lorsque leur fabrication entraîne, y compris de façon indirecte, la transformation en champs de forêts ou de tourbières dans des pays moins regardants que ne l'est l'Europe. En accréditant la thèse selon laquelle les techniques de mesure des effets de ces changements d'affectation des sols ne sont pas encore au point, son abandon a été considéré comme une victoire par les fabricants de biodiesel.

Des objectifs chiffrés et des prêts garantis

Lars Hansen regrette surtout qu'aucune politique de soutien à la deuxième génération ne soit annoncée, avec un objectif clair à l'horizon 2020 et la possibilité de garanties facilitant l'accès au crédit à cette industrie qui n'a pas encore atteint le stade de l'industrialisation.

Une usine pilote est ainsi en construction à Salamanque en Espagne, et une autre en Italie doit produire de l'éthanol à partir de canne à sucre. En comparaison, le Brésil, les Etats-Unis et l'Asie du Sud-Est possèdent déjà de nombreuses usines. Pour Lars Hansen, des subventions européennes finançant des unités dans des pays tels que l'Allemagne et la Pologne permettraient de tester différentes matières premières et différentes technologies.

Novozymes souhaiterait donc un objectif précis d'incorporation de biocarburant de deuxième génération, et voir la stratégie en la matière clairement détaillée dans la feuille de route européenne de R& D Horizon 2020.
Le dirigeant de Novozymes souligne qu'à la suite de cette décision, l'Europe, qui a pourtant financé largement les biocarburants de première génération, risque de dépendre à 100 % de pétrole importé d'ici à 2035.
 

 


 

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Commentaires
a écrit le 24/10/2012 à 19:55 :
Clair : l' "écologie", pas logique, n'a qu'un 'un but : il NOUS faut des sous.

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