Energies marines renouvelables : « La France est désormais dans la course »

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(Crédits : D.R)
Organisée pour la première fois en 2012, la convention Thetis-EMR s’est imposée comme l’un des principaux rendez-vous mondiaux pour les acteurs des Energies Marines Renouvelables (EMR). La prochaine édition se tiendra cette semaine à Cherbourg (9 et 10 avril prochain). L’occasion de faire un point sur cette nouvelle filière avec Christophe Peseux, Directeur Général de Thetis EMR.

Cleantech Republic : Comment s'annonce cette 3ème convention ?

Christophe Peseux : Très bien ! L'évènement a rapidement pris ses marques et sa place dans la filière internationale. Nous sommes passés de 80 exposants dont 95% de Français en 2012 à 260 cette année dont 35% d'étrangers, venant essentiellement d'Europe du Nord et d'Amérique (Canada, USA, Chili…). Il y a trois ans, on voyait surtout des animations 3D, mais cette année, on pourra toucher du matériel, voir des prototypes, et assister à des démonstrations. De plus, l'attrait du secteur pour les régions concernées se confirme. Les collectivités locales, qui portent des enjeux socio-économiques de cette industrie, nous accueillent à bras ouverts.

Pourquoi intégrer l'éolien offshore aux Energies Marines ?

On peut effectivement débattre sur la sémantique. D'ailleurs certains pays - le Royaume-Uni par exemple - considèrent que l'éolien offshore est une énergie renouvelable et non une énergie marine renouvelable. Mais si l'on considère les enjeux technologiques, économiques, légaux, sociaux, et les acteurs impliqués, on compte plus de points communs que de divergences. Il nous semble donc pertinent d'associer l'éolien offshore, et même de le considérer comme la locomotive du secteur, qui permettra aux autres énergies - hydrolienne, marémotrice, houlomotrice ou thermique - d'émerger dans un écosystème favorable et déjà organisé.

Quelle place tient la France dans cet écosystème ?

Nos atouts sont déterminants car nous disposons des trois piliers nécessaires à la filière. D'abord des énergéticiens au rayonnement mondial comme EDF et GDF Suez, ensuite des industriels expérimentés comme Alstom, Areva ou DCNS et des champions du génie civil, et enfin, un gisement énergétique national considérable. La France dispose du 2ème domaine maritime mondial (ndlr : 11 millions de km2 en incluant l'outre-mer). Ajoutez une volonté politique unanime, du gouvernement aux élus locaux en passant par le législateur, et vous comprendrez notre détermination à faire exister cette nouvelle filière.

Pourtant la France n'est pas en avance : aucune exploitation pour l'instant…

C'est vrai. Certains freins doivent encore être levés. Les principaux sont connus et seront d'ailleurs traités lors de nos conférences. Il s'agit d'une part du cadre juridique, notamment de l'acceptabilité sociale des EMR - cohabitation avec les autres usagers de la mer, incidences environnementales…- et d'autre part des problématiques de financement de ces très grands projets, en particulier la réduction des risques, qui sont difficiles à évaluer car le génie civil, le raccordement et les travaux maritimes présentent des coûts à la fois prédominants et parfois peu prévisibles : météo, technologies nouvelles, réalité du terrain  … Pour tous ces sujets, Thetis a invité des experts internationaux, qui partagerons leur retour d'expérience par exemple le Canada sur l'acceptabilité sociale, ou encore le Chili et l'Ecosse sur les risques industriels. De plus, la France est désormais dans la course : le 2ème appel d'offre éolien offshore a été lancé il y a déjà un an ; un appel à manifestation d'intérêt pour des fermes hydroliennes pilote est en cours et un probable appel à manifestation d'intérêt pour de l'éolien flottant.

Il s'agit là de terrains de jeu réservés aux grands groupes… Il n'y a pas de place pour l'innovation et les petites entreprises ?

La maturité technologique des différentes énergies marines renouvelables, ainsi que la taille des acteurs, sont très hétérogènes. Nous avons pourtant choisi de valoriser l'apport de tous les porteurs d'innovation : grands groupes, PME et TPE, mais aussi les « académiques » qui peuvent exposer gratuitement dans notre espace « Universités-Recherche ». Ainsi, nous pensons proposer à la filière, y compris aux petites et jeunes entreprises, un outil propice aux synergies et utile à la réalisation des objectifs européens en matière d'énergies renouvelables.

Note du rédacteur : Thetis est une nymphe marine de la mythologie grecque, capable de se métamorphoser.

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Thetis en bref…

  • 3ème édition : 9 et 10 avril 2014 à Cherbourg
  • 260 exposants
  • 2500 visiteurs
  • 4 conférences : « Quelle est l'acceptabilité sociale des énergies marines renouvelables ? » ; « Le génie civil et les travaux maritimes, deux secteurs clefs des EMR » ; « Comment dérisquer et faire baisser les coûts des projets industriels EMR ? » ; « La place du stockage de l'énergie dans les projets EMR ».
  • 700 rendez-vous d'affaires programmés
  • 35% d'internationaux
  • Consulter le site officiel


Cleantech Republic

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Commentaires
a écrit le 07/04/2014 à 23:05 :
N'oubliez pas toute la gamme des "éoliennes aéroportées", le potentiel est immense (surface au sol minimale pour un rendement exponentiel, peu de matière impliquée, quasiment pas de nuisances, proximité des villes, coût minimal de plus de 20 fois inférieur aux centrales nucléaires, pas d'intermittence, minimum de réseau, retractabilité etc). Ca va donner un coup de vieux aux éoliennes classiques mais qui ont aussi un rôle à jouer.
a écrit le 07/04/2014 à 14:25 :
L'énergie hydrolienne est -elle la Solution d'avenir ... ou les écolos vont ils là aussi trouver à critiquer (comme TOUTES les autres sources d'énergie, malheureusement) ???!

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