Le marché de l'éclairage en pleine recomposition

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Le bannissement des ampoules à incandescence en France et en Europe ouvre la voie à de nouvelles technologies et à de nouveaux acteurs.

Taxées d'inefficacité énergétique, elles ne transforment que 5 % de l'énergie consommée en lumière ? les ampoules à incandescence brillent de leurs derniers feux. Six mois après le retrait des linéaires français des ampoules de 100 watts et plus, celles de 75 watts ont à leur tour disparu des rayons le 31 décembre. La France, en effet, a décidé de devancer le calendrier fixé par la directive européenne qui fixe la disparition progressive des ampoules à incandescence d'ici à fin 2012.

Les échéances de ce calendrier européen annoncé en décembre 2008 ont pris le secteur de court, notamment les acteurs historiques Philips, Osram (filiale de Siemens) et General Electric, qui se partagent près de 43 % du marché français. « Nous militons depuis longtemps pour des produits économes en énergie, mais ce calendrier est plus rapide qu'anticipé par nos experts », reconnaît Alexandre Michiels, porte-parole d'Osram. Le site français de Moslheim (Bas-Rhin), dont les difficultés ont été relatées par les journaux, est prêt désormais à basculer sa production vers des halogènes haute efficacité. Pour Marc Blanchard, président de la commission développement durable de la Fédération des magasins de bricolage (FMB), cette technologie permet de « lancer le geste écologique chez le consommateur ». Facturée de 3 à 5 euros, c'est la moins onéreuse des solutions de remplacement aux ampoules à incandescence. Les lampes fluocompactes (FCL), de 5 à 10 euros, affichent des durées de vie plus longues (15 ans) et un gain d'énergie de 80 %. Les acteurs historiques misent sur elles et ont massivement investi à cet effet dans des usines en Asie.

Mais l'interdiction, au 1er septembre dernier, des ampoules à verre dépoli dans toute l'union européenne a aussi permis aux LED (diodes électroluminescentes) de se faire une place dans les linéaires. Encore plus chères (de 7 à 40 euros), elles sont aussi plus durables (25 ans) et deux à cinq fois plus économes à l'usage. Le marché professionnel (hôtellerie, hôpitaux, etc.) constitue le principal client potentiel, mais l'accueil des particuliers réjouit les fabricants. « En octobre 2009, la part de marché des LED avait doublé en un an pour atteindre 4 % », se réjouit l'un des fondateurs de la start-up française HomeLights, Ludovic Rambert. Le quatrième acteur du marché français des LED (derrière Osram, Philips et le français Xanlite), vient de nouer un partenariat avec le numéro trois mondial du semi-conducteur, le japonais Toshiba. Celui-ci a choisi la France comme tête de pont européenne et y affiche pour 2010 un objectif de 600.000 unités vendues et 10 millions d'euros de chiffre d'affaires, comme l'explique à « La Tribune » le directeur marketing et commercial de la division New Lighting Systems, Pascal Demoy. Deux autres géants japonais, Sharp et Panasonic, comptent aussi prendre leur part d'un marché de l'éclairage en pleine recomposition.

Confusion

Cette concurrence devrait entraîner une baisse des prix et favoriser la progression des LED. À condition que les importations asiatiques à bas coût et de piètre qualité n'en détournent pas les clients. Ce fut le cas il y a quelques années pour les lampes basse consommation qui, malgré de récentes innovations (allumage immédiat, lumières plus chaudes, multiplication des formes?) souffrent encore de l'image acquise à cette époque. Surtout, ces produits à bas coût pêchent en matière d'information et contribuent à la confusion d'un consommateur totalement désemparé. De consommables, les ampoules sont devenues des investissements et les acheteurs passent parfois 15 minutes au rayon éclairage contre 45 secondes en moyenne naguère. C'est sur ce terrain de l'information au consommateur que se joue la bataille pour le nouveau marché de l'éclairage, dans des linéaires historiquement désertés par les vendeurs. Dès septembre 2010, les packagings européens devront tous afficher la performance des produits en lumens (unité de mesure du flux lumineux). Il restera encore au consommateur à arbitrer entre investissement de départ, durée de vie et économies d'énergie.

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Commentaires
a écrit le 09/03/2010 à 16:49 :
Dans les "15 minutes contre 45 secondes", ne pensez-vous pas qu'il y a surtout beaucoup de perplexité? et c'est un euphémisme. Il me semble que le législateur devrait inventer un "service après vote" qui se soucierait un peu de la suite de leurs décisions. Un autre point peu soulevé mais que ma pratique d'une dizaine d'année m'a enseigné: la fiabilité des lampes basse consommation est beaucoup moins bonne qu'annoncée, et çà le consommateur-citoyen va en prendre conscience dans les années qui viennent.

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