La Tribune

Trou d'air pour les éoliennes de Vestas

Marie-Caroline Lopez  |   -  344  mots
Le numéro un mondial des éoliennes a enregistré au premier trimestre une perte nette de 82 millions d'euros. Mais il mise sur un rebond en fin d'année et va accroître ses embauches.

A près avoir traversé 2009 sans dommage, en s'étant même payé le luxe de réaliser un exercice record l'an dernier, le leader mondial des turbines éoliennes, le danois Vestas, a été finalement touché par la crise au premier trimestre 2010. Le groupe plonge dans le rouge pour la première fois depuis quatre ans, avec une perte nette de 82 millions d'euros contre un bénéfice de 56 millions début 2009. Son chiffre d'affaires chute de 32 %, à 755 millions.

En cause : le fort ralentissement des projets éoliens dans le monde, faute de financement. Les livraisons de turbines se sont presque maintenues au premier trimestre 2010, avec 758 MW fournis contre 790 MW un an plus tôt, grâce à l'Europe (562 MW, + 22 %), tandis que les marchés américains et asiatiques reculaient de 42 % et 38 % respectivement. Mais ce sont les projets les plus récents qui marquent le pas. Vestas n'a fabriqué que 178 turbines (387 MW) début 2010 contre 490 appareils (885 MW) l'an dernier. Et son carnet de commandes pèse 2,9 milliards d'euros contre 4,9 milliards voilà un an.

Objectifs relevés

Mais, contrairement à l'an dernier, Vestas a décidé de ne pas réduire ses capacités de production. D'où sa perte d'exploitation de 96 millions. Alors que le danois avait décidé la suppression de 1.900 postes en 2009, soit 9 % de ses effectifs, il vient au contraire de relever ses objectifs d'embauche en 2010 à 3.400 personnes, contre 1.300 précédemment. Misant sur un rebond de la demande en fin d'année, il va renforcer sa présence industrielle aux Etats-Unis et investir 400 millions d'euros supplémentaires, portant à 1 milliard ses investissements. Il est conforté en cela par l'attitude de ses clients : Vestas a annoncé lundi la plus importante commande de son histoire : 1.500 MW, avec une option pour 600 MW supplémentaires, pour l'électricien portugais EDP. Soit un montant estimé à 2,9 milliards d'euros. « Comme toujours, Vestas est extrêmement optimiste, voire trop », commente toutefois un analyste parisien. « Les indicateurs avancés dont nous disposons nous amènent à douter que le ­groupe puisse maintenir son objectif de marge opérationnelle de 15 % sur l'année avec un chiffre d'affaires de 7 milliards. »

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