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http://www.latribune.fr/green-business/l-integrale-des-chats/20090605trib000384075/chat-du-5-juin-avec-nicolas-rochon-specialiste-des-green-tech.html
La Tribune.fr - 05/06/2009 | 14:39 - 1600 mots

Bonjour et bienvenue pour cette nouvelle série de « chats » Green Business de latribune.fr. Nous avons le plaisir d'accueillir aujourd'hui Nicolas Rochon, co-directeur de la gestion en charge du pôle Environnement de la Financière de Champlain.
Bonjour. Bienvenue aux internautes de la Tribune et merci pour les nombreuses questions adressées
Sylvie : Bonjour je ne comprends pas comment le ministère de l'Ecologie peut faire des tables rondes aussi intéressantes alors que Mme Jouanno pense que le projet de la porcherie industrielle de Chauvigny dans la Vienne est "acceptable" ( La Nouvelle République du mercredi 27 mai relatant le compte rendu officiel de ce mardi 26 mai sur les questions orales posées par le sénateur Mr Fouche Alain). J'habite sur une des communes concernées par l'épandage et il m'est impossible d'accepter une telle chose c'est une injure à l'intelligence. Je suis adhérente à l'ACIPE et il suffit d'aller sur son site pour comprendre que ce n'est vraiment pas possible même si certains lobbies font pression.... Il faut vraiment que Mr Sarkozy et Mr Borloo fassent quelque chose dans le bon sens d'autant qu'il est prouvé que les porcheries bio sont viables économiquement et que le peuple commence à se rendre compte de ce qu'ils ont dans leur assiette... merci de votre réponse.
Bonjour Sylvie. Sachez que la problématique du bio est extrêmement présente dans les stratégies d'investissement des fonds dédiés au développement durable. Nous soutenons notamment au travers de notre FCPI Champlain Innovation de jeunes entreprises dans le domaine de l'agriculture biologique.
Malheureusement les mesures politiques sont en décalage avec les aspirations de la population mais nous sommes convaincus que ce phénomène de rattrapage se concrétisera dans les prochaines années à l'image des énergies vertes.
PJ : Pourquoi selon vous les grands conglomérats industriels de type General Electric ou Alstom ne profitent-ils pas dès à présent de la forte baisse de la valorisation de certains industriels plus modestes en termes de moyens financiers et industriels pour acheter des Pdm et consolider le secteur des équipementiers éoliens dans 1er temps et celui des équipementiers solaires dans un 2ème temps ?
Le mouvement de consolidation est en marche à l'image de société comme EON qui annonce des investissements records dans les technologies solaires (plus de 8 Mds d'euros dans les cinq prochaines années).
Concernant Alstom et General Electric, leurs positionnements dans les technologies vertes sont déjà bien avancés. Ces entreprises restent très attentives au timing et des opérations majeures devraient intervenir dès lors que la visibilité économique s'améliorera.
ameraoui : Je vous prie monsieur Nicolas Rochon , de bien vouloir me donner votre avis sur la problématique suivante :La finance peut elle jouer un rôle de catalyseur pour le développement et la promotion des énergies nouvelles (solaire, ...)? Mes hautes considérations.
La finance a un rôle primordial dans le développement des énergies vertes. La crise économique qui a replacé la problématique environnementale comme enjeu de relance majeure ne devrait qu'accélérer les investissements massifs dans toutes les technologies d'énergies nouvelles (solaire, éolien, biomasse...)
Les banques, à travers l'accès au crédit, ont un rôle majeur à jouer dans le développement des projets d'énergies propres qui sont fortement capitalistiques. L'intervention croissante des états au sein des établissements bancaires devrait faciliter les opérations. En Chine, notamment, le gouvernement encourage fortement les acteurs bancaires à répondre aux besoins de financement des entreprises.
Laurent : Pour vos fonds environnement, sur quelle base fixez-vous votre allocation sectorielle entre les 3 thématique: énergies renouvelables, déchets, eau. Quelle est votre allocation stratégique en la matière et sur quelle base est elle fixée? Merci.
Les allocations sectorielles entre les trois thématiques dépendent des conditions macroéconomiques. Un marché qui valorise la croissance nous conduit à surpondérer le secteur énergies renouvelables et plus particulièrement les acteurs cycliques du haut de chaîne (par exemple les producteurs de panneaux solaires ou de turbines éoliennes).
A l'inverse, un marché orienté à la baisse favorise les investissements plus défensifs comme l'eau, les déchets et les utilities vertes. A ce jour, nous sommes exposés à 40% sur les utilities vertes, 20% sur l'eau, 15% sur les déchets, 10% sur les cycliques renouvelables et 15% en cash.
bitolle : A quand des moteurs à eau ou air comprimé développés par les constructeurs auto ?
Aujourd'hui, personne n'est en mesure de prévoir la technologie qui dominera dans le secteur de l'automobile. Les solutions privilégiées par les sociétés de capital risque restent majoritairement dans l'univers de la batterie (lithium-ion). Cependant, tout reste ouvert pour des technologies innovantes et nous recherchons notamment à travers notre FCPI des sociétés en mesure d'apporter des solutions dans ce domaine.
N'hésitez pas d'ailleurs à nous contacter si vous connaissez des acteurs évoluant dans ce domaine.
Emmanuel : Depuis le grenelle de l'environnement, nous avons été sensibilisé à la mise en oeuvre d'une démarche "responsable" dans le secteur du bâtiment. Cependant, avec l'apparition de la crise, nous sommes confrontés au fait que vendre ces techniques (HQE, BBC...) représente un surcoût que les preneurs ne sont pas prêts à assumer pour le moment.
Comment commercialement faire admettre aux consommateurs entreprises ou particuliers, que le Low Cost aura du mal à être synonyme de développement vert ?
L'argument économique qui doit retenir l'attention du consommateur est que les mises aux normes nécessaires dans les dix prochaines années nécessiteront des investissements très importants. Les immeubles ne répondent pas aux exigences réglementaires, les surcoûts d'aujourd'hui seront les économies de demain.
Emmanuelle Maillard : Comment sélectionnez-vous les sociétés que vous intégrez à vos portefeuilles ?
Nous sélectionnons des sociétés répondant à deux critères essentiels : la croissance et la visibilité. Concrètement, notre processus de gestion nécessite une étude approfondie des réglementations internationales, couplé à un audit du management des sociétés sur le terrain.
Jean-Michel_Lucas : Faut-il interdire la vente à découvert sur les GreenTech à l'instar de ce qui a été décidé sur les bancaires pendant un moment, pour privilégier une stratégie R&D long terme sur le secteur ? Quelle est votre vision de la notion de régulation pour améliorer l'innovation ?
C'est une question très intéressante. Je ne me limiterais pas au secteur des Green tech.
Nous sommes de farouches opposants à la vente à découvert sur les marchés qui occasionne une très forte volatilité et encourage des comportements purement spéculatifs sans lien avec la mission originelle de la Bourse. Celle-ci se doit d'être au service de l'économie et des entreprises. Pour Champlain, c'est le sens qui crée la performance et non l'inverse.
Zoélacombe : Quel type d'acteur privilégiez-vous aujourd'hui dans le domaine des énergies renouvelables ?
Aujourd'hui nous nous positionnons principalement sur les acteurs du marché asiatique opérant dans le secteur de l'éolien. En réponse aux réglementations extrêmement favorables dans ce secteur développées par les autorités chinoises. Pour illustrer ce propos, nous pouvons évoquer le triplement des objectifs en matière de capacité éolienne installée en Chine pour 2020. Celle-ci passera de 30 GW à 100 GW contre 10 GW installés fin 2008.
Julien Bailleul : Le marché donne aujourd'hui une prime aux valeurs cycliques, comment se sont comportées les valeurs défensives de l'environnement sur la période récente ?
Les très bons résultats des valeurs défensives de l'environnement (exploitants) ont généré une forte surperformance de nos fonds sur le mois de mai 2009. Le portugais EDP Renovaveis en est un très bon exemple.
Laurent Lavigne du Cadet : Bonjour Nicolas , la presse anglosaxonne s'est fait longuement l'écho du stimulus plan de la nouvelle administration Obama et de son axe stratégique en vue du développement des énergies renouvelables aux Etats Unis . Malheureusement j'ai du mal à voir des résultats ou du moins des démonstrations concrètes de la mise en oeuvre de ce plan ... que voyez vous de votre côté ? Quel est l'impact réel du stimulus US sur le marche des énergies renouvelables ? Quelle stratégie d'investissement en tirez vous ?
Bonjour Laurent, il est vrai que contrairement à la Chine, la concrétisation des engagements d'Obama dans l'environnement se fait attendre. Nous tablons sur une validation du Sénat sur la loi Energie de l'administration Obama dans les prochaines semaines qui devrait favoriser le développement des mécanismes de subvention.
Il faut noter qu'une réponse très forte a été donnée à la problématique de financement des fermes éoliennes avec l'extension de l'ITC (crédit d'impôts) du solaire à l'éolien. On a pu noter notamment à l'occasion de la publication des résultats du premier trimestre, le retour d'investissements massifs dans le secteur aux Etats-Unis pour l'année 2010.
Les producteurs de turbines éoliennes et de panneaux solaires devraient profiter d'un retour massif des investissements dans les prochaines années. Il faut, dans ce contexte, privilégier les acteurs locaux comme First Solar pour le solaire ou American Superconductor pour l'éolien...
Sans l'annonce du stimulus US, le marché des énergies renouvelables aurait connu une violente correction.
Jean-Michel_Lucas : Quelles sont vos décisions d'investissement local (Europe)? Votre collecte est-elle positive sur H2'08 ?
Nous privilégions les acteurs de bas de chaîne Green Utilities (les producteurs d'énergies vertes) pour le secteur du renouvelable. Exemples : Iberdrola renouvelable, acciona (Espagne), EDPR (Portugal), Aerowatt (France).
Les acteurs présentant des contrats garantis dans le secteur de l'eau. Exemples : ACEA, distributeur de l'eau de la ville de Rome ou SEVERN TRENT au Royaume-Uni. Concernant la collecte sur le premier semestre, nous sommes en collecte nette positive de 15 millions d'euros après la forte décollecte de 2008.
Merci Nicolas Rochon, le mot de la fin ?
Je remercie les internautes de La Tribune pour ces questions pertinentes. J'ajouterai qu'aujourd'hui l'environnement a dépassé la problématique écologique pour devenir un enjeu économique majeur.
La crise économique nous a permis de placer l'environnement au cœur des réflexions politiques et comme un enjeu sociétal qui laisse augurer sa montée en puissance dans les prochaines années.
Merci, Nicolas Rochon.
latribune.fr
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