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http://www.latribune.fr/green-business/l-integrale-des-tchats/20090617trib000388928/tchat-avec-eric-mugnier-directeur-associe-du-departement-environnement-et-developpement-durable-chez-ernst-young.html
La Tribune.fr - 17/06/2009 | 14:38 - 1356 mots

Bonjour et bienvenue sur le chat de la Tribune.fr ! Aujourd'hui nous avons le plaisir d'accueillir Eric Mugnier, directeur associé du département Environnement et Développement Durable chez Ernst & Young.
Bonjour à tous et merci pour vos questions.
anne : Quels sont à votre avis les secteurs les plus porteurs et les plus potentiellement recruteurs pour des cadres marketing/com expérimentés?
Aujourd'hui, c'est dans le secteur de la grande consommation que se situent les enjeux de consommation responsables les plus pressants : étiquetage écologique, éco-conception, chaîne d'approvisionnement équitable, etc.
Toutefois, nous sommes aujourd'hui dans une période charnière où la prise en compte des questions environnementales et sociétales dans les produits et services est en train de passer du marché de niche au marché de masse dans de nombreux autres secteurs.
sosso : Quand vous dites enjeux de consommation... pour qui le consommateur ou le distributeur ?
Chacun a un rôle à jouer : le consommateur doit devenir un consom'acteur, le fabricant intégrer ces enjeux dans la conception et la fabrication de ses produits, le distributeur mettre en avant ces produits avec la pédagogie qui va avec.
Wattincar : Bonjour, croyez-vous qu'il y ait lieu en France pour faire tourner les VE (véhicules électriques) avec des EnR ? Et si cela soit possible, dans quelle mesure le gouvernement doit exiger à EDF des permis "fast conso" afin de n'être pas obliger à supporter cette main mise sur l'électricité ?
Je pense que la réponse doit s'appuyer sur une analyse du cycle de vie du véhicule électrique, qui mettra en évidence quels sont les incontournables pour assurer un bénéfice écologique à ce véhicule électrique.
ducrickisedecarkasse : Bonjour, en quoi une agence de conseil se doit-elle de faire du marketingf environnementale aujourd'hui ? Les entreprises ont-elles besoin de tellement de conseils dans cette approche ? Et quel est le risque si elles ne font pas attention à l'environnement aujourd'hui ? Merci pour vos réponses.
Dans les années 90, les entreprises se sont interrogées sur la manière de produire. Aujourd'hui, les entreprises sont interrogées sur la conception des produits et les matières pour les fabriquer. Cela nécessite une mise à jour des critères d'évaluation des fournisseurs, de l'offre produit, de la distribution et même de la gestion de la fin de vie du produit.
Les entreprises qui ne captent pas les "signaux faibles" venant des consommateurs sortiront perdantes, car leur offre sera inadaptée. Les cabinets comme Ernst & Young sont à même d'accompagner ces changements dans toutes leurs dimensions.
brice : Quelles sont vos rapports avec les ONG écologistes (organisations non gouvernementales) type Greenpeace, WWF etc... ?
Ces ONG ont un rôle indispensable dans la construction des solutions de demain. Nous les écoutons, nous tenons compte de leurs positions et de leur expertise et nous les rencontrons régulièrement pour nos propres prises de position ou pour le compte de nos clients.
jean-paul : Ernst & Young au delà de votre activité respecte-t-il vraiment l'environnement ? Comment ?
Nos principaux impacts environnementaux ont été évalués. Il s'agit avant tout de réduire les déplacements les plus polluants, notre consommation d'énergie et de papier. De nombreuses initiatives ont été prises depuis 2000, en France et cette démarche est aujourd'hui en marche dans de nombreux autres pays.
Vous trouverez des informations complémentaires sur notre site www.ey.com/fr.
Annick : Le terme "développement durable" est mis à toutes les sauces. Qu'entendez-vous par là ?
Formulé de manière simple, il s'agit pour tous de revoir les équilibres entre l'économique, l'humain et l'environnement dans la prise de décision.
Alain : Croyez-vous aux conséquences concrètes du Grenelle ? Lesquelles par exemple ?
Oui, le Grenelle va accélérer les choses dans le bâtiment, l'énergie, les produits, etc. Je crois beaucoup aux vertus de l'étiquetage écologique des produits, prévu au 1er janvier 2011, qui devrait accélérer la sensibilisation du consommateur et faire prendre conscience aux entreprises des marges de progression dont elles disposent pour améliorer la performance environnementale et sociale de leurs produits et services.
jeanine : Ne trouvez-vous pas qu'en matière de bâtiment écolo (HQE), on est très loin du compte et de respecter l'environnement ? Ne faut-il pas des incitations fiscales plus importantes ?
Le vrai enjeu concerne la rénovation, dans la mesure où le bâtiment neuf ne représente que 1% par an du total bâti. Il faut, d'une part, former les professionnels aux nouvelles techniques et technologies disponibles; d'autre part, fournir aux acheteurs les informations pour une bonne prise de décision (performance environnementale, coût total sur la durée d'exploitation du bâtiment); enfin, des incitations fiscales pour déclencher l'acte de rénovation.
Christophe : En quoi la démarche de Ernst & Young en matière d'environnement est-elle originale ? Avez-vous des exemples concrets ?
S'agissant de Ernst & Young France dans son ensemble, nous avons été le premier cabinet en France à obtenir une certification ISO 14001 pour notre site de Neuilly-sur-Seine (92). Quant à nos activités de conseil en matière d'environnement, elles ont démarré fin 1994, ce qui faisait de nous des pionniers, à l'époque.
Nous sommes, aujourd'hui, 55 consultants dédiés, ce qui, en soi, est original !
Olivier : On parle beaucoup de Greenwashing, comment enrayer l'abus de communication verte ?
L'abus massif de communication verte sans réalité est probablement derrière nous. Les acteurs de la communication comme les pouvoirs publics et les ONG s'organisent pour mettre en place des garde-fous (cf. charte de l'ARPP, ex-bureau de vérification de la publicité).
Le consommateur peut influencer par son (non) acte d'achat. Dans les entreprises, les "communicants" et les "techniciens de l'environnement" ont du mal à se coordonner pour produire une communication verte et juste.
Julia : Le directeur du Crédoc démontrait dans un magazine que nous vivions la fin de l'hyperconsommation, cela vous semble-t-il réel ? A quoi cela est-il dû ?
Je ne suis pas sociologue, mais je constate que les études convergent pour dire que les consommateurs recherchent davantage de sens dans leur consommation de produits, services et loisirs. Simplicité, fonctionnalité, proximité sont en train de devenir des valeurs dominantes.
Tous les produits présentant un bénéfice environnemental ou social clair (labels agriculture biologique, équitable, FSC, MSC, électroménager classe A, etc.) présentent des croissances supérieures aux ventes moyennes de leur marché et souvent à deux chiffres.
Guillaume : Au-delà des inquiétudes sur le changement climatique, nous allons vivre avec une crise des ressources, lesquelles vont devenir rapidement les plus rares, qu'est ce que cela va engendrer pour la vie économique ?
Effectivement, les années de réserve de nombreuses matières premières sont estimées à moins de cinquante ans (pétrole 40, nickel 44, zinc 24, plomb 21, argent 14, etc.). IL va falloir faire
avec plus d'intelligence et moins de matière. Et l'industrie du recyclage va prendre encore davantage de poids dans l'approvisionnement mondial en matières premières.
Kadija : La communication verte n'est-elle finalement qu'une nouvelle mode publicitaire ?
La publicité a toujours "recyclé" des tendances sociologiques. Les études montrent que les préoccupations environnementales sont très solidement ancrées dans les consciences françaises. Je crois donc à une communication verte fondée sur des réalités scientifiques avérées et qui se soucie de ses propres impacts : transports, papier, etc., consommés pour les campagnes publicitaires.
Et qui se soucie également du contenu de ses messages publicitaires.
Bernie : Comment valoriser la richesse des personnes dans les valeurs durables où tous semble orienté sur la nature ou au contraire la machine économique ?
Il y a souvent, en effet, un glissement du terme "durable" vers l'environnement, en oubliant l'humain. La mesure de l'état écologique de la planète a beaucoup progressé depuis dix ans. Il reste un chantier équivalent pour mesurer le bien-être et la richesse des personnes et sortir du critère unique du PIB.
nadège : Quelle est la part de responsabilité des médias vis à vis du changement climatique ? L'information est-elle décalée par rapport aux enjeux ? Pas assez ou mal traitée ?
Les médias jouent leur rôle d'alerte et de sensibilisation. Il faut trouver le bon équilibre entre messages mobilisateurs, mais souvent anxiogènes, et présentation optimiste de solutions pour agir au quotidien.
D'autres enjeux majeurs restent à traiter : en particulier, ressources en eau et biodiversité.
Meri Eric Mugnier, le mot de la fin ?
Merci pour ces questions. Nous sommes à une période charnière où les entreprises comme les consommateurs ont un rôle décisif à jouer pour innover et réaliser les ruptures nécessaires au développement durable.
latribune.fr
seb a écrit le 09/10/2009 à 17:41 :
Pour le greenwashing, des ONG ont lancé cette plateforme citoyenne : http://observatoiredelapublicite.fr Bien à vous tous
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