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Source : La Tribune.fr - 22/03/2010 | 18:10 - 1406 mots  | 

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Journée mondiale de l'eau : les réponses de la DG de Lyonnaise des Eaux

Quelle est la qualité de l'eau et des milieux naturels en France ? A quelles échéances réglementaires le pays va-t-il bientôt devoir faire face ? A l'occasion de la journée mondiale de l'eau, Isabelle Kocher, directrice générale de Lyonnaise des Eaux, vous a répondu ce lundi 22 mars.

Isabelle Kocher Lyonnaise des Eaux

Bonjour et bienvenue sur le "tchat". Aujourd'hui nous avons le plaisir d'accueillir Isabelle Kocher, directrice générale de Lyonnaise des Eaux, qui répondra à toutes vos questions.

Bonjour à l'ensemble des internautes. Je suis heureuse de répondre à vos questions, que j'espère nombreuses.

clairel00 : Bonjour, voici quelques questions... Pourquoi une telle initiative ? Qu'est-ce que vous en attendez concrètement ? Pourquoi y a-t-il un besoin d'idées neuves ? En quoi consiste ce dispositif, comment cela se déroule-t-il ? Sur quels thèmes souhaitez-vous obtenir des idées neuves ?

Je suppose que vous voulez parler d'Idées Neuves sur l'Eau. Il s'agit d'une initiative que Lyonnaise des Eaux a lancée il y a quelques semaines, et qui durera toute l'année 2010. Elle a pour objectif de faire émerger des solutions nouvelles, et de permettre à tous de participer à cette réflexion. Pourquoi? Parce que les enjeux en termes de gestion de l'eau ont changé, même dans un pays développé comme la France. Après des décennies où il s'est surtout agi d'amener l'eau à tous les foyers, il faut maintenant s'occuper de la protection de la ressource en eau, l'envisager comme une ressource fragile, à protéger. Eviter de trop la ponctionner, éviter de la polluer.

L'eau est aujourd'hui un sujet de débat public, qui préoccupe tout le monde : les consommateurs, les associations, les élus... C'est pour cela que nous avons souhaité ouvrir une large concertation, qui passe notamment par une plate forme internet : www.ideesneuvessurleau.net. N'hésitez pas à y participer.

Soleil : Sous la pression de l’Europe la France s’est engagée sur l’objectif d’un bon état écologique de l’eau d’ici à 2015. Pensez-vous que cet objectif soit réaliste ?

L'objectif de la France est très ambitieux : 2/3 des masses d'eau au bon état écologique et chimique en 2015. Il est certain que si nous voulons l'atteindre, il faut trouver des solutions fortes, pour endiguer la pollution par les nitrates et les pesticides, par les eaux de ruissellement en milieu urbain, par les polluants émergents pour ne citer que trois exemples. Ces solutions demanderont des investissements importants et un travail avec l'ensemble des acteurs.

Captain planet : La bataille de l’assainissement a été lancée en septembre 2007 avec les dispositions nécessaires pour accélérer la mise en conformité d’ici fin 2011 des stations d’épuration. Vu le retard pris en la matière, à quand estimez-vous que le pays sera doté d’un réseau d’épuration digne du 21e siècle ?

La mise en conformité des stations d'épuration au regard des normes actuelles est en bonne voie, la plupart des travaux de mise en conformité étant soit réalisés soit planifiés. Il faut maintenant s'atteler à l'atteinte des objectifs de bon état écologique et chimique fixés pour 2015.

Herbe : En évoquant, lors du dernier salon de l’agriculture, une pause dans les réformes environnementales et notamment celle consistant à abaisser l’usage des pesticides, Nicolas Sarkozy ne remet-il pas gravement en cause l’amélioration de la qualité des eaux et tout particulièrement celle des nappes phréatiques ?

Les experts estiment que l'on peut diminuer sensiblement le niveau de pesticides utilisés sans impact sur le rendement des cultures, mais en en ayant un usage raisonné et optimisé. Commençons par cela.

Mimile : Des milliers de foyers français ont des difficultés pour payer leur facture d’eau. Malgré la reconnaissance par la loi sur l’eau et les milieux aquatiques de décembre 2006 du principe d’un « droit d’accéder à l’eau potable dans des conditions économiquement acceptables par tous », ce droit n'est pas aujourd'hui transcrit dans les faits. Pourquoi ?

Lyonnaise des Eaux travaille avec les Fonds de Solidarité Logement pour aider au cas par cas les familles en difficulté. Cela dit nous cherchons à aller plus loin, par le développement de partenariats avec des associations d'aide sociale. Par ailleurs, je soutiens fortement la proposition de loi limitant le poids de la facture de l'eau dans le budget des ménages.

Bob : Pour nous aider à mieux réguler notre consommation d'eau, pourquoi ne pas nous aider à mieux comprendre ce qu'elle nous coûte ?

Tout à fait d'accord avec vous. La facture que vous payez est composée de trois éléments : l'eau potable que vous consommez, le traitement des eaux usées que vous rejetez, et les redevances et taxes perçues par les Agences de l'Eau. IL faut donc expliquer ces trois composantes. Par ailleurs nous développons des efforts pour vous donner accès le plus "en temps réel possible" à votre consommation, pour vous aider à mieux la réguler, en vous permettant par exemple de repérer vos fuites, qui peuvent peser lourd sur votre facture.

icialleurs : La planète c'est 70% d'eau et 30% de terre immergée. Les eaux sont polluées, il serait peut-être judicieux de construire des usines de dessalement d'eau de mer. Qu’en pensez-vous ?

Le dessalement d'eau de mer suppose une filtration extrêmement poussée. Ce mode de traitement n'est compétitif que lorsque vraiment l'on de peut accéder à d'autres ressources en eau. C'est le cas sur le pourtour méditerranéen, dans les Pays du Golfe, en Australie par exemple. Chaque technologie est adaptée à une situation locale.

Mac : Comment réduire les coûts de la maintenance des réseaux de canalisation dans la distribution ?

Ces coûts ne sont pas appelés à baisser, d'une part parce que les réseaux vieillissent, et d'autre part parce qu'à l'heure de la préservation de la ressource, il faut limiter les fuites de ces réseaux. Nous développons en revanche des technologies qui permettent de détecter ces fuites de plus en plus rapidement. Nous installons par exemple des systèmes d'écoute dans les réseaux, qui détectent les bruits induits par les fuites et nous permettent d'agir en temps réel.

bb : Allez-vous baisser le prix de l'eau en Ile de France ?

Nous sommes convaincus que notre offre est compétitive, et qu'elle permettra de réaliser des économies. Mais nous sommes en plein appel d'offres, et pour cette raison vous comprendrez que je ne peux pas donner plus de détails!

Gens : Comment réduire la teneur en produits désinfectants chlorés, nécessitent une infrastructure industrielle onéreuse, et qui s'avère corrosif et désagréable au goût pour beaucoup de gens (même si certains peuvent penser le contraire) ?

La teneur en chlore est imposée par la réglementation afin de garantir une marge de sécurité sanitaire. Pour en éliminer l'odeur, il faut placer l'eau dans une carafe, car le chlore s'évapore rapidement. Nous développons des efforts pour améliorer le goût de l'eau, et avons mis en place à travers toute la France des clubs de goûteurs d'eau, qui, comme des oenologues, détectent les variations du goût de l'eau et nous en informent, pour que nous corrigions.

marie : les objectifs du millénaire impliquent une diminution de moitié des personnes sans accès à l'eau potable pour 2015. Comment contribuez-vous à cet objectif ? Vous avez visiblement sacrifié l'Afrique (hors Maroc qui a déjà atteint cet objectif) et les pays émergents sur l'autel de la rentabilité. Pourquoi se désintéresser du continent africain alors que les enjeux sont considérables ? C’est cela la responsabilité sociale de l'entreprise selon moi.

L'accès de tous à l'eau potable et à l'assainissement est une priorité! Je rappelle que nous intervenons à la demannde des autorités locales. c'est ainsi par exemple que nous assurons le servvice de l'eau à Alger depuis plusieurs années. Aujourd'hui les habitants de cette ville disposent d'eau potable 24 heures sur 24, contre un jour sur 4 il y a 4 ans. Nous apportons nos savoir faire et formons des personnels locaux. Nous espérons le faire encore dans de nombreux pays, la seule condition étant la mise en place d'un cadre réglementaire adapté. Lorsque ce n'est pas le cas, nous développons néanmoins des interventions d'assistance humanitaire, à travers une ONG, Aquassistance, constituée de collaborateurs du Groupe, qui agissent à titre bénévole.

caro :  L'eau peut être directement gérée par la collectivité ou être confiée à une entreprise. Quel est l'intérêt de confier sa gestion à une entreprise privée ?

Nous gérons, à travers le monde, des milliers de services d'eau potable, toujours à la demande des autorités locales. Notre force, c'est cette expérience, les outils que nous avons développés, les technologies que nous pouvons mutualiser sur l'ensemble de ces contrats. c'est aussi notre capacité à innover, à investir dans de la recherche, et du coup à anticiper les nouveaux enjeux , notamment les enjeux liés au développement durable et à la protection de la ressource.

Merci Isabelle Kocher. Le mot de la fin ?

Pour la suite des débats, je vous donne rendez-vous sur www.ideesneuvessurleau.net. Merci à tous les internautes pour leurs questions, et à très bientôt.

latribune.fr

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