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Bonjour et bienvenue sur le "tchat". Aujourd'hui, nous avons le plaisir d'accueillir Michel Delebarre, député-maire de Dunkerque et grand organisateur de la 6ème édition de la Conférence européenne des villes durables, qui a accordé une grande interview à la Tribune ce lundi (sa version intégrale est disponible sur latribune.fr) va répondre à toutes vos questions.
- Bienvenue aux internautes du site de La Tribune. Je suis heureux de me trouver en contact avec eux. Je remercie La Tribune d'être de fait partenaire de ce grand rendez-vous qu'est la 6ème édition de la Conférence européenne des villes durables, qui se tient pour la première fois dans une ville française..
Fatima - pensez vous que cette rencontre aboutira a quelque chose ? Votre intuition vous dit quoi : y a-t-il toujours de l'espoir de voir ce projet se réaliser ? Quand sera-t-il actif ?
- Ce qui est sûr, c'est que le combat pour le développement durable est toujours un combat de longue haleine. Les rencontres internationales comme celle qui a eu lieu à Copenhague, auparavant celle de Kyoto et l'année prochaine celle de Mexico, sont des rencontres qui ponctuent la réflexion et, je l'espère, la détermination internationale. Ce que nous espérons, ce que nous voulons, c'est inscrire la dimension et le rôle des collectivités territoriales des villes dans cette démarche de prise en considération européenne et internationale du développpement durable. Je dirais que chaque étape renforce notre crédibilité et notre conviction en tant que collectivité territoriale et ville.
- skippernauta : Un contexte de risque industriel, identique à celui survenu à Toulouse, avec l'explosion AZF, existe à proximité de Dunkerque (Village de Mardyck). Des tergiversations quant aux décisions de sécurité à prendre pour mettre les habitants à l'abri, de ce qui s'est produit à Toulouse, durent depuis plus de trois ans. Quand allez vous prendre la décision qui s'impose ? Ou contribuez à la mettre en oeuvre.
- Vous devriez venir visiter Mardyck, qui est sur le territoire de la commune de Dunkerque, à une quinzaine de kilomètres du centre-ville. C'est un petit village de quelque 200 habitants, situé c'est vrai dans un site autour duquel se sont implantées depuis quarante ans des activités industrielles souvent concernées par la directive Seveso c'est-à-dire des industries à risque. Vous pourriez alors voir que nous ne sommes pas dans la même situation que l'usine AZF, les précautions sont prises. Par ailleurs, il n'y a plus aucune construction sur le site de ce village. Mais des gens y vivent. Vous pourrez les rencontrer et entendre de leur bouche ce qui fait pour eux l'intérêt de vivre là. Je ne crois pas que la solution soit le fruit de "déportations" de population. L'intelligence, l'indemnisation et la mise en oeuvre progressive seront au rendez-vous des prochaines années.
Jérome :- Les éoliennes massacrent nos paysages. et maintenant on va en mettre sur nos rivages... Cela va faire fuir les touristes qui assurent une bonne partie du PIB de la France. Il y a d'autres énergies renouvelables que l'éolien non ?
- Il y a d'autres énergies renouvelables. Mais il est absurde de croire que l'avenir est au tout éolien ou que l'avenir est au refus de l'éolien. Je n'ai jamais considéré que des centaines d'éoliennes valorisaient un paysage et j'ai montré dans l'interview ma préoccupation de l'éolien off-shore. Cela étant, savoir garder la mesure n'est pas refuser toute évolution.
Alain. - Je connais bien Dunkerque et je peux dire que les éoliennes ne défigurent pas la plage de Malo et ne dépare pas certains paysages industriels dunkerquois.
- Je remercie Alain pour sa contribution au paysage dunkerquois mais je lui fais remarquer que sur le site industriel dunkerquois, nous avons cinq éoliennes installées par Total et je partage totalement son point de vue. Sur la digue de Malo les Bains, nous avions une éolienne installée il y a des années par nos soins et inaugurée par Brice Lalonde qui était ministre à l'époque. C'était alors notre volonté de faire un signe clair en faveur de l'éolien. Mais je dois à la vérité de dire que cette éolienne a été démontée il y a quelques temps et j'incite Alain à revenir se promener sur notre plage qui, avec ou sans éolienne, est toujours aussi accueillante.
Sébastien - Vous dites dans votre interview à la tribune que vous êtes favorable à une fiscalité européenne. Pouvez-vous nous en dire plus ? Quelle type de taxe ? Qui la paierait ?
- Sébastien est bien ambitieux. Je regrette de devoir le décevoir. Sur certains sujets, sur certaines questions, j'ai dit que je n'étais pas hostile à réfléchir à une fiscalité européenne. Je suis aujourd'hui incapable de lui dire sur quelle cible elle se mettrait en place. Je rappelle simplement que lorsqu'en France a été évoquée la taxe carbone, plusieurs voix se sont élevés pour dire que ce type de taxe devrait faire l'objet d'une réflexion européenne.
Rebecca - Les pétroliers ont une lourde responsabilité dans la dégradation de notre environnement. Comment réagissez-vous à la colossale fuite de pétrole que BP ne parvient toujours pas à boucher ? Que feriez-vous si cela arrivait au large de Dunkerque ?
- Je ne connais pas de façon suffisamment précise le dossier du forage de BP dans le Golfe du Mexique. J'ai seulement lu que des actions des entreprises de forage auraient pu être lancées plus vite, une fois découverte la fuite. Cela veut bien dire que des forages off shore sans une application particulière du principe de précaution me paraissent contenir des risques importants. Dès lors, pour moi, le principe du pollueur-payeur s'applique dans sa totalité. Je dois dire à Rebecca que pour ce qui concerne le détroit entre la Grande-Bretagne et le littoral dunkerquois, il s'agit là du détroit le plus fréquenté du globe en matière de navigation maritime, je crois que nous sommes à l'équivalence de la mer de Chine. Le détroit ne dépasse pas 40 à 50 kilomètres de large. Il est dès lors hors de questions qu'un forage pétrolier soit implanté à cet endroit. Rebecca peut donc en toute quiétude venir s'installer à Dunkerque.
Anne-Marie T. - Copenhague a accouché d'une souris. comment des maires pourraient-ils faire avancer un dossier sur lequel les chefs d'Etat ne sont mêmes pas capables de se mettre d"accord ? Sans l'aide financière des Etats, les villes ne peuvent rien faire. Elles n'ont pas les moyens de financer des projets ambitieux.
- Anne-Marie, vous avez totalement raison. En matière de développement durable, je suis pour l'application d'un principe simple que l'on appelle la multi gouvernance. Nous n'arriverons à rien si au niveau international, je pense à l'Union européenne en ce qui nous concerne, au niveau national, au niveau régional, et au niveau local tous tirent dans le même sens. Je suis, comme le dit Anne-Marie, préoccupé par le fait que des collectivités territoriales aient des moyens financiers trop faibles. Mais je dois aussi lui faire remarquer que chaque jour, les maires et les responsables des collectivités territorailes prennent des décisions qui concernent le logement, les transports collectiifs, le tri des déchets l'étalement urbain et toutes ces décisions doivent s'inscrire dans des objectifs de développement durable. On reconnaît aujourd'hui que quelles que soient les positions des gouvernements, 60 à 70% des choix relatifs au développement durable sont pris par des collectivités territoriales.
Benoit - Quelles sont les réalisations que vous avez menées à Dunkerque et dans l'agglomération en matière de développement durable ?
- Je ne vous en citerais que quelques unes. J'invite Benoït à venir visiter le quartier que nous sommes en train de construire à deux pas du centre-ville et qui s'apppelle le quartier du "grand large". Il verra sortir de terre un quartier qui accueillera à terme plus de 4000 habitants et qui est directement construit sur l'ancien emplacement des chantiers navals de Dunkerque. Ils ont été fermés en 1987. Nous avons convertis le terrain, nous l'avons réapproprié - il contenait énormément de déchets, de gravats... - et nous construisons la ville de demain sur ce site. Reconstruire la ville sur elle-même, c'est faire preuve de développement durable. Il verra également comment nous mettons en place de plus en plus et depuis des années un réseau de chauffage urbain qui récupère une partie de la chaleur fatale de la sidérurgie, contribue au chauffage de l'équipement public et du logement à Dunkerque. S'il le souhaite, il pourra aussi utilisernos transports collectifs et circuler dans des bus alimentés au gaz naturel. Dans certains, nous appliquons même une expérience de bus circulant à l'hydrogène. Je pourrais lui citer aussi nos méthodes de ramassage et de traitement des déchets, tout ce nous faisons en matière de traitement de l'eau ou ce que nous avons mis en place pour aider à la qualification et à l'insertion des jeunes au chômage ou des demandeurs d'emploi parce que, dans le développement durable, on aurait tort de sous-estimer l'ensemble de la dimension sociale. Bref, si Benoit a un peu de temps, qu'il vienne passer quelques jours à Dunkerque.
Green - quelles sont les exemples de villes dans le monde qui vous paraissent particulièrement respecter les règles du développement durable ?
- Je ne suis pas expert, ni examinateur, je ne connais pas toutes les villes du monde. Copenhague, Stockholm, Malmö, Fribourg en Allemagne sont des villes qui font des efforts significatifs. Mais sincérement, sur certains aspects, Grenoble, Bordeaux, Rennes font aussi bouger les choses et vont dans le bon sens. Je pourrais en citer d'autres, notamment celles qui viendront à Dunkerque cette semaine. Quand j'ai signé il y a maintenant trois ans le pacte des maires entre le comité des régions de l'Union européenne que je présidais à l'époque et la Commission européenne, on avait 150 villes qui s'engageaient à lutter contre les gaz à effet de serre et à s'inscrire dans le développement durable. Trois ans après, on a plus d'un millier de villes soit plus de cent millions de personnes qui sont concernées et qui s'associent maintenant à cette démarche. Le nombre de villes qui font des efforts est tout à fait significatif.
Obama - Comment vous analysez l'échec de Copenhague ?
- Nous avons été beaucoup à être déçus par Copenhague et peut-être avions nous trop misé sur ce type de rassemblement. Je voudrais relativiser les choses. Sur le plan de la relation avec les Etats, il s'agit sans doute d'un échec relatif. Ils ont tout de même été une quarantaine d'Etats à soutenir la même déclaration finale et je sais que depuis, une centaine d'Etats ont précisé leurs objectifs en matière de gaz à effet de serre. Je dois aussi reconnaître qu'à l'occasion de Copenhague, des pays qui étaient assez peu pris en considération se sont imposés dans la discussion et dans les échanges. c'est de plus en plus vrai des pays émergents, et ça a été aussi évident en ce qui concerne le continent africain. Le groupe qu'on appelait je crois le groupe des 70 a effectivement participé aux échanges. Donc, si Copenhague, n'est pas allé aussi loin que certains le souhaitaient, parler d'un échec est à mon avis réducteur. Par ailleurs, pour la préoccupation qui est la mienne, à savoir l'importance des collectivités territoriales et des villes, je dois dire que Copenhague a contribué à faire reconnaître cette importance même si cela n'a pas encore été consacré dans un accord international majeur.
taxman - fallait il abandonner la taxe carbone ?
- Je ne crois pas qu'il fallait l'abandonner mais j'ai crû comprendre qu'elle n'était pas abandonnée. Je pense que certains pays ont montré la voie, comme la Suède par exemple, je pense que la France aurait pu témoigner d'un peu plus détermination, c'est ce que j'avais crû comprendre au début de la part du gouvernement. Cela étant je suis bien obligé de dire qu'il est difficile de vouloir construire l'Europe et de faire du chacun chez soi, je milite donc pour que l'Europe prenne en main cette préoccupation et pour que la France la pousse à agir ainsi.
- Climat - que pensez-vous de la polémique autour du réchauffement de la planète et du GIEC auquelle participe l'ancien ministre socialiste Claude Allègre ?
- J'en pense beaucoup de bien, pas toujours sur la forme mais sur le fond. Dans des questions qui touchent à des problèmes aussi fondamentaux, j'ai toujours du mal à penser que toute la vérité se trouve dans une expression que l'on aurait pas le droit de contester. je crois pas non plus que toutes les erreurs soient concentrées au même endroit. Mon principe de précaution à moi dans ce type de problématique, c'est que tous les débats soient acceptés. Considérons les comme utiles. Je dois reconnaître que si on pouvait, si l'on pouvait éviter la diatribe et les provocations, sans doute la confrontation serait-elle sereine. Mais qu'est ce que vous voulez, pour moi, la nature humaine fait partie inhérente du développement durable.
Michel Delebarre, le mot de la fin ?
- Je vous remercie de vos questions. C'est la preuve que ces débats sur le développement durable intéressent de plus en plus de personnes et je me félicite qu'un support comme la Tribune leur permette d'être partie prenantes sur ces questions aux enjeux économiques et sociaux importants.
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Gilles a écrit le 02/06/2010 à 21:40 :
Oui vous parlez de l'éolienne inaugurée par Brice Lalonde en 1990 à côté de Montpellier - Elle vient de s'effondrer dimanche 30 ou lundi 31 mai 2010. Une des éolienne Dunkerque, avait lancée ses pales à la mer et l'autre sur terre.
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Oui vous parlez de l'éolienne inaugurée par Brice Lalonde en 1990 à côté de Montpellier - Elle vient de s'effondrer dimanche 30 ou lundi 31 mai 2010. Une des éolienne Dunkerque, avait lancée ses pales à la mer et l'autre sur...
par Gilles le 02/06/2010 à 21:40
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