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Green Business / L'intégrale des chats Green Business

"Chat" du 19 mai avec Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'Ecologie

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Retrouvez toutes les réponses à vos questions lors du "chat" du 18 mai avec Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie

chantal jouanno

Bonsoir et bienvenue pour cette nouvelle série de « chats » Green Business de la Tribune.fr. Un acteur du développement durable nous rejoindra chaque semaine. Nous inaugurons cette série avec Chantal Jouanno, secrétaire d'Etat à l'écologie.

Bonjour, je suis très fière d'inaugurer ce premier "chat" ; merci de vos questions.

Alain Delsupexhe : La loi Grenelle 1 oblige l'Etat à élaborer pour chaque région française un plan permettant à l'échelon national d'atteindre l'objectif de 23% d'énergies renouvelables dans la production d'électricité en 2020. Quand ces plans et ces objectifs régionaux seront-ils disponibles et mis en application par les préfets ?

Ces plans seront élaborés par les préfets et les présidents de conseils régionaux qui doivent mesurer le potentiel de développement des énergies renouvelables dans leur région. Ils seront normalement disponibles au plus tard dans un an puisque nous avons donné des consignes pour commencer leur élaboration. Déjà certaines régions sont dotées de schémas régionaux, notamment éoliens.

Virigine de Nice : Quand vous avez été nommé, vous avez déclaré "Le Grenelle ne doit pas rester qu'un texte". Quatre mois plus tard, quel est votre regard ? Qu'est ce qui dans la vie des Français a concrètement changé depuis le Grenelle ?

Le Grenelle ce n'est pas qu'une loi, c'est le lancement du modèle de développement de demain. D'ailleurs notre objectif est bien 2020. Concrètement, les moyens ont été votés dans la loi de finances : 18 milliards d'euros d'engagement sur les trois prochaines années.
Et de nombreuses mesures commencent à porter leurs fruits : développement du solaire x 2.5 par rapport à l'année dernière, bonus-malus qui a favorisé l'achat de petits véhicules (50 % de la demande a changé), clause de sauvegarde sur les OGM, écoprêts pour la rénovation des logements, etc. Ce n'est que le début et de toute façon mon mandat est bien de transformer la société.
Cela ne se fera pas du jour au lendemain.

Damien : Bonsoir. Votre ministre de tutelle veut mettre en place des "centrales solaires", 1 dans chaque région, n'est pas une aberration de créer de grands projets mobilisant l'espace, généralement naturel comme la foret des Landes, au lieu de développer des solutions sur les bâtiments comme c'est le cas en Allemagne ?

Vous avez raison, il faut privilégier le solaire sur les toits. Nous avons un tarif de rachat avantageux pour le solaire sur les toits. Les centrales aux sols ne doivent pas se faire sur des terrains agricoles ou naturels mais sur des friches. D'ailleurs, ces appels d'offre ont pour objectif de lancer une filière industrielle, pas de couvrir la nature de panneaux solaires.

Escaravage : Que pensez-vous des projets d'exploitation d'un gisement de charbon dans la Nièvre ?

Nous avons arrêté l'exploitation du charbon en 2004. Il y a 3 demandes d'exploitation en France. Elles sont actuellement soumises à une évaluation environnementale indépendante. Dans tous les cas, elles ne pourraient pas se faire sans captage et stockage du carbone. Le charbon n'est pas l'énergie d'avenir en France.
Par contre, elle se développera à l'International, notamment en Chine à qui nous ne pouvons pas interdire le développement, et nous devons maîtriser la technique du captage stockage du carbone.

Didier Méritel : Le Développement Durable, GRENELLE de L'ENVIRONNEMENT s'adressent aux entreprises, collectivités. Etc. Mais les associations sont impliquées par leur rôle '' non intéressé'' à la protection de la planète, leur communication (large public), leur sensibilisation (elles peuvent avoir un discours bien reçu pour leur membres ( les particuliers, les jeunes,les retraités).

Vous avez absolument raison. Elles ont été moteurs dans le Grenelle, dans sa conception, dans les idées proposées. Les engagements du Grenelle ont été pris par les 5 collèges et pas uniquement l'Etat, c'est à dire les associations, les entreprises, les syndicats, les collectivités et plus généralement les élus.
D'ailleurs, nous avons voulu renforcer la reconnaissance des associations en posant le principe de la généralisation du dialogue à 5 et en proposant des critères de représentativité.

chris : L'écologie est un sujet très complexe, car s'il existe de tout temps, l'homme découvre encore comment s'y intégrer. Il est difficile de naviguer entre les extrémistes de tout bord sur le sujet. Pourtant tout Etat a un rôle important à jouer dans le domaine. Quelles sont les 2-3 valeurs fondamentales du Gouvernement français, orientant ses actions ?

Les principes posés par le Président de la République sont de placer la nouvelle économie verte en haut des priorités du Gouvernement. Il a rappelé encore aujourd'hui que la société de demain ne sera pas celle d'hier. C'est pourquoi le seul Ministre d'Etat est le ministre chargé de l'écologie, en tête du Gouvernement.
Les principes sont - 1 - l'inversion de la charge de la preuve : c'est aux projets non écologiques de prouver qu'il n'était pas possible de faire autrement ; 2 - l'évaluation environnementale de tous les projets ; 3 - la transparence, l'expertise contradictoire, etc. En d'autres termes l'écologie est l'alpha et l'oméga de la politique menée.

pierre : Malgré l'appel d'offre de Jean Louis Borloo pour instaurer une centrale solaire par région, la France est très en retard sur ses voisins européens (Espagne, Allemagne). Les efforts seront-ils renforcés pour atteindre les objectifs du paquet Climat-Energie ?

Oui, nous rattrapons notre retard sur le solaire à grande vitesse. L'installation de panneaux solaires a été multipliée par 2.5 en un an. Nous avons créé un "fonds chaleur" pour financer les projets de développement de la chaleur d'origine renouvelable (par exemple le bois) de presque 1 milliard d'euros sur 3 prochaines années.
Nous avons simplifié les procédures : il est interdit d'interdire l'installations de panneaux solaires par exemple. On a investi 1.2 Mds d'euros dans la recherche Grenelle dont 40 % pour les nouvelles technologies d'énergie. Vous avez raison, la France ne doit pas passer à côté de l'économie de demain.

Didier Méritel : Peu de bilan carbone sont réalisés par les entreprises, les collectivités locales et territoriales malgré la possibilité de subventionner une parité de ce diagnostic. Qu'elle est votre analyse ? Y aura t'il prochainement un dispositif plus incitatif ou coercitif pour les personnes morales de droit privés et publics ?

Vous avez raison y a eu plus de 600 formations au bilan carbone par l'ADEME depuis sa création. Nous avons prévu qu'un bilan carbone soit obligatoire pour toutes les grandes entreprises (500 salariés), les ministères s'engagent. Le bilan carbone sera certainement un instrument de mesure fondamental dans l'économie carbone de demain et nous sommes en avance sur ce sujet par rapport à d'autres pays.

theo : pourquoi le Medaat organise en ce moment des réunions pour imposer une réduction du tarif d'achat de l'énergie photovoltaïque ?La France a fait 100MW en 2008, l'Allemagne 1500 dans la même période !Le solaire est une des rares activité en relais de croissance pour le pays et un enjeux d'export. Regardez le plan Obama ! Ne cassez pas un marché émergent en changeant ces tarifs !

Il n'y a de projet pour baisser les tarifs de rachat du solaire. Les tarifs sont naturellement indexés sur l'inflation pour éviter les effets de rente. Mais, il n'y a aucune intention de casser cette dynamique. Les tarifs ont été annoncés en novembre. On a même créé un nouveau tarif pour les bâtiments professionnels. J'ajoute que les principaux freins étaient réglementaires.

Damien : Après des années de financements en matière de reconquête de la qualité des eaux, les pollutions sont toujours là et on en trouve même de nouvelles (hormones et médicaments passant les stations d'épuration). Quelles sont vos pistes de développement en matière de préservation et de reconquête de la ressource en eau ? Envisagez vous des mesures en vu de la réduction de l'utilisation des pesticides ?

Notre engagement est le bon état écologique des eaux en 2015. Les décisions prises : la mise aux normes des stations d'épuration d'ici 2011(1.5 Mds d'euros de prêts de la CDC), la protection de 500 points de captage, la réduction de 50 % de l'usage des produits phyto en 10 ans (le plan a été lancé par M Barnier), un programme de recherche sur les perturbateurs endocriniens, etc. Et tout est lancé.

karim : Etudiant en master "énergies renouvelables", je souhaite dans quelques années créer une entreprise dans la filière photovoltaïque (fabrication et exportations de panneaux solaires en direction des pays du Maghreb).Est-ce bien raisonnable de se lancer dans cette voie, sans appui ni financement? Merci de bien vouloir me répondre madame Chantal Jouanno.

C'est une excellente initiative. Nous avons besoin d'entrepreneurs. Le marché est en croissance de plus de 50 % chaque année. Ceci d'autant plus que dans le cadre de l'Union pour la Méditerranée nous avons un projet de plan solaire méditerranéen.

ludo : Il existe désormais des peintures photovoltaïques permettant de rendre n'importe quelle surface productrice d'énergie Le Grenelle est-il en veille sur ces nouvelles solutions ? Pourrait-on par exemple peindre les routes, les toits des administrations pour alléger la facture énergétique publique et également générer de l'emploi ?

Dans le cadre des 1.2 milliards d'euros supplémentaires pour la recherche, 40 % sont consacrés aux nouvelles technologies de l'énergie. La recherche porte sur la "couche mince" car les panneaux solaires sont encore lourds (donc ils nécessitent une toiture solide) et chers à la fabrication. La technique des "couches minces" n'est pas encore complètement au point, elle a un faible rendement.

athéna : L'agence pour l'environnement et la maîtrise de l'énergie(Ademe) recensait en 2007 un gisement de 220 000 emplois dans le secteur des énergies renouvelables:ce chiffre est-il toujours d'actualité ? Plus précisément de quels métiers parle-t-on ?

Le potentiel de création de 220 000 emplois concerne tous les secteurs liés au Grenelle : l'essentiel est dans l'efficacité énergétique, c'est à dire principalement l'isolation des bâtiments. S'agissant des énergies renouvelables, le potentiel de création d'emplois le plus important est dans la biomasse (par exemple l'utilisation du bois)
Aujourd'hui, les énergies renouvelables représentent 52 000 emplois. Avec le Grenelle, on double les emplois dans les énergies renouvelables d'ici 2012.

Arthur Delinde : On a créé autrefois les Sofica pour le financement du cinéma. Ne peut-on pas imaginer un dispositif similaire pour le financement de start-up dans le domaine « cleantech » ?

Il faut nettement structurer notre aide. On a mis en place un comité stratégique des eco-industries avec Luc Chatel. Deux dispositifs sont lancés : OSEO oriente ses aides sur les eco-industries et France investissement a décidé de consacrer 60 millions d'euros en 2009 pour aider les PME innovantes. Nous travaillons au renforcement des pôles de compétitivité consacrés aux eco-technologies.

louise kersalé : Vous avez encouragé les acteurs du Grenelle de la mer a être créatifs et inventifs. Alors que les premières conclusions seront remises à la fin du mois, qu'attendez-vous de ce Grenelle dont on parle trop peu ! Signé une bretonne de Quimperlé.

La mer est notre avenir : source d'énergies nouvelles, un immense défi pour arrêter l'épuisement des ressources halieutiques. Et la France a une responsabilité particulière puisque nous avons le deuxième domaine maritime mondial. Les travaux sont en cours. J'en attends surtout que l'on comprenne que la protection de la mer, des eco-systèmes, nous la voulons surtout pour les hommes et pas contre eux. C'est l'avenir de ces activités qui se joue. J'en attends que les scientifiques nous éclairent. Il y a d'immenses possibilités de création. On en parle peu mais les acteurs sont enthousiastes. Signé une Bretonne par alliance.

Nils Huebner : Bonjour Madame la Secrétaire d'Etat, en parlant de green "Business", quels seront selon vous les secteurs du green business qui connaîtront le plus fort essor dans les 4-7 ans et quels sont les meilleurs vecteurs pour les jeunes et moins jeunes pour s'engager professionnellement dans ce secteur? Merci. Cordialement.

Très simplement : à l'International, ce sont les secteurs de l'eau, des déchets et de l'air qui devraient connaître la plus forte croissance. En France et en Europe, les plus forts potentiels sont dans l'efficacité énergétique (isolation des bâtiments, nouveaux véhicules, nouveaux process industriels..), la biomasse, le recyclage et le réemploi des déchets et la dépollution.
Ensuite, les secteurs d'avenir sont l'éolien en mer et plus généralement les énergies marines, le captage stockage du carbone et naturellement le solaire. Je vous invite à regarder le rapport du Boston consulting group, passionnant.

Damien : Les ampoules à incandescence sont vouées à disparaître, si les ampoules à économies d'énergie permettent d'économiser l'électricité, qu'en est-il de leur fabrication, en Chine, peu écologique et de leur recyclage, elles contiennent plus de matériaux non recyclables (circuits imprimé...), n'a-t-on pas trop vite cédé à un lobby ? Qu'en est il aussi du recyclage des panneaux solaires ?

Les ampoules à basse consommation consomment 5 à 6 fois moins d'énergie et durent 8 à 10 fois plus longtemps. C'est donc dans l'intérêt des personnes de faire des économies. Il y a des producteurs en Europe. Les distributeurs et les producteurs ont l'obligation des les récupérer et de les recycler (normalement vous devez trouver des bacs dans les magasins.)
Quant aux panneaux solaires nous avons également posé le principe de leur récupération et de leur recyclage par les producteurs. Quels que soient les matériaux, le principe de leur recyclage est fondamental pour éviter les pollutions et parce que nous gâchons trop de ressources. L'avenir sera nécessairement économe en ressources. C'est la marque du progrès.

Merci Chantal Jouanno, le mot de la fin ?

Merci de vos questions. Je constate que vous êtes passionnés et enthousiastes. Cela fait plaisir car notre avenir est nécessairement écologique. Bonne soirée.
 

latribune.fr

Vos réactions

  • amine a écrit le 26/05/2009 à 14:26 :

    • merci pour les info

  • HIDA a écrit le 20/05/2009 à 13:24 :

    • Dans le but d'être nécessairement écologique. Pourquoi la TVA pour un projet photovoltaique sur du neuf est à 19.6% ? Les particuliers sont contrain à attendre 2 ans pour réaliser le projet photovoltaique afin d'obtenir une TVA à 5,5%. en attente de changement Cordialement, un professionnel du photovoltaique.

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