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Jean-Louis Borloo, ministre du développement durable Green Business / Sommet de Copenhague
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Source : La Tribune.fr - 27/11/2009 | 10:55 - 573 mots

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A Copenhague, "on peut parvenir à un accord politique précis et qui engage"

A quelques jours du sommet de Copenhague, le ministre du développement durable expose à La Tribune ses attentes.

Jean-Louis Borloo, ministre de l'Ecologie

- Pékin limite la croissance de ses émissions de CO2 mais n'envisage pas de les réduire en valeur absolue. Cela ne va pas rassurer le Congrès américain...

- C'est la première fois que nos amis chinois livrent un chiffrage sur leurs engagements [pour contenir leurs émissions de CO2, Ndlr]. Il faut comprendre que la logique de la Chine est la baisse de son intensité carbone. Je n'ai pas de doute que le gouvernement chinois veut aller vers un modèle de développement plus sobre en carbone. Leur 11ème plan qui va bientôt s'achever montre qu'ils se sont engagés dans cette voie et le 12ème plan le montrera plus encore. L'essentiel, c'est que tous les pays se disent : on s'y met tous.

- Que pensez-vous des objectifs américains de baisse des émissions ?

- Il ne faut pas surestimer les chiffres que vient d'avancer la Maison-Blanche. Ils se situent en dessous de ce qui a été prévu à la conférence de Bali sur le climat et sont inférieurs aux recommandations des scientifiques, c'est-à-dire une baisse des émissions des pays industrialisés de - 25% à - 40%. Mais le président Obama a aussi évoqué l'horizon 2030. Les Etats-Unis ont besoin d'une flexibilité pour rattraper leur retard. Est-ce qu'elle doit prendre la forme d'un chiffre adapté ou d'un supplément de temps ? Cela mis à part, le président américain a annoncé qu'il viendra le 9 décembre dans la capitale danoise. La date est bizarre. Les autres chefs d'État ou de gouvernement seront là les 17 et 18 décembre. Parmi eux, Nicolas Sarkozy, le président Lula et le Premier ministre chinois qui me l'a confirmé.

- Etes-vous optimiste pour la conférence de Copenhague ?

- Aujourd'hui, la confiance est revenue. Copenhague peut et doit réussir. On peut parvenir à un accord politique précis, qui engage, qui contient des chiffres pays par pays. Quatre points majeurs devront y figurer : les pays qui étaient dans le protocole de Kyoto y restent et prennent de nouveaux engagements ; une flexibilité est accordée aux Etats-Unis pour rattraper leur retard ; les pays émergents infléchissent la courbe de leurs émissions par rapport à celle de leur croissance ; enfin, des aides financières sont accordées aux pays les plus vulnérables pour leur adaptation. En ce qui concerne les modalités pratiques de suivi des engagements de chaque pays, il nous faudra sans doute un peu plus de temps.

- Un accord politique, pas un traité contraignant ?

- Parler d'un traité, c'est une fausse bonne idée. Avec Kyoto, on le voit bien. Si un pays comme la France respecte ses engagements, un certain nombre d'autres ne les respectent pas. Ce qui compte, c'est que chacun mesure l'importance d'aller vers une société plus sobre en carbone et prenne des engagements clairs. La France, comme l'Europe, peut réaliser - 30% ou - 35% d'ici à 2020 par rapport à 1990.

- Comment votre plan Justice Climat peut-il trouver sa place à Copenhague ?

- Pour aider les pays les plus vulnérables à s'adapter au réchauffement, à avoir accès à l'énergie, à développer les énergies renouvelables et à lutter contre la déforestation, il faut garantir une partie de l'aide financière qui leur sera destinée. Il doit y avoir entre 30 et 32 milliards de dollars par an qui peuvent provenir par exemple d'un prélèvement de 0,01% sur les transactions financières. On ne peut pas seulement compter sur le marché carbone ou l'argent privé. Ce n'est pas simplement moral, c'est de l'intérêt de tout le monde.

Propos recueillis par Laurent Chemineau

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